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Un programme canadien de bourses d’études crée des liens entre les pays du Commonwealth

Ce programme, qui souligne le règne de la reine Elizabeth II, favorise le leadership et les échanges culturels entre pays du Commonwealth.

par SHARON ASCHAIEK | 08 JUIN 16

Le Botswana souhaite progresser dans le domaine des sports organisés. L’automne dernier, Michael Small, étudiant en gestion du sport à l’Université Brock, a aidé pendant quatre mois le Comité national olympique et l’Association sportive de ce pays d’Afrique du Sud à mettre sur pied son nouveau programme de formation d’entraîneurs. Il a réservé des sites, préparé des budgets, organisé les services de restauration et créé des sondages d’évaluation en ligne. Il a également contribué à la création d’un site Web pour l’association sportive, ainsi que de ses comptes Facebook et Twitter.

« Les deux organisations ont été sensibles à mes suggestions. Elles ont appris grâce à moi, et moi j’ai appris grâce à elles », précise M. Small, qui termine ses études de premier cycle et souhaite devenir gestionnaire d’événements sportifs. C’était formidable d’avoir autant d’indépendance et de responsabilités tout en contribuant à faire avancer les choses. »

Cette expérience, M. Small la doit au programme Bourses canadiennes du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, annoncé en 2014 par le Canada pour marquer le 60e anniversaire du règne de la souveraine. Grâce à un financement de 42 millions de dollars provenant des gouvernements fédéral et provinciaux, des secteurs privé et public ainsi que des universités participantes et de leurs partenaires, ce programme finance actuellement 48 projets répartis dans plus de 45 pays du Commonwealth, dirigés par 36 universités canadiennes et auxquels participent plus de 2 000 étudiants au premier cycle et aux cycles supérieurs. La première série de projets retenus a été dévoilée en mars 2015. Les projets s’étalent sur une période allant de deux à quatre ans, et leur financement peut atteindre 500 000 $.

Un nouvel appel de proposition est attendu plus tard cette année. Le 1er juin, Universités Canada a annoncé que le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) fournira 10 millions de dollars au programme de bourses d’études afin que de nouvelles possibilités soient offertes aux chercheurs de niveau doctoral et postdoctoral, ainsi qu’aux chercheurs en début de carrière, particulièrement ceux de pays à faible ou à moyen revenu.

Selon les partenaires du programme (Universités Canada, la Fondation Rideau Hall et les Fondations communautaires du Canada), le programme a pour objectif « de constituer à l’échelle du Commonwealth un réseau dynamique de jeunes chefs de file mondiaux et d’engendrer des retombées durables dans les pays des boursiers et à l’étranger grâce à des échanges interculturels axés sur l’éducation internationale, la découverte, la recherche ainsi que l’acquisition d’expérience professionnelle ». Le programme finance des stages, des études aux cycles supérieurs et des possibilités en recherche pour les étudiants canadiens, ainsi que des bourses d’études pour les étudiants du Commonwealth désireux de poursuivre des études de maîtrise et de doctorat dans les universités canadiennes.

Trilby Buck (chemise brune au centre) étudiante en géographie à la University of Victoria et boursière de Reine Elizabeth a fait un stage professionnel à l’Institut africain des sciences mathématiques au Ghana de septembre à décembre 2015. Elle a aussi trouvé le temps d’aider au nettoyage de la plage locale. Photo de l'Université de Victoria.
Trilby Buck (chemise brune au centre) étudiante en géographie à la University of Victoria et boursière de Reine Elizabeth a fait un stage professionnel à l’Institut africain des sciences mathématiques au Ghana de septembre à décembre 2015. Elle a aussi trouvé le temps d’aider au nettoyage de la plage locale. Photo de l’Université de Victoria.

« Dans un monde où les frontières s’estompent et où la collaboration entre collectivités et pays s’accentue, de tels échanges peuvent contribuer à relever les grands défis mondiaux en plus d’être bénéfiques pour la formation et la carrière des étudiants », a déclaré la directrice générale de la Fondation Rideau Hall, Andrea Dicks.

