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Matière à réflexion

La vie d’auxiliaire d’enseignement : correction, mentorat, surveillance, alouette!

Le deuxième et dernier volet de notre série sur l’expérience des auxiliaires d’enseignement offre des conseils aux novices et aux plus expérimenté.e.s en quête d’idées.

par KELLY BUCHELL-REYES & SEVAG PILAVDJIAN | 30 NOV 22

Rebienvenue au centre d’aide des auxiliaires d’enseignement, où l’expérience de collègues chevronné.e.s est mise à profit pour analyser des situations particulières. À partir des réponses à une entrevue en ligne, les questions de l’évaluation des travaux, du mentorat auprès d’étudiant.e.s du premier cycle et de la surveillance des examens seront abordées. (Les réponses sont présentées sous forme de foire aux questions pour faciliter la lecture.)

Quelle est la meilleure manière de s’attaquer aux longues tâches comme l’évaluation des travaux?

« Ayez la grille d’évaluation ouverte dans une autre fenêtre pour vous y référer, propose Sophia K., étudiante à la maîtrise et au doctorat en psychologie expérimentale et appliquée à l’Université du Nouveau-Brunswick. L’évaluation par section aide sur le plan de l’uniformité. »

« Ça dépend du travail à évaluer, dit Justin Van Houten, étudiant au doctorat en chimie analytique à l’Université de Toronto. Lors d’examens, je trouve pratique de corriger une question ou une page à la fois, ce qui permet aussi une meilleure uniformité. L’approche fonctionne toutefois moins bien pour la correction de rapports de laboratoire, comme ils sont tous différents. »

J’ai terminé mes corrections et plusieurs étudiant.e.s ne sont pas satisfait.e.s de leur note et demandent une révision. Que faire?

« Je prendrais du temps pour discuter avec ces personnes. Comme ça, j’ai l’occasion de mieux évaluer leur compréhension du travail à faire. Elles peuvent mieux comprendre comment j’ai perçu leur travail, et je vais certainement prendre en considération leurs efforts et réviser leur note », explique Zyrene Estallo, étudiante à la maîtrise en éducation (programme d’études et enseignement) à l’Université du Nouveau-Brunswick.

« Repassez sur votre correction, et si l’enseignant.e et vous trouvez que l’évaluation était juste, expliquez que la note ne sera pas révisée. La priorité, c’est de bien faire votre travail, pas de vous faire des ami.e.s », conseille Jay Pimprikar, étudiant au doctorat en génie électrique et informatique à l’Université Concordia.

Je soupçonne un.e étudiant.e de plagiat. Est-ce que je devrais faire un signalement?

« Je serais transparente et j’aborderais le sujet avec la personne, mais gentiment, sans l’accuser, indique Zyrene. Je lui demanderais d’où lui est venue l’idée et d’en parler avec plus de détails. »

« Il faut être absolument convaincu qu’il y a eu plagiat. Si oui, signalez-le », recommande Jay.

Un.e étudiant.e demande de me rencontrer en dehors de mes heures de disponibilité. Que dois-je faire?

« Définissez clairement vos limites et respectez-les, déclare Sophia K. Si vous constatez que c’est une urgence, un cas d’exception, quelque chose qui peut être réglé rapidement ou si vous êtes disponible, il n’y a aucun problème à être flexible. Mais on doit respecter vos limites. »

« Je demanderais à cette personne de proposer d’autres plages horaires. Je tiens à faire respecter mes limites et la séparation travail-vie personnelle. L’étudiant.e peut aussi m’écrire par courriel pour parler de ses inquiétudes », précise Zyrene.

Je suis auxiliaire d’enseignement ce trimestre, de pair avec une autre personne qui n’y consacre pas autant d’efforts que moi. Comment rétablir l’équilibre entre nos charges de travail?

« Fixez des livrables clairs et égaux pour chaque personne, soutient Jay. Si l’autre ne contribue systématiquement pas à la hauteur attendue, vous pourrez vous adresser à l’enseignant.e en privé. »

La séance de travaux pratiques en laboratoire n’a pas de lien direct avec la théorie du cours; mon groupe est confus et inquiet. Comment devrais-je réagir?

