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ACTUALITÉS

Discuter du consentement autour d’un thé à l’Université Thompson Rivers

Le Thé du consentement apporte une touche Downton Abbey à l’éducation sur la santé sexuelle.

par NATALIE SAMSON | 02 NOV 16

Le Centre du bien-être de l’Université Thompson Rivers organise un thé, mais ne vous attendez pas au style petits biscuits et nuage de lait de votre grand-mère. Avis aux non-initiés : la discussion tournera autour du sexe.

La coordonnatrice du bien-être à l’Université Thompson Rivers, Chelsea Corsi, a eu l’idée d’organiser ce thé après avoir visionné une vidéo virale intitulée Tea and Consent. Cette animation de trois minutes a pour objectif de clarifier la notion de consentement sexuel en la comparant à l’acceptation ou non d’une tasse de thé : « Si vous dites à une personne “Aimerais-tu une tasse de thé?” et qu’elle vous répond “Je ne sais pas trop…”, alors vous pouvez lui préparer cette tasse, mais en sachant qu’elle pourrait ne pas la boire. Si elle ne la boit pas (c’est le point important), vous ne devez pas la forcer à la boire. »

Des étudisants boivent du thé a l'évenement l'année dernière.
Des étudisants boivent du thé a l’évenement l’année dernière.

La vidéo, qui met en scène des bonshommes-allumettes, comporte divers conseils comme : « Si la personne est inconsciente, ne lui faites pas de thé. Une personne inconsciente ne veut pas de thé. » Cette vidéo a commencé à circuler sur les réseaux sociaux en 2015. Elle a récemment été traduite en français par Hugo Cyr, doyen de la faculté de sciences politiques et de droit à l’Université du Québec à Montréal. La narration de la version française est assurée par Bernard Derome, président de l’Institut d’études internationales de Montréal à l’UQAM.

« J’essaie d’exploiter la culture pop dans ce que je fais, explique Mme Corsi. Les études montrent que ça aide à capter l’attention, surtout des jeunes adultes. » C’est dans cette optique que Mme Corsi s’est inspirée à la fois de cette vidéo et de la série Downton Abbey pour concevoir son « Consent Tea », autrement dit son Thé du consentement, très chic, avec nappes et serviettes de table, tasses en porcelaine, petites bouchées et jeu de questions et réponses sur le consentement sexuel.

« Je voulais amener les gens à parler du consentement parce que souvent, ils n’osent pas aborder le sujet, ne savent pas quoi demander. Je voulais leur proposer une activité d’apprentissage par l’expérience, quelque chose qu’ils aient à faire eux-mêmes. »

L’an dernier, environ 90 personnes se sont réunies pour prendre le thé et discuter sur Student Street, un lieu très fréquenté situé au cœur du campus de l’Université Thompson Rivers. (Une trentaine d’autres personnes sont passées prendre un thé à emporter, pour discuter en chemin, ajoute Mme Corsi.)

« C’était formidable de voir tous ces étudiants et membres du personnel issus d’horizons divers parler ensemble du consentement, raconte Mme Corsi. Ce type d’exercice a un effet domino : amenés à discuter d’une chose, les gens en parlent ensuite avec leurs amis, qui eux-mêmes en discutent avec les leurs. C’est comme ça que les choses changent. C’est comme ça que les gens en viennent à voir les choses différemment. »

Cette année, le Thé du consentement aura lieu le 15 novembre, de manière à coïncider avec la Semaine de la santé sexuelle à l’Université Thompson Rivers.

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