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CONSEILS CARRIÈRE

Trucs et outils pour mieux encadrer aux cycles supérieurs

Le professeur Christian Bégin livre quelques astuces pour améliorer l’accompagnement des étudiants pendant leurs études supérieures.

par CATHERINE COUTURIER | 21 NOV 18

Avec son livre Encadrer aux cycles supérieurs : étapes, problèmes et interventions, publié aux Presses de l’Université du Québec, le professeur au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal Christian Bégin espère aider ses collègues à mieux gérer cette tâche.

« On me demandait souvent s’il y avait des écrits sur l’encadrement des étudiants. Or, les ouvrages qui existent traitent des choses d’un point de vue scientifique, mais rien sur le plan pratique. Pour moi, c’était un manque », raconte-t-il. D’abord psychologue durant 15 ans auprès d’étudiants qui avaient des problèmes de performance, M. Bégin a été amené à monter des formations sur l’encadrement. « Les professeurs se sont mis à me contacter; j’ai vu que plusieurs ne savaient pas comment intervenir. » Depuis 20 ans, M. Bégin donne ainsi des conférences et des ateliers sur le sujet. C’est donc avec cette double vision qu’il a entrepris d’écrire ce livre.

« C’est vraiment le récit d’un praticien », constate Marie-Ève Gagnon-Paré, agente de recherche et de planification au Bureau de soutien à l’enseignement de l’Université Laval. « Le livre se base sur la vaste expérience de M. Bégin. Je crois que ses propos rejoindront plusieurs professeurs : ils aiment qu’on leur présente des stratégies concrètes en matière d’encadrement », ajoute-t-elle.

L’encadrement sous tous ses angles

Le livre se découpe en quatre sections, qui couvrent l’ensemble des étapes du parcours d’encadrement : la description du contexte des études de maîtrise et de doctorat; les étapes préliminaires et les modalités de suivi et d’encadrement; le processus d’accompagnement en différentes étapes; et finalement, les problèmes et situations critiques. « L’important, c’était d’expliquer le rationnel derrière les choses pour saisir pourquoi une action est peut-être préférable à une autre », souligne celui qui s’intéresse à la construction de la relation directeur de recherche-étudiant.

Une table des matières détaillée de même qu’une annexe qui énumère des questions ou préoccupations courantes et qui indiquent les sections correspondantes facilitent la navigation de l’imposant ouvrage. Un directeur de recherche peut donc voir quelles sections répondent à des problèmes qu’il rencontre, tels que celles portant sur la perte de temps lors des rencontres avec les étudiants ou l’impression qu’il faudrait faire la rédaction à la place de l’étudiant. L’auteur a également pris soin d’intégrer des renvois dans le texte pour rendre la consultation du livre la plus simple possible.

Des besoins grandissants

Depuis quelques décennies, de plus en plus d’étudiants poursuivent des études supérieures, amenant un nouveau lot de problématiques auxquelles les professeurs n’étaient pas habitués. « La tâche des professeurs est très exigeante, constate Mme Gagnon-Paré, surtout dans le contexte de la croissance et de la diversification de l’effectif étudiant. Plusieurs professeurs sont peu formés et préparés à encadrer des étudiants : ils vont alors s’appuyer sur leur propre expérience. » Un professeur qui a eu une bonne expérience avec son propre directeur de thèse ou de maîtrise tentera de reproduire la même chose, et ceux avec de moins bonnes expériences testeront plusieurs méthodes.

La principale préconception des professeurs? « Que l’étudiant soit prêt, autonome », affirme M. Bégin. De la même façon que les professeurs supposent souvent qu’un étudiant avec un diplôme d’études collégiales en poche est prêt pour l’université, on croit qu’un étudiant ayant passé par le premier cycle est prêt pour les études supérieures. « La recherche montre que les résultats antérieurs ne sont pas liés à la diplomation aux études supérieures », souligne l’auteur.

Le livre s’adresse aux chercheurs de toutes disciplines, même si l’expérience d’encadrement est quelque peu différente en sciences. « Il existe plusieurs modèles de directeur de recherche; il faut s’approprier ce rôle selon ses propres valeurs », rappelle Mme Gagnon-Paré. L’élément transversal? La bonne communication. « Le meilleur encadreur, c’est celui qui ne tient pas pour acquis que les apprentissages sont faits », insiste M Bégin. Plus que simplement corriger ce que l’étudiant produit, le superviseur doit donc valider, vérifier et poser des questions. Bref, transformer le savoir implicite d’un chercheur en un savoir explicite, et ainsi initier l’étudiant au processus de recherche pour qu’il puisse le reproduire de façon autonome.

« Les nouvelles générations de professeurs sont peut-être un peu plus sensibles à ces problématiques », ajoute-t-il. Cet ouvrage tombe donc à point puisqu’il démontre aux professeurs que certains de leurs collègues ont relevé les mêmes défis et alimente leurs réflexions. « Il y a souvent la perception que l’encadrement aux cycles supérieurs se passe en secret dans le bureau », remarque M. Bégin. Ce dernier mise sur l’approche anecdotique pour permettre aux professeurs de se reconnaître et ainsi briser le mythe à l’effet qu’ils soient seuls.

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