Enseignons la santé mentale à la relève en recherche
Pourquoi j’ai cofondé un OBNL pour la relève en recherche.
J’ai passé plusieurs années à étudier la santé mentale des personnes étudiantes aux cycles supérieurs. J’ai documenté les symptômes anxieux, dépressifs et de stress chronique, mais aussi les formes de bien-être émotionnel, psychologique et social de la relève en recherche, afin de comprendre ce qui fragilise ou soutient celles et ceux qui s’engagent dans un parcours de recherche en enseignement supérieur.
Dix ans à entendre les mêmes phrases revenir : « je ne sais pas comment planifier ou organiser toutes ces tâches », « j’en ai encore trop pris cette session », « je me sens coupable à l’idée de relaxer », « je ne sais plus ce qui compte vraiment », « je n’ose pas demander de clarification à ma direction de recherche » … Ces propos ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un manque d’informations et de repères professionnels sur comment bien fonctionner dans un milieu scientifique si exigeant, où les demandes dépassent largement les ressources au travail. La communauté scientifique et les universités reconnaissent l’ampleur des problèmes de santé mentale chez la relève en recherche, qui touchent une personne sur deux, comme en témoignent les rapports, enquêtes et travaux accumulés au fil des années.
Au terme de mon doctorat, j’ai porté ce message auprès de certaines universités, du ministère de l’Enseignement supérieur et de décisionnaires susceptibles de faire évoluer la situation. Toutes les personnes rencontrées se sont montrées intéressées à collaborer, mais une évidence s’est imposée : les programmes universitaires de cycles supérieurs en recherche sont des chasses gardées qui priorisent l’enseignement de savoirs et de compétences disciplinaires. Les compétences transversales, elles, sont encore largement perçues comme devant s’acquérir avec l’expérience et le temps, en plus d’être réputées difficiles à enseigner et à évaluer. Quelques universités sont dotées, ou sont en voie de se doter, d’un bureau ou d’un centre qui offre des formations aux compétences transversales aux personnes étudiantes de cycles supérieurs. Mais pour le reste, si personne n’est chargée de rendre explicites ces compétences, comment espérer un changement de culture?
C’est pourquoi, en attendant les transformations institutionnelles, nécessairement lentes, une collègue et moi avons décidé d’agir en cofondant un organisme à but non lucratif, nommé Les académiques. La mission : développer et diffuser des dispositifs d’information et de formation sur les compétences transversales de la relève en recherche, afin de favoriser un parcours académique porteur de sens et de bien-être. À partir des sciences de l’apprentissage et de la psychologie organisationnelle, il est question d’enseigner des pratiques concrètes pour bien travailler et être bien dans son travail en recherche.
Notre initiative ne décharge pas les universités de leurs responsabilités, au contraire, nous devons maintenir nos collaborations. La santé mentale de la relève ne s’améliorera pas sans une offre de formation, de qualité et largement accessible, aux compétences transversales nécessaires à la professionnalisation en recherche, ce qui inclut la santé mentale au travail. Ensemble, continuons de favoriser ce changement de culture en multipliant et en soutenant les ressources permettant à la relève d’apprendre, de comprendre et de commencer à exercer la recherche en s’y épanouissant.
Postes vedettes
- Biochimie, chimie, physique et science forensique - Professeure régulière ou professeur régulier (traces numériques)Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
- Médecine - Professeure adjointe ou professeur adjoint (sciences pharmaceutiques)Université d'Ottawa
- Chaire de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski
- Sociologie - Professeure adjointe ou professeur adjointUniversité Laurentienne
- Direction, Service des ressources humainesUniversité Saint-Paul
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