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ACTUALITÉS

La recherche au service des gens

Saluée par ses pairs lors du gala de l’Acfas, la professeure Louise Potvin explique comment sa recherche en promotion de la santé est socialement engagée.

par PASCALE CASTONGUAY | 16 NOV 17

Reconnue pour l’impact de ses travaux de recherche en promotion de la santé, la professeure de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Louise Potvin, est l’une des 14 chercheurs récompensés lors du 73e gala de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) qui a eu lieu à Montréal le 8 novembre dernier.

Partageant l’interprétation de l’animateur de la soirée, Yanick Villedieu, qui a défini la soirée de gala comme étant une « précieuse reconnaissance par les pairs », Mme Potvin va un peu plus loin en affirmant que pour elle, recevoir le Prix Acfas Pierre-Dansereau « représente la reconnaissance que la recherche est utile dans la société ».

Soulignant l’excellence, le rayonnement des travaux et les actions d’un chercheur qui ont contribué à améliorer la qualité de la vie en société, le Prix Acfas Pierre-Dansereau récompense l’engagement social. Bien que le prix soit remis à un chercheur, Mme Potvin s’empresse de rediriger le projecteur vers sa recherche. « Je ne me considère pas comme une chercheuse socialement engagée, je ne suis pas une activiste. Je conduis une recherche socialement engagée. Ce qui est très différent. »

Yanick Villedieu et Louise Potvin. Photo de Hombeline Dumas/ACFAS.

Estimée pour sa contribution en matière de promotion de la santé depuis une trentaine d’année, c’est une coïncidence qui l’a menée à choisir ce secteur d’activités. Celle qui se dirigeait vers la psychologie sociale a eu ses premiers contacts avec le domaine de la santé dans le cadre d’un emploi étudiant. « Ce qui m’a intéressée en promotion de la santé, c’est que ce sont des projets de recherche orientés vers des solutions. Ce n’est pas pour documenter des problèmes, mais pour voir comment on peut travailler en mode solution sur des problèmes qu’on ne cherche pas à simplifier, mais plutôt dont on cherche à appréhender toute la complexité. »

« L’une des grandes découvertes des 30 dernières années, c’est que la santé, ça se produit dans la vie de tous les jours », souligne la chercheuse lors de la réception de son prix.

Considérée comme une championne de l’interdisciplinarité, Mme Potvin ne cache pas le rôle que jouent les divers points de vue dans ses recherches. « Le point de vue d’un chercheur, peu importe sa discipline, c’est un point de vue, le citoyen va nous apporter un rapport d’expérience qu’il faut mettre en relation avec l’observation scientifique et le décideur de politiques publiques va lui aussi avoir un autre point de vue. »

« Ce que j’essaie de faire, c’est d’observer ce que mes partenaires font, comment ils le font, ce que ça produit et essayer de le mettre dans des mots qui les lient à une réalité juste un peu plus grande que celle dans laquelle ils sont ce qui leur permet de mieux réfléchir leurs actions, explique-t-elle. Je ne vous dirai jamais ce que vous devez faire, je vais vous dire ce que vous faites. Quand les gens comprennent pourquoi et comment ils font les choses, ils les font mieux. »

Bourse

Comme le veut la tradition, la bourse de 5 000 $ qui accompagne le prix Pierre-Dansereau sera remise à un organisme au choix de la lauréate. « Je remets l’entièreté de mon prix à la Fondation Léa-Roback. » La Fondation remet des bourses à des jeunes femmes pour qu’elles puissent compléter leurs études.

Cette décision tombe sous le sens puisque Mme Potvin est d’avis que « compléter ses études, c’est le premier pas pour célébrer la pertinence de la connaissance dans la société, principalement chez les jeunes femmes ». D’ailleurs, Léa Roback a œuvré dans le même domaine d’expertise que la professeure. « Son action est essentiellement sur ce que nous avons reformulé comme étant les déterminants sociaux de la santé, soit l’éducation, les conditions de travail, la pollution et tout ce qui est à l’extérieur du système de soin, mais qui permet aux gens de construire leur santé dans leur vie de tous les jours », rappelle-t-elle.

Ses recherches l’ayant menée à travailler à la fois auprès de la population des quartiers défavorisés de Montréal et celle des favelas du nord-est brésilien, Mme Potvin voit des similarités à ces contextes différents l’un de l’autre. « Quand on parle de mettre ensemble des savoirs scientifiques avec des savoirs d’expérience et des savoirs professionnels, même si la réalité de tous les jours est différente, les façons de faire, les processus qu’on essaie de mettre en branle et d’alimenter ne sont pas si différents que ça. »

Voici la liste complète des lauréats de la soirée :

  • Ginette Michaud, Université de Montréal – Prix Acfas Adrien-Pouliot (Coopération scientifique avec la France)
  • Isabelle Daunais, Université McGill – Prix Acfas André-Laurendeau (Sciences humaines)
  • Éric Tamigneaux, Cégep de la Gaspésie et des Îles, Merinov (CCTT) – Prix Acfas Denise-Barbeau (Recherche au collégial)
  • Angelo Tremblay, Université Laval – Prix Acfas Jacques-Rousseau (Multidisciplinarité)
  • Jacques Simard, Université Laval – Prix Acfas Léo-Pariseau (Sciences biologiques et sciences de la santé)
  • Marc Amyot, Université de Montréal – Prix Acfas Michel-Jurdant (Sciences de l’environnement) Ex-aequo
  • Michèle Prévost, Polytechnique Montréal – Prix Acfas Michel-Jurdant (Sciences de l’environnement) Ex-aequo
  • Louise Potvin, Université de Montréal – Prix Acfas Pierre-Dansereau (Engagement social)
  • Michel Janosz, Université de Montréal – Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie (Sciences sociales)
  • René Doyon, Université de Montréal – Prix Acfas Urgel-Archambault (Sciences physiques, mathématiques, informatique et génie)
  • Jean-Baptiste Burnet, Polytechnique Montréal – Prix du jury La preuve par l’image
  • Guillaume Grosbois, Université du Québec à Chicoutimi – Prix du jury La preuve par l’image
  • Nelly Manéglia, Université Laval – Prix du jury La preuve par l’image
  • Marie-Lou Gendron-Marsolais, Julie Hlavacek-Larrondo et Maxime Pivin Lapointe – Université de Montréal – Prix du public découverte La preuve par l’image
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