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Un test novateur pour accélérer le dépistage de la COVID-19

Des chercheurs de l’UdeM et de Laval souhaitent développer cet outil avant que frappe une seconde vague de la maladie.

par JEAN-FRANÇOIS VENNE | 27 MAR 20

Si une grande partie de la population se voit privée de travail, ce n’est certainement pas le cas de ceux et celles qui développent des outils pour combattre le nouveau coronavirus qui cause la maladie COVID-19. Au Québec, une équipe spécialisée en chimie biomédicale a obtenu le feu vert pour élaborer un nouveau test permettant de dépister la COVID-19 en quelques minutes, alors que cette opération prend présentement plusieurs heures.

Dirigé par Denis Boudreau, professeur de chimie à l’Université Laval, le groupe comprend Jean-François Masson et Joelle Pelletier, deux professeurs de chimie de l’Université de Montréal (UdeM). La chercheuse chinoise Qing Huang, qui a notamment travaillé sur la détection du virus Ebola, ainsi qu’une dizaine d’autres chercheurs et étudiants participent aussi à l’effort. Le projet bénéficie d’une subvention d’un million de dollars sur deux ans, puisés de fonds spéciaux des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) consacrés à la lutte contre la pandémie.

L’approche de dépistage sur laquelle se penche l’équipe diffère passablement de celle utilisée jusqu’à maintenant. Les dispositifs actuels servent à analyser l’ADN du génome du virus, à partir de prélèvements tirés du larynx du patient. Le nouvel outil visera plutôt à détecter les anticorps du malade. Il pourra être employé non seulement dans certains centres hospitaliers et cliniques spécialisées mais aussi sur le terrain. « Il deviendra très important de savoir qui a été infecté au coronavirus, souligne la chercheuse Joelle Pelletier. Cela permet d’identifier les gens qui posent des risques de contagion, mais cela aide aussi à établir si certaines personnes, par exemple les professionnels de la santé, sont infectées ou au contraire immunisées. »

Réaction rapide de l’université

Ironie du sort, au moment de réaliser l’entrevue, Mme Pelletier se trouvait elle-même confinée à la maison en quarantaine, puisqu’elle revenait d’un séjour en Europe. Elle piaffait d’impatience de rejoindre ses collègues, même si elle avait déjà commencé, virtuellement du moins, à collaborer au projet.

Malgré la fermeture de l’UdeM pendant la pandémie, les chercheurs ont reçu l’autorisation de poursuivre leurs travaux, tout en respectant les règles de distanciation. « La réponse de l’université a été rapide et efficace, se réjouit Mme Pelletier. Elle a tout mis en place pour que l’on puisse fonctionner. Jean-François Masson et moi pouvons même entrer dans nos tout nouveaux laboratoires biosécurisés du campus MIL quelques semaines plus tôt que prévu. »

Quant aux étudiants, ils se bousculent pour participer. D’autant que certains ont dû renoncer à des voyages à l’étranger en raison de la pandémie et se retrouvent donc tout à fait disponibles. « C’est passionnant de travailler à un projet qui a un impact sur un sujet brûlant d’actualité et nous recevons beaucoup de propositions d’aide de l’extérieur, que ce soit sur le plan technologique ou biologique », reconnaît la chercheuse.

La recherche pourrait mettre environ un an à se concrétiser en un dispositif fiable. Elle servirait donc surtout lors d’une prochaine vague de la pandémie, une éventualité que personne ne souhaite voir se produire, mais à laquelle il vaut mieux se préparer.

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