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Mémoires prébudgétaires : l’accent sur l’apprentissage intégré au travail et le financement de la recherche

Les organisations universitaires souhaitent également une aide additionnelle pour les étudiants autochtones, ainsi qu’un financement accru de la mobilité étudiante vers l’étranger.

par LÉO CHARBONNEAU | 10 OCT 18

Comme chaque année, des centaines d’établissements et d’organisations ont préparé à l’intention du Comité permanent des finances des mémoires précisant leurs attentes à l’égard du prochain budget fédéral. Le 3 août, date butoir, 480 mémoires avaient été soumis.

Nombre de ces organisations ont été invitées à venir présenter leur mémoire dans le cadre d’audiences, étalées du 18 septembre au 18 octobre. Après s’être tenues au Canada atlantique, au Québec et en Ontario au cours des deux premières semaines, ces audiences se déplacent maintenant dans l’Ouest canadien.

Le secteur universitaire est bien représenté, notamment grâce aux mémoires d’Universités Canada, du regroupement d’universités axées sur la recherche U15, ainsi que de 17 universités. Les mémoires prébudgétaires comportent habituellement de trois à cinq revendications. Plusieurs grands thèmes se dégagent de ceux de cette année.

Pour nombre d’organisations représentant le secteur postsecondaire, l’une des priorités consiste à accroître les investissements au profit de l’apprentissage intégré au travail (AIT). Lors de son intervention devant le Comité permanent des finances, le 26 septembre, Universités Canada a plaidé pour que l’on étende les programmes d’AIT financés par le gouvernement fédéral à l’ensemble des secteurs et des disciplines, en accordant une attention particulière aux groupes sous-représentés. L’association a également demandé d’accroître le financement des stages en milieu de travail pour appuyer les employeurs, en particulier les PME, qui offrent des stages pertinents, ainsi que les entreprises qui souhaitent commencer à le faire.

Ces revendications ont également été formulées par la Table ronde du milieu des affaires et de l’enseignement supérieur. Cette organisation nationale, qui travaille à renforcer la collaboration entre les employeurs et les établissements d’enseignement, souhaite que l’on permette à tous les étudiants de niveau postsecondaire de vivre une expérience d’AIT. D’autres organisations réclament elles aussi que l’on élargisse l’accès aux programmes d’AIT, parmi lesquelles Collèges et instituts Canada et la Fédération canadienne des sciences humaines, cette dernière soutient que ces programmes doivent être étendus aux étudiants de toutes les disciplines et aux organisations à but non lucratif.

Nombre d’organisations jugent également prioritaire d’investir afin de faciliter l’accès des étudiants autochtones aux études postsecondaires et de favoriser leur réussite. L’Université de Toronto, par exemple, plaide pour « le renforcement des initiatives universitaires favorisant l’équité, la diversité et l’inclusion, y compris l’aide aux étudiants et les partenariats interétablissements au profit des étudiants autochtones ». Universités Canada plaide expressément pour un financement accru du programme de bourses d’études d’Indspire, alors que la Fédération canadienne des sciences humaines souhaite un financement soutenu des programmes culturellement pertinents destinés à éradiquer les obstacles à la réussite des étudiants autochtones de niveau postsecondaire.

Plusieurs organisations réclament une augmentation de l’aide financière aux étudiants canadiens qui désirent effectuer un séjour d’études à l’étranger. Comme d’autres, Universités Canada plaide pour le financement d’une nouvelle initiative nationale, Expérience internationale Canada, destinée à permettre, chaque année au cours des cinq prochaines années, à 15 000 étudiants canadiens de niveau postsecondaire à se rendre à l’étranger – avec l’ambition de porter ce chiffre à 30 000 d’ici 10 ans. Le Bureau canadien de l’éducation internationale appuie lui aussi fermement les initiatives visant à permettre à davantage d’étudiants de se rendre à l’étranger, afin d’en faire des « leaders mondiaux » et d’accroître la compétitivité du Canada à l’échelle mondiale.

Dans la foulée des fortes augmentations du financement de la recherche prévues dans le budget de février 2018, nombre d’organisations pressent le gouvernement fédéral d’accroître encore ce financement dans son prochain budget. L’Association canadienne pour les études supérieures, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, Universités Canada et le regroupement U15 comptent parmi celles qui demandent des investissements accrus en matière de bourses d’études et de recherche, dans toutes les disciplines. Certaines organisations demandent aussi d’élargir l’accès aux subventions de recherche aux étudiants au premier cycle. Citant les recommandations du rapport sur l’examen du soutien fédéral aux sciences de 2017, elles réclament un investissement annuel additionnel de 140 millions de dollars d’ici 2022-2023.

Toujours en s’appuyant sur les recommandations du rapport sur l’examen du soutien fédéral aux sciences, beaucoup d’organisations demandent des augmentations pluriannuelles du Fonds de soutien à la recherche, qui aide les établissements postsecondaires canadiens à financer les coûts liés à la gestion de leurs activités de recherche.

Le gouvernement fédéral n’a pas encore fixé la date de son prochain budget, qui est traditionnellement déposé entre la mi-février et la fin d’avril.

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