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Une nouvelle chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme

Provenant d’universités différentes, trois universitaires spécialisés dans des domaines distincts se partageront la chaire.

par MARK CARDWELL | 16 MAR 18

Ghayda Hassan connaît bien la radicalisation et la violence extrême. Professeure de psychologie clinique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), elle est née et a grandi au Liban pendant une guerre civile qui a fait 120 000 morts et entraîné l’exode de près d’un million de personnes entre 1975 et 1990. Mme Hassan estime que pour cerner et contrer les perspectives extrémistes qui mènent à la violence entre les divers groupes politiques, ethniques et religieux, il faut s’entendre sur les stratégies, les ressources et les mesures à prendre.

« Aucun pays n’est à l’abri de ce problème grandissant qui touche des millions de personnes partout dans le monde, pas même le Canada, dit-elle. Pour le juguler efficacement, la collaboration est indispensable. »

C’est pourquoi Mme Hassan, spécialisée en santé mentale et stratégies d’intervention en situation de violence familiale pour les immigrants et les réfugiés, se réjouit de la nouvelle chaire UNESCO pour la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Instituée à la fin de février, cette chaire repose sur un partenariat tripartite unique entre l’UQAM, l’Université de Sherbrooke et l’Université Concordia.

Financée par le gouvernement du Québec à hauteur de 400 000 $ sur quatre ans, la chaire a été confiée à trois titulaires de spécialités différentes : Ghayda Hassan de l’UQAM, le politologue David Morin de l’Université de Sherbrooke et l’expert en éducation Vivek Venkatesh de l’Université Concordia. Sami Aoun, politologue et spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Sherbrooke, en sera le directeur scientifique.

Dans son annonce, l’UNESCO qui parraine l’initiative a précisé que la chaire a pour principale mission de servir de centre d’excellence pour effectuer, transmettre et promouvoir des travaux de recherche visant à prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent. Les résultats de ces travaux seront diffusés parmi la quarantaine de groupes et de partenaires canadiens et étrangers qui participent activement à la lutte contre la radicalisation et le terrorisme.

« Nous allons élaborer des programmes d’action novateurs fondés sur la recherche et les pratiques exemplaires, surtout en milieu social, éducatif et dans les services communautaires, explique Mme Hassan. Nous favoriserons aussi le dialogue entre les centres placés sous l’égide de l’UNESCO dans le monde entier. Quelques collaborations existent, mais elles sont cloisonnées et ne s’inscrivent pas dans une seule et même structure. »

Le problème de la radicalisation et de l’extrémisme violent n’est pas criant au Canada, mais selon Mme Hassan, la nouvelle chaire permettra aussi de canaliser les ressources et les capacités de recherche pour aider les pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie qui se trouvent en première ligne à mieux gérer leur formation et leurs ressources, souvent limitées.

Selon M. Morin, expert en sécurité internationale et coordonnateur de projets de recherche au Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité de l’UQAM depuis 2003, la nouvelle chaire tombe à point dans la lutte contre un phénomène mondial qui prend de l’ampleur. « Qu’ils soient le fait d’al-Qaïda, de l’État islamique, de l’extrême gauche ou de la droite radicale, voire des environnementalistes, l’extrémisme et la radicalisation qui mènent à la violence ne sont pas en déclin, mais bel et bien en expansion », ajoute-t-il.

Il explique que la nouvelle chaire fonctionnera « comme un consortium commercial » dans lequel l’Université de Sherbrooke sera responsable de produire des rapports annuels, et chaque université gérera l’argent versé à son propre titulaire pour les projets de recherche.

« Nous voulons devenir une plateforme internationale de la prévention, précise M. Morin. Espérons que notre travail permettra de mieux comprendre comment lutter efficacement contre la menace de la radicalisation et de la violence extrême dans un monde de plus en plus polarisé. »

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