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Un sondage auprès des postdoctoraux révèle leur insatisfaction

Entre autres solutions, abréger la durée de la formation postdoctorale

par ROSANNA TAMBURRI | 11 JAN 10

Les chercheurs postdoctoraux canadiens mènent une existence universitaire incertaine où la rémunération, les avantages sociaux et les chances de décrocher un poste de professeur sont presque nuls, révèle une enquête récente menée par l’Association canadienne des postdoctorants (CAPS).

On apprend aussi qu’ils sont quelque 6 000 chercheurs postdoctoraux au Canada, dont 1 200 (20 pour cent) ont participé à l’enquête de la CAPS. Plus de la moitié des participants au sondage avaient entre 30 et 35 ans et presque 80 pour cent d’entre eux gagnaient 45 000 $ par année ou moins, avant impôt. Ces données ont été recueillies dans le cadre d’un sondage électronique réalisé entre avril et juillet 2009.

Plus de la moitié des participants au sondage ont affirmé être satisfaits de leur formation postdoctorale, mais bon nombre d’entre eux ont dit ressentir un manque de reconnaissance professionnelle et de considération par rapport à leurs préoccupations et à leurs besoins. Ils sont aussi inquiets des minces chances d’obtenir un poste de professeur menant à la permanence.

« La plupart d’entre nous étions certains qu’il y avait beaucoup de postes de professeurs disponibles […] mais il semble que ce ne soit pas du tout le cas, raconte Marianne Stanford, postdoctorante à l’Institut de recherche de l’hôpital d’Ottawa affilié à l’Université d’Ottawa, et présidente de l’Association.

Les points les plus inquiétants sont les maigres salaires et la durée de la formation postdoctorale. » Dans certains cas, les postdoctorants gagnent moins que les étudiants aux cycles supé-rieurs, dont les bourses sont exemptes d’impôt.

Les postes de stagiaires ou de chercheurs postdoctoraux sont considérés comme des postes temporaires de formation pour les nouveaux titulaires d’un doctorat, mais dans certaines disciplines, cette formation peut durer cinq ans ou plus.

« De nombreux chercheurs postdoctoraux se morfondent dans des postes non structurés, qui ne mènent nulle part », relate le rapport.

En 2007-2008, les effectifs au doctorat s’élevaient à 40 400, une hausse de 62 pour cent par rapport à 2001-2002. Pendant la même pé-riode, le nombre de postes de professeurs à temps plein n’avait augmenté que de 20 pour cent, selon les chiffres cités dans le rapport. En 2007, les universités canadiennes ont conféré 4 800 doctorats et ont embauché 2 616 nouveaux professeurs à temps plein.

« Ces chiffres illustrent clairement que la majorité des chercheurs postdoctoraux n’obtien-dront pas de poste de professeur », conclut le rapport.

Le rapport recommande entre autres : de définir clairement le statut de postdoctorant; de limiter la période de formation postdoctorale après laquelle le titulaire du poste sera considéré comme chercheur ou associé de recherche (des postes un peu plus sûrs); d’augmenter le salaire de base; d’offrir des possibilités de formation et des avantages sociaux.

COMMENTAIRES
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  1. Robert Comeau / 14 January 2010 at 17:09

    Merci d’avoir publié ce rapport.

    La situation des post-doctorants est celle-là que décrit bien le rapport.

    Il faudrait au Québec l’équivalent du CNRS en France, ou l’occtroi de plus de postes de professeurs adjoints dans les universités. Le nombre de chargés de cours est trop élevé. Cette suituation dure depuis des années. C’est scandaleux. Les professeurs (j’ai enseigné 37 ans à l’UQAM)pensent à avoir des étudiants au doctorat mais ne se préoccupent pas suffisamment

    de la majorité des docteurs une fois le diplôme obtenu. Les universités recherchent des clients pour les études supérieures car c’est plus rentable que des étudiants de premier cycle mais c’est sans égard aux possibilités de trouver des emplois. Un grand nombre de diplomés ne trouveront pas d’emploi dans leur domaine.A cela les responsables universitaires devraient réfléchir et trouver des solutions.