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Un laboratoire de l’Université de Montréal en première page de la revue National Geographic.

Photo de la coccinelle « au service de la guêpe » documentant les travaux du professeur Jacques Brodeur et de son équipe.

par LÉO CHARBONNEAU | 07 JAN 15

C’est à la fin du mois de septembre que le photographe pigiste Anand Varma a annoncé à Jacques Brodeur que l’une des photos réalisées dans son laboratoire ferait la page couverture de la revue National Geographic du mois de novembre. « Mais il y avait alors un embargo sur la photo et ce n’est qu’à la fin octobre, lorsque j’ai reçu une copie du magazine, que j’ai enfin pu voir la superbe photo. Elle est magnifique. Et quelle lumière! Ça m’a scié les jambes. » M. Brodeur, entomologiste et professeur au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal, ajoute avoir tiré une grande fierté de ce moment puisqu’enfant, il lisait la revue National Geographic à laquelle ses parents étaient abonnés.

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Une coccinelle fait office d’hôte réticent à une guêpe
parasitoïde qui a tissé un cocon entre ses pattes.

En juillet 2013, M. Varma s’était rendu au laboratoire de M. Brodeur à l’Institut de recherche en biologie végétale pour réaliser des photos visant à illustrer un article du National Geographic intitulé « Mindsuckers ». L’article décrit la façon dont une coccinelle sans méfiance sert d’hôte à une petite guêpe parasitoïde appelée Dinocampus coccinellae, un processus que M. Brodeur et son équipe de recherche documentent depuis cinq ans.

Tout commence par une piqûre qui permet à la guêpe femelle de pondre un œuf dans le corps de la coccinelle. L’œuf amorce alors sa croissance en se nourrissant des liquides qui circulent dans la cavité corporelle de son hôte. Parvenue à l’état de larve, la guêpe traverse l’exosquelette de la coccinelle, puis tisse son cocon entre les pattes de son ancien hôte — c’est l’étape si brillamment illustrée par la photo du National Geographic. Bien que son corps soit maintenant libéré du parasite, la coccinelle demeure pourtant au service de la guêpe en la protégeant d’éventuels prédateurs, explique l’article.

L’étudiante Fanny Maure et d’autres collègues travaillant au laboratoire de M. Brodeur ont peut-être levé le voile sur le fonctionnement du processus. Ils ont en effet découvert que la guêpe injecte non seulement un œuf dans le corps de sa victime, mais également un virus ayant fait l’objet d’une réplication dans ses ovaires. Les chercheurs soupçonnent ce virus d’entraîner l’immobilisation de la coccinelle et de la transformer ainsi en une espèce de garde du corps mort-vivant. Étonnamment, de nombreuses coccinelles survivent à l’aventure.

Photographier le processus n’a pas été une mince affaire. M. Varma est arrivé au laboratoire avec une très grande quantité de matériel et a photographié la coccinelle et son parasite à répétition pendant cinq jours consécutifs, indique M. Brodeur. « J’ai pris 2 249 photos de coccinelles infectées par une larve de guêpe, précise M. Varma, et c’est le tout dernier cliché qui a été retenu pour la page couverture de la revue ».

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