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Universitaire à vie

Se redéfinir une fois à la retraite

L’importance de planifier son mode de vie avant et après son départ à la retraite.

par SUSAN HUTCHINSON | 08 SEP 23

Pour bien des gens, y compris les universitaires, il n’est pas facile de quitter la sphère professionnelle, et pour cause : nous investissons une grande partie de qui nous sommes dans notre activité professionnelle. Des études aux cycles supérieurs aux travaux de recherche, en passant par les charges d’enseignement… l’universitaire consacre une importante partie de sa vie à apprendre et à se perfectionner.

Dans son récent texte pour le compte de la chronique Universitaire à vie, Robert Stebbins, professeur émérite au Département de sociologie et spécialiste des loisirs à l’Université de Calgary a abordé la question de la création d’un mode de vie optimal à la retraite. Il y indique que l’on peut commencer par rédiger un bref curriculum vitae contenant ses principales compétences, puis chercher de nouvelles occasions de les utiliser. Permettez-moi de compléter ses propos. Je suis depuis peu retraitée de l’École de santé et de performance humaine de l’Université Dalhousie, où je faisais également de la recherche et de l’enseignement dans le domaine des loisirs. Je m’intéressais principalement à l’utilité des loisirs pour le bien-être des personnes qui ont un problème de santé chronique ou qui traversent une épreuve difficile. Avant de quitter l’Université Dalhousie, j’ai réalisé deux chantiers liés à la retraite, soit une étude pancanadienne sur la manière dont les gens planifient leur retraite et un programme de planification du mode de vie à la retraite destiné aux employé.e.s de l’Université (plus précisément le personnel et le corps professoral), que j’ai élaboré et mis en œuvre avec des collègues.

D’abord, j’aimerais vous parler de deux conclusions clés de l’étude qui renforcent, du moins pour moi, l’importance de la planification du mode de vie, que ce soit avant ou après la transition vers la retraite. Dans le cadre de mon étude, j’ai demandé aux participant.e.s quels étaient les plus grandes difficultés rencontrées au moment de prendre leur retraite. Les difficultés financières ont été évoquées, mais près de 40 % des 477 commentaires avaient trait à l’usage du temps. Si certaines personnes disaient ne pas savoir comment s’occuper (ennui), d’autres se plaignaient surtout de manquer de temps pour elles (obligations familiales trop prenantes ou présence constante du partenaire). Les deux autres catégories de difficultés se rapportaient à la fin de la vie active : bien des personnes se sentaient isolées socialement et démotivées, inutiles ou inadéquates.

Une autre série de questions invitait les participant.e.s à dresser la liste des types de démarches de planification effectuées et d’évaluer leur degré de préparation et sentiment de satisfaction une fois à la retraite. La planification du mode de vie et la planification financière contribuaient toutes deux à un sentiment de préparation à la retraite, mais, fait intéressant, seule la planification du mode de vie était associée de façon significative à un plus grand état de satisfaction. Bref, une personne qui se sentait bien préparée sur le plan financier n’est pas à l’abri de la déprime, de l’ennui ou de la solitude, d’où l’importance de réfléchir d’avance aux facteurs comme l’usage du temps et les rapports sociaux et de s’interroger sur soi : cohérence avec ses passions, centres d’intérêt, valeurs et priorités, image de soi, regard de l’autre, etc.

Ensuite, ayant enseigné dans le domaine des loisirs, j’ai été ravie de mettre au point un programme de planification du mode de vie à la retraite et des outils de planification et d’autoévaluation, entre autres ressources. Grâce à une petite enveloppe du Service de la santé et du bien-être de l’Université, mes collègues et moi avons pu accompagner des employé.e.s dans leur réflexion et leur planification. Au fil de quatre séances, le programme aide les gens à se sentir mieux préparé.e.s à vivre une retraite qui leur plaira en misant sur la discussion, l’exploration et l’échange d’information.

On peut – et on doit – penser à ses aspirations quand on se prépare à tirer un trait sur sa carrière universitaire et quand on a décidé de faire le saut. Nous pensons beaucoup aux questions financières, mais consacrons-nous assez de temps et d’énergie à la planification de notre vie de retraité.e? Pour planifier son mode de vie, il faut à la fois dresser un bilan et se montrer visionnaire. Il faut aussi investir en soi. Le mois de septembre est souvent associé aux nouveaux départs. Êtes-vous comblé.e par votre vie de retraité.e? Pour y voir plus clair, assistez à un webinaire gratuit organisé le 13 septembre par Mme Hutchinson et Susan Holmes, membre du comité exécutif de l’Association des retraité.e.s de l’Université Dalhousie.

Pour vous inscrire à l’atelier gratuit d’une heure, rendez-vous sur le site Web The Retired You, et cherchez le lien « Introductory Workshop for CURAC Members ».

Susan Hutchinson est une professeure récemment retraitée de l’Université Dalhousie.

COMMENTAIRES
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  1. Nathalie / 31 mai 2024 à 04:56

    Bonjour, j’aurais aimé en savoir plus sur le programme que vous avez mis au point. Vous parlez d’outils de planification d’autoévaluation, de quoi s’agit-il au juste? Vous parlez également de quatre séances, j’imagine qu’elles sont individuelles. Est-ce que ces séances sont construites autour d’un thème à aborder, différent pour chacune d’elle? Avez-vous envisagé du groupe pour la discussion, l’exploration et l’échange d’information?
    J’ai assisté à un webinaire sur la planification financière et du mode de vie en France. Les animatrices étaient des trentenaires. Il est souvent mis en avant que des jeunes parlent au « vieux » de leur problématiques de « vieux » et que cela peut créer un sentiment de ne pas être sur la même longueur d’onde. Vous êtes vous-même dans la catégorie d’âge des personnes qui ont participé à votre programme. Pensez-vous que cela a son importance?
    Je vous remercie de m’avoir lue.
    Nathalie