Le Canada veut accélérer la commercialisation de la recherche universitaire
Talent Innovation Canada reçoit le financement annoncé pour le jumelage entre entreprises et étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs pour le développement de nouvelles technologies.
Parmi les pays du G7, le Canada arrive bon dernier en ce qui a trait au développement rapide de technologies et à leur mise en marché, et « est bien en bas du classement au sein de l’OCDE en ce qui concerne la promotion de la recherche-développement industrielle », selon Arvind Gupta, président-directeur général de Talent Innovation Canada (TICAN).
Le vent pourrait toutefois bientôt tourner. TICAN, un organisme à but non lucratif qui fait le pont entre les entreprises et les étudiantes et étudiants de cycles supérieurs et au postdoctorat, a récemment reçu une enveloppe de 29,2 millions de dollars sur trois ans, le gouvernement fédéral concrétisant l’engagement cité dans son Énoncé économique de l’automne de 2024.
M. Gupta, professeur d’informatique à l’Université de Toronto et ancien recteur de l’Université de la Colombie-Britannique, a confié à Affaires universitaires qu’il s’attend à ce que l’investissement du fédéral soutienne quelque 300 projets dans des universités de partout au Canada. La majorité de ceux-ci démarrent tout juste, la distribution des sommes s’étant amorcée à l’exercice 2025-2026.
« On sait que l’on doit accélérer le développement des technologies de pointe et s’améliorer sur le plan de leur commercialisation ailleurs dans le monde », admet le professeur.
« En toute transparence, la mise en marché de nos découvertes n’est pas notre force dans le milieu, et c’est ce qui a motivé l’initiative. »
En cette première année du cycle de trois ans, TICAN a commencé à intégrer des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et au postdoctorat au sein d’entreprises, ce qui leur permettra d’élaborer de nouvelles technologies et de réaliser des travaux de recherche sur le terrain dans le cadre de leur thèse.
« Lorsque l’étudiante ou l’étudiant est intégré à l’entreprise, on assure la cohérence avec les besoins de celle-ci et, comme la personne travaille sur les lieux, l’entreprise sait exactement sur quoi l’étudiante ou l’étudiant travaille, ce qui ultimement accélère le cycle de commercialisation, explique M. Gupta. C’est un modèle d’inspiration très européenne. »
Une collaboration basée sur le modèle européen
En Allemagne, par exemple, des dizaines d’instituts du réseau Fraunhofer associent des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs à des entreprises qui développent des technologies.
En France, les écoles de génie se coordonnent de près avec l’industrie et mettent en place des partenariats de recherche appliquée avec des entreprises dans le cadre de stages d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs reconnus dans leur programme d’études. Au Royaume-Uni, les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs peuvent choisir un parcours de doctorat industriel, c’est-à-dire que leur temps est réparti entre l’université et un partenaire de l’industrie où l’étudiante ou l’étudiant réalise un projet de recherche appliquée.
Bien que la Defense Advanced Research Projects Agency du département de la Défense des États-Unis s’associe à des universités pour élaborer des technologies, « en Amérique du Nord, on a généralement été frileux quant à ce type d’intégration entre diplôme de cycle supérieur et problèmes de l’industrie », raconte le professeur Gupta, qui est titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université de Toronto.
Il explique que les entreprises, par l’intermédiaire des projets de TICAN, offriront aux étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et au postdoctorat un contexte de recherche leur permettant de réaliser un projet « qui répond directement aux besoins technologiques de l’entreprise ».
« L’entreprise a tout intérêt à embaucher la personne après l’obtention de son diplôme, et la personne se retrouve donc bien intégrée au processus de commercialisation », indique M. Gupta, qui a été président-directeur général et directeur scientifique de Mitacs Canada, un organisme à but non lucratif pancanadien qui collabore avec le gouvernement et l’industrie pour financer la recherche étudiante.
Des projets en environnement, en sciences de la vie et en technologie de pointe
Les projets TICAN s’inscrivent dans quatre grandes sphères :
- La mobilité (ce qui a trait au transport : automobiles, avions, trains, etc.);
- La croissance propre (pour des améliorations du secteur industriel sur le plan de la durabilité et de l’environnement);
- Les sciences biologiques;
- La microélectronique et les technologies de l’information et des communications.
Robert Avram mène l’un des projets en sciences biologiques au HeartWise AI Lab de l’Institut de cardiologie de Montréal.
Grâce au projet, auquel participe une personne étudiant à la maîtrise en génie de l’Université de Toronto, on pourra utiliser l’intelligence artificielle pour interpréter des électrocardiogrammes (ECG) à partir d’images – sans avoir besoin des ondes brutes émises pendant l’enregistrement –, ce qui rendra accessibles des millions d’ECG qui ne peuvent pas être interprétés actuellement. Des biomarqueurs numériques seront ensuite extraits des images pour aider à évaluer la santé cardiaque d’un individu donné.
« On veut élaborer un modèle qui se base sur une photo d’ECG pour le diagnostic et la prédiction de maladies ou de crises cardiaques », explique le Dr Avram, qui est professeur de cardiologie à l’Université de Montréal.
Le spécialiste estime qu’il faudra de deux à trois ans avant que l’outil développé grâce au projet puisse être utilisé en contexte clinique, après son évaluation par Santé Canada.
Postes vedettes
- Chaire de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski
- Ergothérapie - Professeure régulière ou professeur régulier (pratiques professionnelles et systèmes de santé en transformation)Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
- Comptabilité financière - Profeseure adjointe / agrégée ou profeseure adjoint / agrégéUniversité d'Ottawa
- Unité de recherche préclinique en neurosciences - Assistant de recherche 2, durée d'un anUniversité McGill
- Sociologie - Professeure adjointe ou professeur adjointUniversité Laurentienne
Laisser un commentaire
Affaires universitaires fait la modération de tous les commentaires en appliquant les principes suivants. Lorsqu’ils sont approuvés, les commentaires sont généralement publiés dans un délai d’un jour ouvrable. Les commentaires particulièrement instructifs pourraient être publiés également dans une édition papier ou ailleurs.