Passer au contenu principal
Actualités

L’art de gérer sa carrière artistique

L’objectif d’un artiste est de créer, et non de gérer.

par JEAN-FRANÇOIS VENNE | 11 JUIN 14

La plupart des artistes sont travailleurs autonomes, et certains seront appelés un jour à diriger des troupes de danse ou de théâtre, qui sont de véritables PME. Pourtant, rares sont ceux qui possèdent les connaissances nécessaires pour réussir. Souhaitant remédier à cette situation, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) propose donc un nouveau diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion de la carrière artistique.

Fruit d’une collaboration entre la Faculté des arts et l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, le nouveau programme pourra être suivi à temps partiel, et offrira des cours le soir et la fin de semaine. Il s’adressera aux titulaires de baccalauréats, mais les artistes qui n’en possèdent pas pourront faire reconnaître leurs acquis et accéder aux cours. Ce programme est une première au Québec, explique son directeur, Gilles Lapointe. « Il existe des programmes de gestion des arts, visant à former des gestionnaires qui travailleront, par exemple, dans des musées ou d’autres institutions ou entreprises culturelles, dit-il. Notre formation vise plutôt à aider les artistes à gérer leur carrière et leurs propres projets artistiques. »

Professeur d’histoire de l’art, M. Lapointe admet sans peine que les artistes ne sont pas toujours à l’aise avec l’aspect financier de leur carrière. « Les artistes doivent apprendre à démystifier le rapport entre l’art et l’argent. Dans la perspective de l’artiste, la réussite est rarement liée à l’argent, et c’est bien compréhensible. Toutefois, sans argent, l’artiste peut difficilement vivre de son art, ce qui peut finir par étouffer sa créativité. »

Le programme vient combler le fossé entre les grandes aptitudes créatrices des artistes et leurs faibles connaissances de la gestion ou des affaires. Ces connaissances supplémentaires pourront leur être utiles de plusieurs façons. « On l’oublie trop souvent, mais le travail d’un artiste consiste aussi à présenter des demandes de financement, à trouver des mécènes, à rédiger des plans d’affaires, à gérer ses droits d’auteur, à se mettre en marché, à organiser des tournées, etc., rappelle M. Lapointe. On devient soi-même une vraie petite PME. »

Si le programme peut être d’une grande utilité pour les artistes déjà établis, il sera particulièrement pertinent pour ceux qui terminent le baccalauréat et amorcent leur carrière professionnelle. Pour ceux-ci, la transition entre les études et la pratique est parfois très rude. Le DESS leur permettra d’amorcer leur carrière en douceur, tout en gardant un lien avec les ressources de l’université.

COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
Affaires universitaires modère tous les commentaires reçus en fonction des lignes directrices. Les commentaires approuvés sont généralement affichés un jour ouvrable après leur réception. Certains commentaires particulièrement intéressants pourraient aussi être publiés dans la version papier du magazine ou ailleurs.

Your email address will not be published.