Les robots d’intelligence artificielle perpétuent les stéréotypes de beauté

Une étude de l’Université de Toronto révèle que les plateformes d’IA produisent des images idéalisées d’hommes et de femmes.

17 février 2026
Images générées par IA à partir des mots-clés « femme » et « homme ». (Images générées par IA, avec l’aimable autorisation de Delaney Elise Thibodeau)

Des systèmes commerciaux d’intelligence artificielle (IA) produisent des images excessivement idéalisées à partir de requêtes en apparence neutres comme « image de femme ». 

Une étude menée par Delaney Thibodeau, de l’Université de Toronto, a demandé à trois plateformes d’IA de créer 120 images selon les commandes « portrait en pied d’une femme » et « portrait en pied d’un homme ». On a alors constaté que l’IA produisait majoritairement des images de personnes jeunes, blanches et, dans le cas des femmes, minces. Les systèmes n’ont généré aucune image de femme de plus de 40 ans, d’homme chauve ou de personne ayant un handicap physique. Plus de 90 % des images montraient une chevelure soignée et brillante, une peau sans imperfection et un visage symétrique. 

Puisque les systèmes d’IA créent des images à partir des milliards de photos qu’on trouve sur Internet, on pourrait pourtant s’attendre à ce qu’une commande neutre produise des images représentant une grande diversité d’ethnies, d’âges, de morphologies et de visages.  

Or, Mme Thibodeau, chercheuse postdoctorale à la Faculté de kinésiologie et d’éducation physique, rapporte que les systèmes d’IA absorbent les tendances populaires chez les utilisatrices et utilisateurs et sur le Web avant de les recracher. Plus le contenu en ligne est généré par l’IA, plus le cercle vicieux se resserre autour de standards de beauté irréalistes.  

« Quand l’IA nous présente un type de corps, on le voit ensuite sur les médias sociaux et en ligne. Ça devient la norme. C’est ce qu’on présente ensuite dans les médias. À son tour, l’IA nous ressert le tout. Cela va vraiment restreindre la perception de ce que les gens considèrent comme attrayant et acceptable. », observe-t-elle. 

« Je crois qu’on voit beaucoup plus de produits de l’IA qu’on ne le croit. Il y a là-dedans beaucoup d’irréel, ce qui a des effets sur la santé mentale ». 

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