Budget de l’Ontario : des investissements ciblés pour les universités francophones et les infrastructures
Financement accru pour l’Université de Sudbury et appui aux établissements francophones, dans un budget qui confirme 6,4 milliards pour le postsecondaire et de nouveaux investissements en infrastructures.
L’Université de Sudbury recevra 21,6 millions de dollars sur trois ans pour relancer les cours en français, en partenariat avec l’Université d’Ottawa. Parallèlement, le gouvernement ontarien prévoit répartir 20,5 millions de dollars entre cinq établissements francophones, soit l’Université Laurentienne, l’Université de Hearst, l’Université d’Ottawa, La Cité et le Collège Boréal.
Ces investissements ciblés s’inscrivent dans un budget qui met de l’avant le rôle stratégique du secteur postsecondaire, présenté comme « solide » et représentant 5,7 % des dépenses provinciales. Le document insiste notamment sur l’importance de la recherche menée par les universités, collèges, hôpitaux de recherche et instituts afin de soutenir l’innovation en Ontario.
Les chiffres confirment l’annonce faite le 12 février par le gouvernement progressiste-conservateur d’un investissement de 6,4 milliards de dollars sur quatre ans dans le secteur postsecondaire, ainsi que la levée du gel des droits de scolarité. Le budget ne précise toutefois pas la façon dont ces fonds seront déployés.
Ce financement « assurera la viabilité de nos collèges, universités et établissements autochtones », a déclaré le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, ajoutant qu’il permettra de former une main-d’œuvre compétitive à l’échelle internationale.
Présenté dans un contexte d’incertitude économique mondiale, le budget de 244,2 milliards de dollars, intitulé « Un plan pour protéger l’Ontario », met également l’accent sur d’autres priorités, comme les minéraux critiques et l’abordabilité, tout en prévoyant un déficit de 13,8 milliards de dollars pour le prochain exercice.
Nouveaux investissements en infrastructures
Dans la continuité de l’annonce de février, le budget prévoit aussi des investissements importants en infrastructures postsecondaires.
Les universités recevront 202 millions de dollars en financement d’infrastructures au cours du prochain exercice, comparativement à 212 millions prévus pour 2025-2026, et un total de 1,48 milliard de dollars sur dix ans, notamment pour des réparations essentielles, des améliorations énergétiques et des mises à niveau technologiques.
À cela s’ajoute un investissement de 117,1 millions de dollars sur trois ans dans le cadre du Fonds pour la recherche en Ontario – Infrastructure de recherche, destiné à soutenir la construction, la rénovation et l’équipement d’installations de recherche dans des secteurs jugés prioritaires.
Selon Steve Orsini, président-directeur général du Conseil des universités de l’Ontario, cet engagement envoie « un signal très clair » quant à la volonté de la province de collaborer avec le gouvernement fédéral pour financer des infrastructures de recherche de pointe.
Le Conseil salue également la plus grande prévisibilité financière offerte par le budget, ainsi que les retombées indirectes de certaines mesures économiques, notamment pour les entreprises issues des incubateurs universitaires.
Un financement jugé possiblement insuffisant
Malgré ces annonces, certains acteurs du milieu universitaire se montrent plus critiques.
L’Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario (OCUFA) s’interroge sur la capacité des 6,4 milliards de dollars supplémentaires à répondre aux besoins du secteur. Selon son président, Rob Kristofferson, cette somme équivaut à 1,6 milliard par année, à partager entre collèges et universités, et pourrait ne représenter qu’une « solution temporaire ».
Le Conseil des universités de l’Ontario prévoit en effet des déficits de 526 millions de dollars en 2026-2027, 777 millions l’année suivante, puis 1,3 milliard en 2028-2029.
« Ces mesures pourraient permettre aux universités ontariennes de se maintenir à flot, mais elles ne sont pas une solution à long terme », a-t-il ajouté.
