En Nouvelle-Écosse, le budget laisse planer l’incertitude sur les universités
Le gouvernement annonce une augmentation de 2 %, mais les ententes bilatérales en établiront les paramètres.
Le ministre des Finances de la Nouvelle-Écosse, John Lohr, a annoncé une augmentation de 2 % des subventions d’exploitation pour les universités de la province dans le budget 2026-2027 du gouvernement conservateur, déposé le 23 février.
Toutefois, l’incertitude demeure quant à savoir si toutes les universités recevront cette augmentation, en raison des ententes de financement bilatérales signées l’an dernier qui permettent à la province de retenir le financement si les universités ne respectent pas les exigences fixées par le gouvernement, comme l’harmonisation des programmes avec les besoins du marché, l’inscription à des programmes de santé et l’augmentation du nombre de logements étudiants.
« Loin de rendre nos universités plus résilientes, les ententes de financement appuyées par ce budget risquent d’éroder le solide réseau universitaire que nous avons bâti en Nouvelle-Écosse », a écrit Matthew Reichertz, président de l’Association des professeures et professeurs d’université de la Nouvelle-Écosse, dans un communiqué de presse. « Une véritable résilience suppose un financement stable et prévisible et le respect de l’autonomie institutionnelle, et non l’élargissement du contrôle ministériel. »
Un porte-parole de Peter Halpin, directeur général de l’Association des universités de l’Atlantique, a déclaré que l’association était en consultation avec ses membres au sujet des réductions de financement qui ne sont pas précisées dans le document budgétaire.
La majorité des universités de la Nouvelle-Écosse affichent un déficit pour 2025-2026.
Dans le cadre du budget, qui prévoit d’importantes compressions dans la fonction publique pour corriger un déficit de 1,9 milliard de dollars, la province accordera 460,8 millions de dollars aux universités en 2026-2027. Le budget comprend également des subventions ciblées pour le logement étudiant et les programmes en santé et en éducation.
Un montant supplémentaire de 6,7 millions de dollars est aussi prévu pour l’aide financière et l’accès à l’éducation des personnes étudiantes en situation de handicap.
Le Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse (NSCC), qui est devenu l’an dernier un établissement universitaire conférant des grades, recevra 30,8 millions de dollars pour des projets de logement étudiant aux campus de Cumberland et de Kingstec.
« Ce budget reflète un choix clair : la discipline sans recul, a déclaré le ministre Lohr dans son discours budgétaire. Tout est protégé : les soins de santé, l’éducation, le logement, les services publics essentiels. »
Cependant, Paul Wozney, porte-parole de l’opposition néo-démocrate en matière d’enseignement supérieur, a déclaré à Affaires universitaires dans un message écrit que les universités n’obtiennent pas le soutien dont elles ont besoin, et que la population étudiante et le personnel en paient le prix.
« L’an dernier, le gouvernement [du premier ministre Tim] Houston a créé de l’incertitude en se donnant le pouvoir d’intervenir dans la recherche et de retenir le financement des universités qui ne suivent pas son programme », a-t-il écrit.
Subventions ciblées pour la formation médicale, l’énergie et la recherche en matière de défense
Intitulé Defending Nova Scotia (Défendre la Nouvelle-Écosse), le budget prévoit 7,7 millions de dollars pour former des étudiantes et étudiants en médecine dans toute la province et 7,6 millions de dollars supplémentaires pour offrir des soins de santé primaires et créer des stages cliniques locaux pour les étudiantes et étudiants en médecine sur le campus de l’Université Cape Breton.
Un montant supplémentaire de 570 000 $ servira à financer des places en résidence pour les étudiantes et étudiants en médecine qui participent à un programme pilote de formation pour les médecins de famille en milieu rural.
Le budget s’harmonise étroitement avec les priorités fédérales en matière de ressources naturelles, d’énergie, de diversification des marchés et de défense.
Dans le cadre des efforts visant à relancer l’industrie du gaz naturel terrestre en Nouvelle-Écosse, la province investit également 25 millions de dollars – portant le financement total à 30 millions de dollars – dans un programme de recherche et de développement sur l’énergie souterraine avec l’Université Dalhousie.
