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Québec devient un laboratoire vivant pour l’orme d’Amérique

Professeurs et étudiants de l’Université Laval tentent de prévenir l’extinction de ces arbres d’ombrage si appréciés dans la ville.

par MARK CARDWELL | 12 JUILLET 10

Les professeurs en foresterie de l’Université Laval n’ont pas besoin d’aller bien loin pour faire avec leurs étudiants une étude de cas de pathologie forestière et leur montrer comment une gestion rigoureuse peut aider à sauver une espèce en danger. « Il nous suffit de mettre le nez dehors », dit Louis Bernier, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval et spécialiste de la génétique des champignons destructeurs.

En effet, le campus de Laval abrite une grande population d’ormes d’Amérique. Ainsi, avec la Ville de Québec qui l’entoure, le campus est un des derniers bastions de l’espèce urbaine d’arbres indigènes autrefois considérée comme la plus prestigieuse en Amérique du Nord.

Plantés dans les années 1950, juste avant que la deuxième vague mortelle de la maladie hollandaise de l’orme ravage environ 90 pour cent de ces arbres sur le continent, les ormes de Laval font aujourd’hui partie d’un programme municipal de protection conçu, avec l’aide des professeurs et des étudiants du Département, pour les garder bien en vie pour les générations futures.

Mis sur pied au début des années 1980, le programme prévoyait d’abord débarrasser la ville des ormes infectés qui se trouvaient dans les aires publiques, y compris les rues et les parcs, dont les Plaines d’Abraham. Causée par un champignon qui se propage d’un arbre à l’autre par l’entremise des scarabées, comme le font les abeilles avec le pollen, la maladie hollandaise de l’orme affecte la capacité de l’arbre qui en est atteint de distribuer l’eau, ce qui a pour conséquence de faire sécher les feuilles et les branches et, finalement, de faire mourir l’arbre.

Il y a cinq ans, le professeur en foresterie Guy Bussières de l’Université Laval a proposé un système efficace de prévention : l’usage de trappes pour capturer les deux insectes qui transmettent le champignon. « Il s’agissait de connaître combien ils sont nombreux dans la région, explique M. Bussières, l’expert en résidence. Malheureusement, les résultats ont montré qu’une des espèces se portait plutôt bien. »

Pendant les mois d’été, huit étudiants parcourent les rues de la ville et inspectent environ 20 000 ormes situés dans des aires publiques et privées. M. Bussières a mis au point un traitement préventif qu’il espère mettre à l’essai sur certains ormes cet été. « Comme nous ne pouvons habituellement pas sauver les arbres infectés, poursuit-t-il, la prévention demeure notre meilleure arme pour l’instant, et nous bénéficions de l’aide des étudiants en foresterie. »

M. Bernier est d’accord. En plus d’aider l’Université et la Ville à protéger leur population d’ormes, les étudiants tirent de précieuses leçons sur l’importance de la gestion des arbres en milieu urbain. « Nous sommes chanceux d’avoir encore des ormes », s’exclame M. Bernier, qui attribue leur présence au fait que Québec est une ville boréale et qu’elle a instauré un programme de protection.

COMMENTAIRES
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  1. St-Jean / 30 May 2014 at 20:14

    J’ai plusieurs jeune orme qui pouce chez moi et aimerais savoir ce que je peut faire pour les aider