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Une francophonie boréale … et dynamique

On ne connaît presque rien d’eux. On n’en entend jamais parler. Les francophones du Nord du Canada font l’objet de très peu d’études, contrairement à ceux qui vivent ailleurs au Canada, en Ontario ou au Manitoba, par exemple.

par BINH AN VU VAN | 22 OCT 10

C’est pour cette raison que Anne Robineau, chercheuse à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques et Christophe Traisnel, professeur de science politique à l’Université de Moncton ont accepté d’aller à leur rencontre il y a trois ans afin de les étudier pour le compte du Ministère du Patrimoine canadien et du Commissariat aux langues officielles. Au terme de leur enquête, ils publient un portrait détaillé de ces communautés méconnues, intitulé La vitalité des communautés francophones dans les territoires (PDF).

Pour y arriver, ils ont parcouru de long en large les trois territoires du Canada : le Yukon, les Territoires du Nord-ouest et le Nunavut. Ils ont interviewé une centaine de personnes, visité les musées d’art et d’histoire francophone, observé les affichages, recensé les services offerts, etc. « Les associations francophones locales désiraient connaître les facteurs qui favorisent la vitalité de ces communautés et ceux qui l’entravent, explique M. Tresnel. Ils pourront appuyer leurs démarches sur ces données pour obtenir des écoles, des services de santé, et d’autres ressources en français. »

Dans les territoires, les chercheurs ont découvert une population qui parle en grande majorité l’anglais ou une langue autochtone. En outre, 80 pour cent des francophones installés dans les territoires n’y sont pas nés; ils viennent y travailler, ou y vivre une expérience exotique, mais repartent après quelques années.

« Tout le monde est un immigrant – ou du moins un migrant », car tout le monde vient d’ailleurs, explique Mme Robineau. « Il faut donc sans cesse former de nouvelles personnes et rebâtir les relations. Mais c’est aussi positif, parce que ce roulement apporte du sang neuf, de la solidarité et de l’énergie. » Les communautés francophones sont petites, et éparses. Difficile donc d’offrir des services à tous en français.

La chercheuse conclut ainsi : « Ces communautés sont très dynamiques et de plus en plus organisées. Malgré leur petite taille, elles réussissent, par leur revendication, à obtenir un certain nombre de services. Les francophones hésitent de moins en moins à venir y installer leur famille. »

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