Dans le discours budgétaire, le ministre Lohr a souligné que la province dépend actuellement des importations de gaz naturel en provenance des États-Unis.
« Lorsque nous comptons sur les autres pour nous approvisionner en gaz naturel, nous acceptons d’exporter ailleurs des emplois liés aux ressources, tout en faisant grimper le coût du carburant nécessaire pour répondre à nos besoins en électricité », a-t-il déclaré. « C’est pourquoi nous avons annoncé un partenariat de recherche avec l’Université Dalhousie. Ce partenariat nous aidera à mieux cerner le potentiel en gaz naturel et à comprendre comment accéder à cette ressource de manière prudente, sécuritaire et responsable. »
Un montant supplémentaire de 2,2 millions de dollars appuiera la recherche sur l’énergie éolienne en mer.
Le gouvernement stipule, dans le document budgétaire, que la Nouvelle-Écosse est un chef de file en matière de défense grâce à des personnes diplômées compétentes qui mettent au point des « technologies de défense de prochaine génération pour les Forces armées canadiennes ». La province met l’accent sur les établissements postsecondaires qui offrent des programmes spécialisés, notamment le programme de systèmes mondiaux de détresse et de sécurité en mer et le programme d’aide de tracé radar automatique du NSCC.
En 2026-2027, la province indique qu’elle mettra l’accent sur le renforcement de la main-d’œuvre requise pour les navires militaires, l’équipement et la chaîne d’approvisionnement de la défense.
D’autres initiatives de recherche et développement sont prévues, dont un investissement de 8 millions de dollars pour le développement de nouvelles valorisations et de nouveaux marchés liés aux matériaux forestiers de faible qualité, et un autre de 1,5 million de dollars pour l’établissement d’un centre d’innovation dans le secteur des fruits de mer. La province a octroyé 1 million de dollars de plus pour accroître la disponibilité des aliments locaux dans les établissements publics de la province.
Les ententes bilatérales sèment l’incertitude quant au déploiement du financement
L’an dernier, la province s’est retrouvée en pleine controverse lorsqu’elle a adopté le projet de loi 12, la Loi concernant l’enseignement supérieur et la recherche. La loi confère à la province des pouvoirs élargis sur le secteur de l’enseignement postsecondaire, ce que les critiques considèrent comme une ingérence dans l’autonomie des universités, y compris le pouvoir de nommer jusqu’à 50 % des membres des conseils d’administration des universités et de déterminer les priorités de recherche de la Société de recherche de la Nouvelle-Écosse, un organisme indépendant sans but lucratif qui administre le financement de la recherche.
En avril 2025, chacune des dix universités de la province a signé des ententes bilatérales de deux ans avec cette dernière conformément au projet de loi 12. En plus des mesures d’harmonisation avec les priorités du gouvernement en matière d’éducation, les ententes ont gelé les frais de scolarité des étudiantes et étudiants de premier cycle de la Nouvelle-Écosse.
M. Reichertz a déclaré que les membres du corps professoral comprennent leur responsabilité envers les étudiantes et étudiants et les contribuables, mais que le dépôt du projet de loi et les ententes de financement bilatérales « n’aident pas le secteur de l’éducation postsecondaire à renforcer sa résilience ».
Dans une déclaration à Affaires universitaires, le ministère de l’Enseignement supérieur a déclaré qu’il « reconnaît les défis financiers » que doivent surmonter les universités et que les ententes bilatérales assurent une prévisibilité pour les établissements, « tout en assurant la responsabilisation et l’harmonisation avec les besoins du marché du travail et les priorités en matière de logement étudiant ».
Postes vedettes
- Directrice ou directeur de la Division d’urologieUniversité McGill
- Management - Professeure ou professeurUniversité du Québec à Rimouski
- Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique de l’Université McGill et Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique du Centre universitaire de santé McGillUniversité McGill
- Chaires de recherche Impact+ Canada en la guerre de l’information et la gouvernance stratégique du numériqueUniversité du Québec à Trois-Rivières
- Musique - Professeure adjointe ou professeur adjoint (interprétation classique, spécialité instrument d’orchestre de la famille des cuivres)Université McGill
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