Après l’abandon de sa poursuite contre Québec, McGill crée un poste dédié au français

L’université entend mieux structurer ses actions en français, de l’enseignement aux partenariats communautaires.

31 mars 2026
Photo courtoisie : Université McGill

L’Université McGill a récemment créé un poste de vice-provost au rayonnement du français, confié à Natallia Liakina. Cette décision intervient quelques semaines après que McGill et l’Université Concordia ont abandonné, en février 2026, leur recours contre les modifications apportées en 2023 aux règles encadrant les droits de scolarité et les exigences linguistiques pour les personnes étudiantes hors Québec.

« Ce nouveau poste vise à mieux coordonner les initiatives existantes, renforcer les partenariats et affirmer l’engagement de McGill envers la promotion du français et de la culture francophone », a déclaré une porte-parole de l’établissement.

« Ce poste découle d’une conviction, pas d’une pression »

Le nouveau poste s’inscrit dans une volonté institutionnelle de structurer davantage les initiatives francophones déjà présentes à l’université. La vice-provost aura pour mandat de coordonner ces actions, de l’offre de cours à la recherche, en passant par les services aux étudiants et les partenariats avec les communautés francophones du Québec.  « Ce poste découle d’une conviction, pas d’une pression », précise la porte-parole. « McGill est une université anglophone de vocation internationale qui opère au cœur d’une nation dont le français est la langue officielle et commune. Ce n’est pas une tension à gérer, c’est une réalité à habiter pleinement. Ce poste en est l’expression institutionnelle. »

Selon l’établissement, Mme Liakina, spécialiste en didactique du français langue seconde, souhaite créer un environnement inclusif dans lequel francophones et non-francophones peuvent se sentir à l’aise et développer un sentiment d’appartenance.

L’abandon des procédures judiciaires constitue un tournant dans les relations entre l’université et le gouvernement du Québec. Malgré une décision partielle en leur faveur rendue par la Cour supérieure en avril 2025, les deux universités ont choisi de ne pas poursuivre le litige.

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« Bien que l’Université McGill estime que la réponse du gouvernement du Québec ne respecte pas la décision rendue par la Cour supérieure en avril 2025, l’Université a conclu que poursuivre des démarches judiciaires irait à l’encontre de ses objectifs de renforcer son engagement auprès des communautés locales et de faire progresser des partenariats qui contribuent à la vitalité de la société québécoise », a expliqué la porte-parole.

Cette dernière ajoute : « McGill continuera de travailler avec le gouvernement du Québec afin d’assurer la prévisibilité, la stabilité et la transparence des règles encadrant l’enseignement supérieur ».

L’Université Concordia n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

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