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Les universités demeurent prudentes

Malgré le redressement des fonds de dotation, les établissements s’inquiètent relativement aux subventions provinciales

par ROSANNA TAMBURRI | 07 DÉC 09

Grâce à une reprise des marchés financiers, les fonds de dotation des universités canadiennes ont récupéré en bonne partie les pertes qu’elles avaient subies au cours de la débâcle de l’année passée. Toutefois, les universités ne se disent pas encore prêtes à délier les cordons de la bourse.

L’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), par exemple, a vu son fonds de dotation atteindre 166 millions de dollars en octobre, une augmentation de 23 pour cent par rapport aux 135 millions enregistrés en février dernier; un gain substantiel, mais insuffisant pour ramener le fonds au niveau d’avant la crise, soit à 175 millions de dollars. « Nous ne sommes pas complètement remis, mais ça va beaucoup mieux maintenant qu’en octobre dernier, affirme Dan Murray, vice-recteur aux finances et aux services généraux à l’UNB ».

Lorsque les marchés financiers se sont effondrés l’an dernier, les universités on perdu des millions de dollars provenant de leurs fonds de dotation, qui sont constitués de dons de charité. Ces dons sont investis et une partie des revenus de placement sert à appuyer, entre autres, les services aux étudiants et les chaires de recherche.

Pourtant, les universités demeurent prudentes, elles hésitent à dépenser les revenus des fonds de dotation et n’abandonnent pas les mesures d’épargne mises en place depuis un an. « Tout le monde craint que la reprise ne soit fragile, poursuit M. Murray, l’inquiétude règne. »

Les universités se disent pré-occupées par les réductions du finan-cement provincial pour le fonction-nement. Il subsiste aussi une certaine angoisse par rapport à une rechute possible des marchés, explique M. Murray. Comme beaucoup d’universités, l’UNB a abaissé son ratio de distribution de 4,5 à 4,25 pour cent, et croit que le conseil d’administration de l’établissement maintiendra ce taux jusqu’à la remontée complète du fonds de dotation.

La situation est semblable dans de nombreuses universités canadiennes. Le fonds de dotation de l’Université de l’Alberta est passé de 600 millions de dollars au 31 mars dernier, à 700 millions de dollars en octobre, mais l’Université maintiendra probablement son ratio de distribution à 3,5 pour cent, comparé à 4,25 l’an dernier, prévoit la vice-rectrice aux finances et à l’administration de l’établissement, Phyllis Clark.

Mme Clark dit que l’inquiétude persiste relativement aux subventions des gouvernements provinciaux, qui constituent la principale source de financement des universités. Le gouvernement de l’Alberta a annoncé qu’il avait l’intention de geler les subventions de fonctionnement l’an prochain. Qui plus est, les intérêts que l’Université perçoit de ses liquidités sont à la baisse, et les contributions qu’elle doit verser au régime de retraite, à la hausse. Par conséquent, l’Université prévoit un déficit de 59 millions de dollars pour l’exercice se terminant le 31 mars 2011, soit environ 8 pour cent de son budget de fonctionnement.

L’établissement souhaite réduire cet écart en augmentant les frais connexes et en faisant des économies sur le plan administratif. Des pourparlers sont également en cours avec l’Association des professeurs sur la possibilité d’instaurer des congés sans solde et de réduire les augmentations de salaires prévues au contrat. Comme l’affirme Mme Clark, l’Université fait tout en son pouvoir pour éviter les pertes d’emplois, mais il pourrait y avoir des mises à pied si on ne trouve pas l’argent nécessaire par d’autres moyens.

À l’Université de Western Ontario, Gitta Kulczycki, vice-rectrice aux ressources et aux opérations, affirme que bien que l’établissement ait reçu un financement provincial supplémentaire pour accroître les effectifs aux cycles supérieurs, les subventions gouver-nementales sont pour le reste demeurées les mêmes. La province n’a pas établi de niveaux de financement pour l’an prochain, mais il est clair, selon elle, que la province est aux prises avec une situation financière difficile. « Tout porte à croire qu’il n’y aura pas de majoration du financement. »

Régimes de retraite

Beaucoup d’universités croulent encore sous le poids de leurs obligations à l’égard du régime de retraite. David Barnard, recteur de l’Université du Manitoba, a mentionné lors d’une assemblée publique à la mi-octobre, que son établissement prévoyait un déficit de 36,4 millions de dollars dans son budget de 2011, en partie en raison des augmentations des cotisations au régime de retraite. Il ne croit pas que le financement du gouvernement provincial parviendra à combler cet écart.

Pendant ce temps, à la fin d’octobre, le gouvernement fédéral a annoncé son intention de modifier la Loi de l’impôt sur le revenu afin de permettre aux régimes de retraite à prestations déterminées sous réglementation fédérale ou provinciale de disposer de surplus équivalant à 25 pour cent du passif découlant du régime de retraite, au lieu de 10 pour cent. Le gouvernement soutient que ce seuil élevé permettra aux employeurs de se protéger contre la volatilité des marchés.

Les universités, qui pour la plupart offrent des régimes de retraite à prestations déterminées ou des régimes hybrides, se réjouissent de la mesure proposée, malgré le fait que celle-ci ne sera d’aucun secours immédiat aux nombreux régimes de retraite qui accusent un déficit, explique M. Murray de l’UNB.

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