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L’Université Laval planche actuellement sur un projet pilote de sous-titrage automatisé de ses cours à distance. À la base, son objectif était de faciliter leur compréhension par sa population étudiante sourde et malentendante. Mais il s’avère que d’autres étudiantes et étudiants y trouvent aussi leur compte. 

Véronique Arcouette a effectué un retour aux études dans la quarantaine. Celle qui vit avec une déficience auditive depuis la naissance a connu un parcours scolaire laborieux. En classe, c’était difficile, parfois impossible, pour elle de bien comprendre la personne enseignante à cause des bruits ambiants. Elle perdait rapidement le fil des leçons et prenait du retard sur les autres. 

Ce qui l’a motivée à entreprendre son premier baccalauréat en 2023 ? La possibilité de suivre ses cours à distance. « Je pouvais enfin réaliser mon rêve d’être étudiante », confie-t-elle. 

Pendant la pandémie, l’Université Laval a été forcée, comme les autres universités, d’offrir tous ses cours à distance. Un besoin de sous-titrage a rapidement été exprimé par la communauté étudiante sourde, mais aussi malentendante. « Lors de la présentation d’un PowerPoint ou d’une capsule, par exemple, l’appareil auditif n’est pas toujours assez performant pour que la personne comprenne ce qui se dit et elle ne peut pas lire sur les lèvres », précise Anne-Louise Fournier, coordonnatrice du secteur des étudiants en situation de handicap au Centre d’aide à la communauté étudiante (CACE). Certains cours ont alors commencé à être transcrits par des interprètes. 

Pour Mme Arcouette, le changement est majeur. Elle ne perd plus d’énergie à tenter de deviner ce qui se dit et évite des situations inconfortables, comme devoir écrire à un professeur pour vérifier sa compréhension. « Sans ce service, je n’aurais probablement pas aussi bien réussi académiquement », résume-t-elle. 

Au fil du temps, le CACE a constaté que le sous-titrage ne bénéficiait pas seulement aux personnes sourdes ou malentendantes. Les personnes étudiantes dont le français n’est pas la langue première, celles qui étudient dans un environnement bruyant ou qui ont un style d’apprentissage plus visuel en profitaient aussi. 

Avec le Service de soutien à l’enseignement, le CACE a donc envisagé d’étendre le sous-titrage à l’ensemble des cours à distance. L’automatisation s’est imposée, mais les outils disponibles comportaient trop d’erreurs. Depuis deux ans, différents logiciels sont testés dans le cadre d’un projet pilote financé par l’université. Si les résultats sont concluants, un outil pourrait être offert graduellement dans toutes les facultés à partir de l’an prochain. 

Diplômée d’un baccalauréat multidisciplinaire, Mme Arcouette entamera une maîtrise en management. « Et je ferai peut-être un doctorat par la suite? », lance-t-elle, sans voir désormais de barrières à son apprentissage.  

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