« Vous pourriez peut-être proposer d’autres ressources pour réaliser l’expérience pratique en laboratoire et aborder le sujet avec l’enseignant.e », suggère Chenqi Hu, étudiante au doctorat en foresterie à l’Université du Nouveau-Brunswick.

« Je ferais preuve d’empathie et dirais au groupe que je comprends ses préoccupations. Je demanderais aux étudiant.e.s de prendre un pas de recul par rapport au travail de laboratoire, de cerner les problèmes et de revenir à la matière théorique pour les comprendre », indique Zyrene, qui ajoute qu’elle « collaborerait avec les étudiant.e.s pour atténuer leurs préoccupations ».

Un.e étudiant.e doit venir observer mon travail en laboratoire. Comment l’aider à profiter au maximum du mentorat offert tout en faisant progresser mon projet?

« Encouragez souvent la personne et fournissez ce qu’il faut pour qu’elle puisse réaliser le travail en laboratoire, pas plus, détaille Zyrene. Il est mieux selon moi d’offrir une sélection de ressources choisies, plutôt qu’une abondance d’information qui peut submerger. En gardant ça simple, on ne perd pas de temps et j’ai plus de temps et d’espace mental à consacrer à mon projet. »

« Expliquez ce que vous faites et pourquoi (l’approche importe plus que l’explication détaillée de votre méthode) », recommande Sven, étudiant à la maîtrise en chimie à l’Université de Bonn. La personne doit aussi savoir qu’elle peut « poser des questions sur tout ce que vous faites qui échappe à sa compréhension ».

J’encadre un.e étudiant.e provenant de l’étranger et je sens la barrière de la langue. Comment surmonter cette difficulté?

« Les mains, les gestes sont également très parlants. Essayez de dessiner ce que vous tentez d’expliquer. Ou faites appel à un.e interprète », lance Sven.

« Je m’exprimerais en des termes simples. J’encouragerais la personne à s’exprimer, même si ça lui prend du temps, explique Zyrene. Je ne m’attarderais pas à ses fautes grammaticales quand elle parle ou quand elle écrit, mais plutôt au contenu. Il est plus inclusif selon moi de se concentrer d’abord sur les idées – c’est ce qui compte le plus. On pourra travailler les compétences linguistiques plus tard, ou je suggérerais à la personne de consulter le centre de soutien linguistique de l’établissement après la rédaction de son travail. »

« Faites preuve de patience, et exprimez-vous lentement et clairement », suggère Chenqi.

Comment bien surveiller un examen?

« Je m’assurerais que les personnes qui font l’examen soient à l’aise avant de commencer, et je favoriserais une attitude enthousiaste et confiante en souriant souvent, avance Zyrene. Je les encouragerais et je m’adresserais à elles d’un ton empathique et expressif, en expliquant les directives avant que l’examen débute. Rien de mieux que la cordialité et qu’un “bonne chance” bien senti pour exprimer son soutien. »

« Aidez-les et accommodez toute demande raisonnable, suggère Jay. Avoir constamment le nez au-dessus de leur épaule, c’est énervant. »

Avez-vous d’autres conseils pour les personnes au deuxième cycle qui viennent d’obtenir une charge d’auxiliaire d’enseignement?

« Profitez-en pour apprendre, voyez ce volet comme faisant partie intégrante de vos études et non comme une façon d’arrondir les fins de mois, et communiquez bien avec vos groupes. Si vous êtes au deuxième cycle, il est probable que vous ayez à enseigner un peu à l’avenir. Il s’agit donc d’une excellente occasion d’acquérir de l’expérience. Rappelez-vous que vous aussi, vous avez été encadré.e par un.e auxiliaire d’enseignement, fût un temps. Tâchez de comprendre les étudiant.e.s et prenez vos responsabilités au sérieux », conclut Zyrene.

À PROPOS KELLY BUCHELL-REYES & SEVAG PILAVDJIAN
Kelly Burchell-Reyes est étudiante au doctorat en chimie des composés organofluorés à l’Université Laval. Sevag Pilavdjian est étudiant à la maîtrise en chimie de la synthèse organique à l’Université Concordia.
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