Un financement jugé possiblement insuffisant
L’Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario (OCUFA) s’est montrée moins enthousiaste, s’interrogeant sur la capacité des 6,4 milliards de dollars supplémentaires à répondre aux besoins du secteur. Rob Kristofferson, président de l’OCUFA, indique que cette hausse du financement équivaut à 1,6 milliard de dollars par année, à partager entre collèges et universités. Compte tenu des déficits anticipés avant l’annonce de février, ces fonds additionnels pourraient simplement être « une solution temporaire », fait-il valoir. Le Conseil des universités de l’Ontario prévoyait un déficit de 526 millions de dollars en 2026-2027, qui atteindrait 777 millions l’année suivante, puis 1,3 milliard en 2028-2029.
« Après la deuxième année, je ne vois pas comment cet argent pourra empêcher les universités ontariennes de se retrouver en déficit », observe M. Kristofferson, qui évoque aussi l’imposition éventuelle de conditions axées sur l’efficacité. « Ces mesures pourraient permettre aux universités ontariennes de se maintenir à flot, mais elles ne sont pas une solution à long terme. »
Les étudiantes et étudiants dénoncent les coupes dans les bourses du RAFEO
Dans un communiqué publié jeudi, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Ontario s’est dite « déçue, mais pas surprise, de voir l’éducation reléguée au second plan » dans le budget. « Ce budget soulève une question importante : où est le financement, et qu’en est-il des bourses du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario? », a réagi Omar Mousa, le représentant à l’exécutif national du groupe.
Le gouvernement a déjà été vivement critiqué par les groupes étudiants pour son projet, annoncé en février, de faire du RAFEO un programme priorisant les prêts. Depuis 2017, les bourses peuvent couvrir jusqu’à 85 % de l’aide financière, mais la plupart des étudiantes et étudiants en reçoivent moins.
Selon le gouvernement, le programme était devenu difficile à soutenir financièrement. Le document budgétaire indique que l’aide financière accordée à la population étudiante a coûté près de 1,9 milliard de dollars en 2024-2025 et devrait grimper à près de 3 milliards en 2025-2026. Les coûts devraient ensuite redescendre à environ 2,4 milliards en 2026-2027. Le budget révèle toutefois que la transition vers un programme majoritairement axé sur les prêts se traduira par une augmentation de l’endettement provincial. Les prêts et investissements nets devraient croître de 1,2 milliard de dollars en 2025-2026 à 5,2 milliards en 2026-2027, et cette augmentation reflète principalement la hausse prévue des versements de prêts dans le cadre du RAFEO.
M. Kristofferson précise que, selon l’analyse menée par son association, 69 % des investissements additionnels de la province dans les collèges et les universités seraient en réalité financés par la réduction des bourses étudiantes.
Investissements à signaler
- Le gouvernement investit 124,2 millions de dollars de plus sur trois ans pour financer la formation clinique et ajouter 2 000 places en soins infirmiers autorisés ainsi que 1 000 places en soins infirmiers auxiliaires autorisés.
- L’Université de Sudbury recevra 21,6 millions sur trois ans pour relancer les cours en français, en partenariat avec l’Université d’Ottawa.
- L’Université métropolitaine de Toronto recevra 83 millions de dollars du Fonds ontarien pour la construction afin de financer la première phase d’un projet de construction de logements étudiants.
- Le gouvernement investira 26 millions sur trois ans pour soutenir les instituts de recherche.
- L’Ontario investira également 6 millions de dollars sur trois ans dans des bourses pour les étudiantes et étudiants de niveau postsecondaire dans le cadre du programme de Bourses de la reine Elizabeth II de la Fondation Rideau Hall.
Postes vedettes
- Vice-rectrice, vice-recteur aux ressources humaines et à l’administrationUniversité du Québec à Rimouski
- Décanat de la Faculté d’éducationUniversité de l'Ontario francais
- Chaires de recherche Impact+ Canada en la guerre de l’information et la gouvernance stratégique du numériqueUniversité du Québec à Trois-Rivières
- Médecine - Professeure adjointe ou professeur adjoint (sciences pharmaceutiques)Université d'Ottawa
- Psychologie - Professeure ou professeur (méthodes quantitatives)Université Bishop
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