Le premier concours du programme a conduit au financement de projets très variés axés, entre autres sur l’environnement, la santé, la croissance économique, la sécurité alimentaire, l’égalité des sexes, les questions autochtones, l’enfance et la jeunesse, l’éducation et la gouvernance. On peut citer par exemple le projet dirigé par l’Université Wilfrid Laurier pour faire progresser les droits de la personne et la justice sociale au Ghana; le projet de l’Université Saint Mary’s axé sur l’exploitation de l’informatique au profit du développement rural en Ouganda; le projet de l’Université de la Colombie-Britannique visant la mise en place d’une infrastructure de transport résistante au climat en Asie du Sud.

M. Small a été désigné boursier de la Reine Elizabeth dans le cadre du projet de l’Université Brock visant à renforcer la collectivité par le sport. Avec l’aide de l’organisation partenaire (Jeux du Commonwealth Canada), les participants à ce projet effectuent des stages de quatre mois axés sur l’amélioration de l’accès des collectivités aux installations sportives (à Saint-Vincent et aux Grenadines), sur la sensibilisation au VIH-sida par le sport (au Swaziland), et sur l’entraînement des athlètes (au Botswana).

« Ces initiatives aident les pays à aborder des enjeux locaux et même sociaux grâce au sport, précise Lisa Kikulis, professeure agrégée et présidente du département de gestion du sport à l’Université Brock. Elles contribuent parallèlement à former la prochaine génération de dirigeants sportifs. »

L’Université de Victoria permet pour sa part à 40 étudiants en science, en technologies, en génie et en mathématiques de participer à des programmes coopératifs dans des établissements postsecondaires d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Inde et de plusieurs pays africains du Commonwealth, dont des stages à l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) et sur les campus de l’Université Aga Khan. L’Université de Victoria aide d’ailleurs aussi des étudiants de l’AIMS à poursuivre leurs études de maîtrise sur son campus.

Le projet comporte également un volet d’échanges avec l’Université de Newcastle, en Australie, pour les étudiants autochtones. Kimberly Hanton, étudiante autochtone en sciences politiques, philosophie et économie à l’Université de Victoria, a ainsi eu la chance de travailler avec un des plus grands historiens aborigènes d’Australie et de collaborer avec le Global Indigenous and Diaspora Research Studies Centre de l’Université de Newcastle. « Ça a changé ma vie, raconte-t-elle. La découverte d’un autre peuple autochtone m’a permis de mieux me comprendre. Ça a renforcé mes valeurs et mon identité en tant que Micmaque. »

Selon Norah McRae, directrice générale de l’enseignement coopératif et des services de développement de carrière à l’Université de Victoria, ces expériences d’apprentissage à l’étranger, souvent au sein de cultures peu familières, « forcent les étudiants à puiser profondément en eux. Cela leur permet de progresser sur les plans de l’efficacité, du travail en équipe et de la communication, ce qui en fait de meilleurs leaders. »

Le projet de l’Université de Waterloo axé sur la création d’un indice mondial du bien-être forme également des chefs de file. Après avoir élaboré un indice du bien-être propre au Canada, l’établissement souhaite l’étendre au reste du monde, en commençant par des pays africains du Commonwealth à faibles et moyens revenus : le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda. Contrairement au produit intérieur brut couramment utilisé, qui ne témoigne que de la valeur économique des biens et services d’un pays, ce nouvel indice plus holistique rend compte du rendement dans divers domaines tels que l’éducation, la santé de la population, l’environnement et l’engagement démocratique.

L’Université de Waterloo a décerné des bourses d’études à quatre étudiants de ces pays africains pour qu’ils puissent participer au projet pendant qu’ils terminent leur programme de doctorat en géographie et en gestion environnementale.

« Ils font partie de ces gens brillants dans le monde que seul le manque de ressources empêche de poursuivre leurs études et leurs activités de recherche, souligne la professeure de géographie et de gestion environnementale Susan Elliott, chef du projet. Ces bourses d’études leur permettent d’améliorer leur situation. »

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