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À mon avis

Quand écouter la jeunesse rime avec une science qui brille plus fort

En fin de mandat, des membres du premier Conseil jeunesse de la conseillère scientifique en chef du Canada témoignent de leur vision de la science.

par FARAH QAISER, AUDREY LAVENTURE, MADISON RILLING, MAX KING, CHELSIE JOHNSON, NATASHA JAKAC-SINCLAIR, LANDON GETZ, ANDRÉA CARTILE, MARIE-EVE BOULANGER & JUSTINE AMMENDOLIA | 24 AVRIL 23

Le 10 mars 2020, Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada, nous choisissait pour constituer un groupe multidisciplinaire pancanadien de 20 jeunes pour former son premier Conseil jeunesse. Notre mandat était vaste : cerner les principaux défis touchant la communauté scientifique et offrir le point de vue de la jeunesse sur différentes questions.

À la fin de notre mandat de trois ans, nous avons pris un moment pour songer à l’avenir des sciences au Canada et à la jeunesse. Que ce soit en faisant progresser la recherche lors de stages ou en réclamant des changements dans le cadre de travaux postdoctoraux, c’est maintenant la nouvelle génération de scientifiques et de chercheurs et chercheuses qui s’efforce de rendre l’avenir meilleur, et ce, malgré les inégalités persistantes, les difficultés financières conjuguées à un surendettement et l’importants obstacles à l’emploi qui se dressent sur leur parcours.

Si nous voulons former une génération forte et porteuse de changement, il nous faut investir et offrir les moyens d’exploiter le potentiel des jeunes et des scientifiques en début de carrière. Dans notre rapport publié l’automne dernier, nous lancions un appel pour que la science au Canada soit davantage ouverte, inclusive, collaborative, interdisciplinaire et réfléchie. Il s’agit d’une question importante pour l’ensemble de la population, et pas seulement les jeunes. Notre rapport comportait également une série d’appels à l’action. Voici quelques stratégies qui représenteraient à notre avis un pas dans la bonne direction :

Multiplier les voies d’accès

Donnons naissance à la nouvelle génération de scientifiques, de chercheurs et de chercheuses en multipliant les voies d’accès à la science, de sorte que différentes personnes puissent entrer en contact avec la science à différentes étapes de leur vie. Au même titre qu’un fleuve est alimenté par différents cours d’eau, la main-d’œuvre scientifique doit se constituer de personnes de cultures, d’origines et d’expériences diverses, à la manière d’une rivière à multiples chenaux. Cette approche exige de reconnaître le rôle crucial joué par le personnel enseignant à l’école primaire et secondaire, de revoir complètement la manière de financer les études aux cycles supérieurs et au postdoctorat et, plus largement, la science et la recherche.

Un accès universel

Pour générer des possibilités, la science doit pouvoir être explorée par tout le monde. Les femmes sont pourtant toujours sous-représentées à presque tous les échelons, surtout dans les rôles décisionnels. Les personnes noires, autochtones ou de couleur doivent franchir un véritable parcours parsemé d’obstacles, tandis que les personnes LGBTQ2+ subissent un taux élevé d’exclusion sociale en science.

Élargir l’« excellence »

Il existe certaines initiatives visant à changer la culture, mais nous pouvons aller plus loin. Allons au-delà des indicateurs de base, comme les publications scientifiques, et élargissons notre définition de l’« excellence ». Par exemple, pourquoi ne pas accorder plus de poids à l’enseignement et à l’implication communautaire quand vient le moment d’accorder des subventions et de décider d’une embauche ou d’une promotion? Il faut aussi viser plus qu’une représentation de façade et s’assurer que les populations historiquement exclues ont leur place (et reçoivent le soutien approprié) au sein des établissements pour opérer les changements nécessaires et réellement donner la chance à chacun.e de s’épanouir en sciences.

Rendre les résultats accessibles

Notre rapport abordait également le rôle de la science dans la société au sens large. Sachant qu’une activité de recherche ne se termine qu’à la publication des résultats, la science demeure trop souvent peu accessible, verrouillée par un accès payant ou difficile à comprendre en raison du jargon utilisé. On nous enseigne à adopter une pensée critique et à effectuer des travaux sur le terrain, mais la formation en recherche doit aussi aborder la manière de diffuser ses résultats auprès d’un vaste public, de monsieur et madame Tout-le-Monde à la classe politique. Nous devons aussi continuer de favoriser une relation bidirectionnelle entre la science et la société : il faut que la science se démocratise par des célébrations comme la Journée internationale des femmes et des filles de science.

Ces actions sous-tendent une vision ambitieuse que porte notre Conseil jeunesse. Si tout cela a été possible, c’est uniquement parce que Mme Nemer a créé une structure faisant intervenir significativement la nouvelle génération dans les conseils scientifiques. Nous mettons au défi les décisionnaires de faire de même.

Une deuxième mouture du Conseil jeunesse sera bientôt annoncée, mais nous n’avons pas le loisir d’attendre : l’avenir des sciences repose collectivement sur nos épaules. L’avenir peut être radieux, mais seulement si nous consentons à travailler ensemble, et à écouter véritablement la prochaine génération de scientifiques.

Les auteurs et autrices sont membres du premier Conseil jeunesse de la conseillère scientifique en chef du Canada. Le texte original a été publié sur le blogue de l’Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique de l’Université d’Ottawa et a été reproduit avec la permission des auteurs et autrices.

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