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À MON AVIS

Un comité consultatif de la relève en recherche pourrait aiguiller le futur conseiller scientifique en chef du Canada

Inspiré du modèle québécois actuellement en place, un tel comité serait un lien essentiel entre le futur conseiller scientifique en chef et les étudiants-chercheurs.

par JEAN-CHRISTOPHE BÉLISLE-PIPON ET AL | 20 MAR 17

L’annonce de la création du poste de conseiller scientifique en chef (CSC) du Canada par la ministre des Sciences Kirsty Duncan a été bien accueillie par la communauté scientifique. Ramener à l’avant-plan la science dans la sphère publique : voilà un objectif à souligner, tout comme celui de reconnaître et de valoriser l’apport des communautés de recherche au sein de la société canadienne. Le futur conseiller scientifique en chef aura notamment comme mandat d’assurer une diffusion plus efficace des données et des résultats de recherche du gouvernement fédéral vers la population, en plus de promouvoir la prise en compte des connaissances scientifiques dans l’élaboration des politiques publiques et en matière de décision politique.

Cependant, dans l’ensemble des informations entourant cette nomination, aucune indication n’est donnée sur la manière dont le prochain CSC sera invité à prendre en considération la contribution et les besoins de la relève en recherche dans l’exercice de son mandat. Les étudiants-chercheurs sont très étroitement associés à une part appréciable de la production scientifique canadienne. De plus, par la qualité et l’importance de son implication dans les rouages de la recherche et de l’innovation, la relève participe étroitement à faire en sorte que le Canada bénéficie d’un statut de leader mondial. Il serait judicieux et pertinent d’associer la relève au nouveau poste de conseiller scientifique en chef. L’expérience québécoise est probante à cet effet!

L’exemple du Comité intersectoriel étudiant (CIÉ) des Fonds de recherche du Québec (FRQ), dont nous sommes membres, pourrait servir d’inspiration pour formaliser la place de la relève au sein de la gouvernance des instances de recherche canadiennes. Composé d’étudiants issus de divers secteurs, disciplines et institutions, le CIÉ relève directement du scientifique en chef du Québec (SCQ), Rémi Quirion. Le CIÉ est né en 2014 de sa volonté d’être directement conseillé par des membres de la relève, premiers experts de leurs besoins. Ce rôle-conseil permet au scientifique en chef d’être appuyé dans élaboration de stratégies pour promouvoir l’accessibilité aux études supérieures, dans la mise en place de moyens pour favoriser l’excellence de la relève et pour contribuer au rayonnement de la recherche.

De par notre expérience et l’oreille attentive dont nous bénéficions, nous avons l’intime conviction que la contribution active des étudiants-chercheurs peut favoriser l’essor de la recherche scientifique et sa démocratisation, et ce, au profit de la société canadienne tout entière. L’intégration des considérations et des points de vue de la relève permet au scientifique en chef et aux trois conseils d’administration qu’il dirige de prendre des décisions qui reflètent les besoins et les valeurs de la prochaine génération de scientifiques, en plus de favoriser le développement de l’expérience des jeunes quant aux mécanismes décisionnels et à la gouvernance des institutions.

Depuis sa création, le CIÉ a produit huit avis à l’intention du SCQ, de ministres provinciaux ou dans le cadre de consultations publiques. De plus, ses membres organisent annuellement une consultation regroupant des dizaines d’étudiants-chercheurs dont les opinions et les propositions permettent de nourrir leurs travaux et de guider leur rôle de conseillers. De cette façon, le CIÉ contribue activement à la gouvernance des FRQ, et c’est en grande partie grâce à sa proximité avec le SCQ qu’il œuvre à faire une différence pour la communauté québécoise d’étudiants-chercheurs.

Nous sommes convaincus que la mise en place d’un Comité consultatif de la relève au niveau fédéral faciliterait les interactions avec les communautés d’étudiants-chercheurs canadiens et assurerait le rayonnement et la diffusion des données probantes qu’elles génèrent. Par ailleurs, l’implication dans les instances décisionnelles tient également lieu de formation à la saine gouvernance. Cet élément n’est pas à négliger, sachant qu’une fois leurs études terminées, bon nombre de diplômés œuvreront au sein de centres ou groupe de recherche, de structures décisionnelles d’universités, d’organismes publics ou parapublics et d’entreprises.

À l’heure où le gouvernement canadien se prépare à accueillir un nouveau conseiller scientifique en chef, nous souhaitons que ses travaux puissent bénéficier de la participation active et formalisée des étudiants-chercheurs. La réflexion entourant le rôle du CSC et son intégration au sein de la structure scientifique canadienne est une occasion unique d’assurer la représentation de l’ensemble des chercheurs canadiens. Dans ce contexte, accorder une place de choix à la relève nous apparaît conséquent et même essentiel.

Le texte ci-dessus a été coécrit par Jean-Christophe Bélisle-Pipon, candidat au doctorat en bioéthique à l’Université de Montréal, Dorothée Charest Belzile, candidate au doctorat en psychologie à l’Université Laval, Marie-Pierre Cossette, candidate au doctorat en neurosciences à l’Université Concordia, Olivier Lemieux, candidat au doctorat en administration et politiques de l’éducation à l’Université Laval, Simon Massé, candidat au doctorat en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Rimouski, et Madison Rilling, candidate au doctorat en physique à l’Université Laval. Tous sont membres du Comité intersectoriel étudiant des Fonds de recherche du Québec.

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