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Conseils carrière

Réflexion sur le mentorat

Deux candidates au doctorat témoignent de leur appréciation.

par JORDANA GARBATI + BOBA SAMUELS | 22 AOÛT 12

Alors que la saison des conférences bat son plein, nous avons entamé une réflexion sur l’importance du mentorat dans la vie universitaire, en particulier pour les étudiants au doctorat. C’est peut-être parce que nous approchons toutes deux de la fin de nos études supérieures et sommes envahies d’une petite nostalgie lorsque nous pensons à ceux qui nous ont influencées et ont participé à notre formation d’universitaires. Les conférences, comme nous le savons tous, offrent non seulement l’occasion de connaître les nouveaux développements dans nos champs d’études, mais également d’entretenir des relations avec les collègues, de renouer avec des connaissances et de faire de nouvelles rencontres. À une époque où les relations sociales et professionnelles progressent rapidement et facilement en ligne, nous avons réfléchi à la valeur immuable des rencontres régulières en personne. Qu’avons-nous appris de la vie universitaire à travers ces relations?

En écrivant cet article, chacune de nous avait en tête trois des mentors qui l’ont le plus influencée. Voici six leçons au sujet de la vie universitaire qu’ils nous ont apprises, et une réflexion sur l’influence qu’ils ont exercée sur nous et sur leurs qualités admirables qui nous ont poussées à les choisir comme mentors.

Leçon 1 : Foncez

Lors de notre parcours universitaire, nous avons toutes deux appris l’importance de prendre des risques. Même s’il est souvent (ou toujours) stressant de sortir de sa zone de confort, nous avons obtenu des résultats positifs chaque fois que nous avons « foncé ». Certains gestes qui pouvaient sembler intimidants de prime abord, comme envoyer un courriel à l’auteur d’un article pour poser quelques questions, ou aborder des chercheurs lors de conférences, ont donné lieu à des discussions profondes et débouché sur de nouvelles relations. Lorsque nous avons entrepris notre premier projet de collaboration, nous avons sans contredit adopté une attitude fonceuse. À l’époque, nous ne nous connaissions pas et étudiions dans des domaines différents. Nous avons pris une décision risquée, mais qui nous a été incroyablement bénéfique. Nos mentors affichent souvent une telle attitude fonceuse et n’hésitent pas à prendre des risques, surtout avec les publications : faites de votre mieux et lancez-vous.

Leçon 2 : Gardez votre porte ouverte

Nous avons appris l’importance de garder la porte ouverte (au sens propre comme au sens figuré). Dans notre programme d’études, nous avons la chance de disposer d’espaces réservés aux étudiants au doctorat et nos bureaux se font tous face. Nos portes demeurent ouvertes 95 pour cent du temps lorsque nous y sommes, et cette habitude en apparence anodine est un facteur déterminant de notre réussite en tant que collaboratrices. Nous avons appris qu’en laissant nos portes ouvertes, nous sommes non seulement plus enclins à rencontrer de nouvelles personnes et à engager des discussions professionnelles, mais nous sommes également à la disposition des nouveaux étudiants au doctorat, ce qui leur permet de faire part de leurs préoccupations et de solliciter des conseils sans devoir attendre un rendez-vous officiel. Bien entendu, un peu de temps en solitaire est parfois nécessaire, mais notre réussite semble en grande partie attribuable aux rencontres impromptues et aux interactions.

Leçon 3 : Consolidez vos relations

Tout le monde sait que le succès de toute relation passe par l’engagement. Les relations universitaires ne font pas exception. Nous avons appris que pour faire son chemin dans le milieu universitaire, il faut continuellement entretenir ses relations. Il n’est pas ici question d’une interaction constante ou d’échanges superficiels, mais plutôt d’honnêteté, de respect et d’efforts.

Leçon 4 : Ne sous-estimez pas l’importance de la nourriture

Ceux qui nous connaissent ne seront pas surpris d’apprendre que nos conversations se déroulent fréquemment pendant les repas. Nous aimons prendre une bouchée ou faire une pause en sirotant un thé, entourées de bouts de papier sur lesquels nous prenons des notes et ébauchons de nouveaux projets de collaboration. En fait, nous avons rédigé le plan de cet article lors d’une conférence, en attendant notre dessert au restaurant.

