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Conseils carrière

Nouveau regard sur les lettres de recommandation

Des lettres de recommandation efficaces font partie intégrante d’un enseignement de qualité

par ADAM CHAPNICK | 04 DÉC 06

Des lettres de recommandation efficaces font partie intégrante d’un enseignement de qualité, et, malgré leur importance capitale pour l’avenir des étudiants, il est surprenant de constater le peu d’information que reçoivent les professeurs à ce sujet. Les rares guides sur la rédaction de lettres de recommandation sont offerts essentiellement dans les centres de carrière des universités. Il ne fait donc aucun doute que les spécialistes de l’étude de l’enseignement (en particulier au Canada, mais également dans le monde entier) doivent placer la lettre de recommandation au cœur de l’expérience d’apprentissage.

« Est ce que je vous connais? » Évaluer et manifester votre confiance à l’égard de l’étudiant

Le processus de rédaction d’une lettre débute bien avant que le répondant ne commence à remplir les formulaires requis. Les universités d’accueil estiment que les principaux défauts des lettres de recommandation sont le manque de précision et les généralités (Lynn Brown, « Fourteen ways to write a better letter of recommendation », dans Professional School Counselling, 1999). Avant tout, il est donc impérieux que le professeur connaisse suffisamment le candidat pour se montrer convaincant.

Si le répondant connaît bien l’étudiant, il doit d’abord déterminer s’il est dans l’intérêt de ce dernier qu’il lui rédige une lettre. Le tient il suffisamment en haute estime? A t il récemment été en contact avec lui? Sa connaissance de l’étudiant est elle pertinente dans le dossier de celui-ci? Des recherches laissent entendre qu’il vaut parfois mieux ne pas rédiger de lettre que de le faire avec peu d’enthousiasme.

Si le répondant ne connaît pas très bien l’étudiant, il doit commencer par l’inciter à fournir des renseignements appropriés, voire l’exiger : un curriculum vitae à jour, un relevé de notes non officiel, une ébauche de texte dans lequel il explique en quoi ses intérêts correspondent au programme visé ou tout autre renseignement succinct que le répondant juge utile. Si l’étudiant a suivi un cours dans lequel des travaux dirigés, des séminaires ou des laboratoires étaient animés par un assistant à l’enseignement, il serait bon de communiquer avec ce dernier pour obtenir son point de vue sur le rendement de l’étudiant. Dans de rares occasions, par exemple quand un étudiant a interrompu ses études universitaires pendant une période prolongée et souhaite effectuer un retour, il se peut que le répondant doive discuter avec lui.

Lettre type : quelques indications sur la structure d’une lettre de recommandation personnalisée

Toute lettre comprend généralement des sections.

Dans la première, l’introduction, il s’agit d’indiquer votre lien avec l’étudiant et de préciser depuis combien de temps vous le connaissez. L’avez vous suivi dans un seul ou dans plusieurs cours? Avez vous eu d’autres interactions avec lui ou d’autres occasions de constater son rendement et son dévouement? Pour établir votre crédibilité à titre de répondant, il est important que vous exposiez le contexte et la qualité de vos interactions avec l’étudiant.

La deuxième section traite précisément des réalisations et du rendement de l’étudiant tant par rapport à vos critères personnels à titre de répondant que par rapport à sa cohorte (notes obtenues, classement par rapport à ses collègues de classe ou toute autre preuve de réussite). En assoyant votre recommandation sur des indicateurs concrets et des exemples précis, vous fournirez aux comités de sélection les éléments tangibles dont ils ont besoin pour évaluer le candidat en fonction de leurs critères de sélection les plus définis.

Vos appréciations plus modérées et nuancées à l’égard des capacités de l’étudiant n’en sont pas moins importantes pour autant. La troisième section est l’occasion d’exposer les qualités du candidat sur un plan plus général, mais également plus personnel (éthique de travail, aptitudes sociales, réalisations parascolaires, degré de motivation pour le programme visé et ingéniosité). Si vous vous montrez assuré dans votre description des profondes qualités professionnelles de l’étudiant ou si vous êtes en mesure de vous prononcer en connaissance de cause sur ses activités à l’extérieur de votre cours, votre lettre de recommandation sera un élément des plus solides dans son dossier.

La conclusion doit recommander l’admission de l’étudiant au programme visé de façon claire et explicite, sans réserves ni restrictions. Vos remarques finales doivent porter directement sur la compétence que vous lui reconnaissez et sur ses perspectives de réussite dans le programme. Le comité ne doit pas avoir de doute quant à la fiabilité et au contenu de votre recommandation.

Trop, c’est comme pas assez, ou l’art de modérer vos transports

À tort ou à raison, des éloges immodérés peuvent éveiller des soupçons sans fondement. Tout débordement d’enthousiasme ou exagération des capacités du candidat pose problème. Un répondant qui en met trop compromet sa crédibilité pour la recommandation actuelle et ses recommandations futures. Par contre, s’il se montre plus honnête et critique que les autres répondants, il risque de priver un étudiant méritant d’une occasion dont il est digne. Heureusement, une recherche plutôt récente menée par Michael Ryan et David Martinson (Journalism and Mass Communication Educator) porte à croire que, dans l’ensemble, les lettres de recommandation sont moins démesurées qu’on le croit en général. Vous pouvez donc être assez à l’aise d’exprimer ce qu’il est convenu d’appeler la vérité.

L’écriture est affaire de culture : différences culturelles dans la rédaction de lettres de recommandation

Pour déterminer la mesure dans laquelle leur lettre de recommandation peut sembler impartiale, les répondants doivent tenir compte des différences culturelles. Fait intéressant, dans un article paru en 1998 dans English for Specific Purposes, Karen Precht indique que les comités d’admission britanniques semblent s’attendre à des lettres plus nuancées et jugent donc plus crédibles les répondants qui reconnaissent des défauts à leur candidat. À l’inverse, aux États Unis, les évaluateurs ont davantage tendance à recevoir l’énumération des imperfections du candidat comme un vote de non confiance. Ils présument également que la capacité de rendre compte d’un fait personnel révèle une plus grande proximité et donc un jugement plus éclairé. En revanche, les lettres provenant de répondants britanniques ou allemands sont généralement plus factuelles et peuvent même être perçues comme abruptes par des Nord Américains parce qu’elles insistent davantage sur les réussites universitaires mesurables du candidat.

Adam Chapnick est le président adjoint du département de commandement, leadership et gestion du Collège des Forces canadiennes.

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