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En Marge

Que vaut un recteur?

Un recteur vaut ce qu’une université est prête à lui verser, dans les limites du raisonnable.

par LÉO CHARBONNEAU | 12 NOV 09

Le 6 novembre dernier, le Journal de Montréal a publié un article dans lequel il relate que la principale de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, gagne trois fois plus que le premier ministre du Québec, Jean Charest (587 000 $ pour Mme Munroe-Blum, comparativement à 175 000 $ pour M. Charest. L’article se trouve ici.).

Ces chiffres peuvent toutefois être trompeurs. Dans le cas de Mme Munroe-Blum, le montant comprend le salaire de base de 358 000 $ plus 229 000 $ en avantages, alors que dans le cas de M. Charest, le montant de 175 000 $ représente uniquement son salaire de base. Je suppose qu’il reçoit aussi des avantages; je serais même prêt à parier qu’ils sont plus élevés que ceux que reçoit Mme Munroe-Blum.

Je ne veux pas m’aventurer ici à évaluer lequel des deux vaut le plus cher. Je veux simplement souligner que, dans un marché concurrentiel où on recrute les gens les plus compétents, il serait juste de dire que la valeur de Mme Munroe-Blum équivaut à ce que l’établissement est prêt à lui verser. Autrement dit, elle dispose du salaire et des avantages que l’établissement qu’elle dirige croit qu’elle mérite en fonction de son expérience, de ses connaissance et de son talent.

Bien sûr, il faut tenir compte du fait qu’elle travaille pour un établissement financé par le secteur public, car les contribuables paient une partie de son salaire. Et comme les universités (et les étudiants) éprouvent des difficultés financières, je conviens qu’il peut être problématique de concevoir un salaire si élevé.

Il faut dire que le poste de recteur d’une université de grande taille est très exigeant. Par conséquent, je ne reproche pas aux chefs d’établissement leurs salaires élevés. Comparés à ceux des dirigeants d’entreprises de taille semblable, ces salaires me paraissent somme toute assez raisonnables. (Les revenus de fonctionnement de McGill se chiffraient à 600 millions de dollars en 2008-2009.)

Reste à savoir si les avantages que reçoit un recteur (comme une résidence, une auto) sont excessifs. Je ne le sais pas. Je laisserai donc à d’autres le soin d’en juger.

Voici les salaires de base des recteurs d’autres grandes universités québécoises, toujours selon le Journal de Montréal :

  • Judith Woodsworth, Université Concordia, 350 000 $
  • Luc Vinet, Université de Montréal, 339 000 $
  • Bruno-Marie Béchard (recteur sortant), Université de Sherbrooke, 278 327 $
  • Denis Brière, Université Laval, 270 000 $
  • Claude Corbo, Université du Québec à Montréal, 176 871 $
À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
Léo Charbonneau is the editor of University Affairs.
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