Malgré l’organisation que cela implique, le simple fait d’offrir des boissons et un goûter lors d’une rencontre facilite de beaucoup l’instauration d’une atmosphère collégiale. Manger et boire ensemble favorise l’esprit communautaire et peut également aider à prendre le pouls de son milieu. Si vous évoluez dans un milieu où on prend rarement le temps d’échanger ainsi, c’est peut-être signe qu’il faudrait se pencher sur le développement communautaire. Pourquoi ne pas commencer par inviter un collègue à prendre un café? Les collectivités accueillantes favorisent le mentorat.

Leçon 5 : Soyez conscient des jeux politiques

Il est impossible d’échapper aux jeux politiques dans le milieu universitaire, mais ce n’est pas une raison pour se laisser miner par eux. En entreprenant un programme d’études aux cycles supérieurs, la plupart d’entre nous n’ont aucune idée des tensions d’ordre administratif et personnel qui les entourent. En participant à la recherche et aux tâches liées au service, nous devenons de plus en plus au fait de ces dynamiques. Il peut s’avérer très utile d’avoir quelqu’un qui peut vous informer discrètement des histoires et de la nature des relations au sein de votre faculté pour vous permettre d’anticiper les problèmes, vous éviter de vous mettre les pieds dans les plats et même vous suggérer des façons d’instaurer des changements positifs.

Leçon 6 : Soyez vous aussi un mentor

La leçon la plus précieuse que nous avons apprise est sans doute l’importance de servir nous-mêmes de mentors. Nos mentors ont joué des rôles importants dans nos vies de jeunes universitaires, et nous savons que nous sommes en mesure de faire de même auprès d’autres étudiants. Il est donc essentiel pour nous d’aider nos pairs qui sont en début de parcours. Nous prenons ce rôle au sérieux et croyons en l’importance de les guider comme nous l’avons nous-mêmes été. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances, des compétences et des leçons apprises; il faut également être prêt à prendre le temps de prêcher par l’exemple. Il est sûrement très impressionnant de constater – sans compter que c’est une belle leçon de modestie – la quantité de temps que certains de nos mentors nous ont consacré sans rien demander en retour. Or, nous savons que le mentorat est une activité enrichissante en soi – tous en retirent des bénéfices.


Nos mentors ont influencé de différentes façons nos parcours universitaires. Ceux qui ont également joué un rôle de superviseur ou de conseiller ont orienté toutes nos décisions, qu’il s’agisse de choix de cours, de lectures ou de choix de carrière. Certains de nos membres sont devenus nos défenseurs, offrant soutien et encouragements pour les examens, les soumissions de proposition, les exposés à des conférences, les publications et les dilemmes personnels. D’autres ont influencé notre façon de penser et d’agir, nous poussant à apprendre davantage, à ne pas limiter nos lectures à notre domaine, et à pousser nos analyses. Nos mentors ont souvent été des universitaires d’expérience dont nous avons tenté de reproduire les comportements et les démarches, et qui nous ont généreusement prodigué des conseils que nous nous sommes efforcées de suivre.

Cet article ne serait pas complet sans une réflexion sur les qualités que nous admirons le plus chez nos mentors. S’ils ont réussi à nous apprendre des leçons et à nous influencer, c’est parce qu’ils ont toujours fait preuve d’honnêteté, d’intégrité, de générosité, d’éthique et de dévouement dans leur vie professionnelle. Au-delà de leurs compétences en enseignement et en recherche qui ont suscité notre admiration, ce sont souvent ces traits de leur personnalité qui leur ont permis de se démarquer et qui nous ont motivées à apprendre d’eux.

En tant qu’étudiantes aux cycles supérieurs, nous avons pu constater qu’un mentorat actif est essentiel à toutes les étapes de la vie universitaire, et particulièrement pour les étudiants et les nouveaux professeurs. Il importe de réfléchir aux qualités d’un bon mentor afin de pouvoir évaluer notre propre comportement dans ce rôle. Comme un de nos mentors l’a déjà dit, lorsque vous saisissez la main qui vous est tendue pour vous aider à gravir l’échelle, n’oubliez pas de tendre l’autre main pour aider la personne derrière vous.

Jordana Garbati et Boba Samuels sont candidates au doctorat à la faculté d’éducation de l’Université Western, située en Ontario. Mme Samuels effectue de la recherche dans le domaine de la rédaction et travaille comme conseillère en rédaction à l’Université Wilfrid Laurier. Mme Garbati s’intéresse à la linguistique appliquée.

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