La voie vers une carrière épanouie après le doctorat
Des données et des conseils de postdoctorantes et postdoctorants pour vous aider à trouver votre voie.
Après des années passées à alimenter son savoir, à développer sa pensée critique et à défendre ses travaux devant un comité expert, on conclut son doctorat subitement, par un bout de papier cher payé. Que faire, après? La préparation des titulaires de doctorat est-elle vraiment suffisante pour ce qui les attend?
L’automne dernier, l’Association canadienne des postdoctorantes et postdoctorants (ACPP) a présenté à son assemblée générale annuelle les résultats de sa cinquième Enquête nationale, basée sur des données de 2024. L’Enquête souligne quelques préoccupations importantes en matière d’emploi révélées par les réponses des postdoctorantes et postdoctorants actuels et passés.
Dans cet article, vous découvrirez des données de l’Enquête nationale accompagnées de conseils d’anciennes et d’anciens postdoctorants ainsi que de conseillères et conseillers d’orientation ayant participé à la Semaine d’appréciation des postdocs 2025 de l’ACPP. L’objectif : offrir aux étudiantes et étudiants en fin d’études aux cycles supérieurs ainsi qu’aux postdoctorantes et postdoctorants une idée des besoins propres au début de carrière et des moyens d’y répondre.
Une grande question de réseautage
En 2024, les emplois les plus répandus chez les anciennes et anciens postdoctorants étaient ceux d’attachée ou attaché de recherches ou de membre du personnel de recherche (30 %), et ceux de la fonction publique (20 %). Seuls 15 % des emplois occupés étaient des postes menant à la permanence, ce qui indique que les personnes ayant obtenu leur doctorat récemment ne suivent pas le traditionnel parcours de la carrière en milieu universitaire. Il y a donc lieu de se demander si les établissements forment leurs cohortes aux compétences professionnelles nécessaires pour décrocher ces postes de début de carrière.
Les données révèlent que les anciennes et anciens postdoctorants avaient reçu des formations sur le développement de carrière (25 %) et l’éthique de la recherche (22 %), mais que le réseautage (14 %) est en baisse en 2024 par rapport à 2020 (25 %). Pourtant, 26 % des personnes répondantes mentionnent le réseautage comme champ de formation parmi leurs intérêts.
Les intervenantes et intervenants de la Semaine d’appréciation des postdocs ont fourni des conseils pratiques sur le sujet, qui pourraient se résumer à : « sortez de votre bulle ». Ces spécialistes recommandent notamment d’organiser des symposiums et des conférences (et non de se contenter d’y assister) et de tirer parti de sites de réseautage professionnel comme LinkedIn. Il faut comprendre que, contrairement à ce que qui est véhiculé dans les conseils de carrière traditionnels, les employeurs dénichent leurs recrues sur les médias sociaux. Pour améliorer votre visibilité, multipliez les occasions dès le début de votre parcours aux études supérieures et au postdoctorat, tout en communiquant avec des employeurs potentiels afin de bien cerner leurs besoins. Plusieurs panélistes décrivent en effet le réseautage moins comme une affaire de recherche d’emploi, et davantage comme une occasion de « répondre à un manque » chez un employeur potentiel.
Il est tout aussi important d’instaurer des habitudes de soutien mutuel avec votre équipe de recherche, notamment par le partage de dossiers de candidature, de demandes de subvention et d’expériences vécues en entrevue afin d’obtenir des commentaires constructifs. On perçoit souvent le réseautage comme un travail de reconnaissance stratégique en vue de trouver un emploi, mais bon nombre des panélistes ont expliqué qu’il est plus utile de le voir comme un processus intuitif marqué par la réciprocité, la critique constructive, le soutien empathique et, occasionnellement, la commisération. Vos collègues, votre directrice ou directeur de recherche et vos employeurs potentiels, notamment, devraient être vus comme des alliés, et non comme un moyen d’arriver à vos fins.
Enfin, que vous soyez aux études supérieures ou au postdoctorat, les panélistes ont indiqué que vous avez beaucoup à gagner à vous impliquer dans des travaux intersectoriels et à entretenir des relations de soutien basées sur la confiance.
Un manque de préparation aux postes hors du milieu universitaire
Près de la moitié des postdoctorantes et postdoctorants actuels (49 %) et passés (46 %) affirment que leur expérience au postdoctorat ne les a pas suffisamment préparés à une carrière en dehors du milieu universitaire, ce qui fait écho à ce qu’on entend souvent des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs. Sur ce point, les panélistes de la Semaine d’appréciation des postdocs ont présenté des recommandations et des notions importantes, notamment de mettre à profit le temps et les ressources à votre disposition dans votre poste pour développer des compétences informatiques, administratives et financières.
Le milieu de la recherche universitaire est bien différent de celui de la fonction publique, du secteur privé ou des organismes à but non lucratif. Il vaut donc la peine d’apprendre à composer avec les normes et les façons d’aborder les tâches propres aux autres secteurs – de l’étiquette à respecter en milieu de travail à l’interaction avec différents types de personnalités. Dans un atelier de la Semaine d’appréciation des postdocs, on a notamment suggéré de mettre en mots votre valeur comme collègue, et non comme employée ou employé. Vous impliquez-vous? Êtes-vous fiable? Encouragez-vous les autres? L’employeur pourrait évaluer tout autant votre personnalité que vos compétences.
Une préparation suffisante?
Sommes-nous vraiment prêtes et prêts à passer à l’après-doctorat? Nous avons de solides compétences en recherche et une panoplie de compétences, mais souvent, c’est facile d’avoir l’impression d’être incapable de mettre le tout à profit pour avancer vers la prochaine étape de sa carrière. Un conseil personnel, si vous avez récemment obtenu votre doctorat : voyez le développement de carrière comme une avancée collective, et la promotion des intérêts professionnels comme un appui mutuel aux échelles collégiales, organisationnelles et nationales. En recadrant la vision de votre potentiel dans l’optique de la collaboration et d’une solidarité avec les autres personnes aux études supérieures ou au postdoctorat, vous verrez le parcours vers l’emploi comme une démarche valorisante.
Postes vedettes
- Directrice ou directeur de la Division d’urologieUniversité McGill
- Chaires de recherche Impact+ Canada en la guerre de l’information et la gouvernance stratégique du numériqueUniversité du Québec à Trois-Rivières
- Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique de l’Université McGill et Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique du Centre universitaire de santé McGillUniversité McGill
- Musique - Professeure adjointe ou professeur adjoint (interprétation classique, spécialité instrument d’orchestre de la famille des cuivres)Université McGill
- Management - Professeure ou professeurUniversité du Québec à Rimouski
Laisser un commentaire
Affaires universitaires fait la modération de tous les commentaires en appliquant les principes suivants. Lorsqu’ils sont approuvés, les commentaires sont généralement publiés dans un délai d’un jour ouvrable. Les commentaires particulièrement instructifs pourraient être publiés également dans une édition papier ou ailleurs.