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EN MARGE

Engouement massif pour les MOOC

Ils font fureur, mais veut-on aller trop vite?

par LÉO CHARBONNEAU | 20 juillet 2012

Qu’est-ce qu’un MOOC? Cet acronyme qui n’a apparemment pas encore été traduit signifie massive open online course, ou cours massif en ligne. Les MOOC font décidément fureur dans le milieu universitaire, en particulier aux États-Unis. Il ne se passe pratiquement pas une journée sans que je tombe sur un article ou une lettre d’opinion vantant le côté révolutionnaire de cette nouvelle tendance. Dans un article publié cette semaine dans le New York Times pour annoncer qu’une douzaine de grandes universités axées sur la recherche se joignait à Coursera, un nouveau site de MOOC, la nouvelle est décrite comme « allant changer les règles du jeu », comme un « tsunami » et un « changement radical dans l’apprentissage en ligne qui aura pour effet de refaçonner l’enseignement supérieur ». Ouf!

Malgré mon scepticisme à la lecture de telles déclarations, je dois admettre que le domaine évolue rapidement.

L’annonce du New York Times a un volet canadien : l’Université de Toronto figure parmi les 12 établissements qui se joignent à Coursera. Selon le communiqué de presse qu’elle a publié, l’Université offrira initialement par l’intermédiaire de Coursera cinq cours en libre accès ne menant pas à l’obtention de crédits sur des sujets comme les réseaux neuronaux, la santé mentale et l’éducation des Autochtones. Les cours dureront de quatre à six semaines.

Mise en contexte : Coursera a été créé par deux professeurs de l’Université Stanford. Plus tôt cette année, le site a conclu des partenariats avec quatre grandes universités américaines et signé des ententes avec 12 autres, dont l’Université de Toronto. L’entreprise cherche à s’associer « aux meilleures universités au monde afin d’offrir à tous des cours gratuits en ligne. Nous envisageons un futur où les plus grandes universités ne formeront pas seulement des milliers, mais des millions d’étudiants. » Selon l’Université de Toronto, Coursera a jusqu’à maintenant permis à 680 000 étudiants de 190 pays de suivre 43 cours universitaires.

Il existe deux autres grands projets similaires à Coursera, soit edX, une entreprise conjointe de l’Université Harvard et du Institut de technologie du Massachusetts, et Udacity, une initiative de Sebastian Thrun de l’Université Stanford.

Selon un article paru dans le Globe and Mail, les universités sont à la fois motivées « par l’amélioration de leur image de marque, par leurs visées internationales et par un bon sens des affaires ».

Les universités semblent à tout le moins motivées par des considérations marketing. Maxim Jean-Louis, président du réseau d’éducation à distance Contact North, est cité dans l’article du Globe. Selon lui, les universités canadiennes commencent à envisager les MOOC comme un moyen « d’accroître considérablement leur visibilité ».

En regardant la carte des partenaires de Coursera, il est facile de comprendre l’avantage pour l’Université de Toronto d’être associée à un groupe aussi impressionnant d’universités.

Par contre, il n’est pas aussi facile de prédire comment les MOOC pourront être rentables. Rien n’indique non plus si les autres établissements d’enseignement supérieur ou les employeurs reconnaîtront d’éventuels crédits obtenus dans le cadre d’un MOOC. Par ailleurs, les taux de réussite de la plupart des MOOC sont, semble-t-il, loin d’être impressionnants. Même M. Thrun, qui a véritablement lancé la tendance en récoltant 160 000 inscriptions à son cours d’introduction à l’intelligence artificielle offert gratuitement en ligne l’an dernier, rappelle que, même s’ils sont prometteurs, les MOOC demeurent au stade de l’expérimentation. « Je crois que nous précipitons un peu les choses, a-t-il affirmé dans l’article du New York Times. Je n’ai pas encore lu une seule étude montrant que l’apprentissage en ligne équivaut aux autres formes d’apprentissage. »

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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