Le Nouveau-Brunswick gèle de facto le financement postsecondaire dans le budget 2026

Les universités obtiennent un répit après des compressions envisagées plus tôt ce mois-ci.

18 mars 2026
Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, René Legacy, présente le budget provincial tandis que la première ministre Susan Holt, à droite, observe, à Fredericton, le mardi 17 mars 2026. (Photo : LA PRESSE CANADIENNE / Ron Ward)

Le Nouveau-Brunswick gèlera les subventions de fonctionnement accordées à ses quatre universités publiques dans le budget 2026-2027, après que le gouvernement de Susan Holt a suscité de vives inquiétudes quant à d’éventuelles compressions dans le secteur de l’enseignement supérieur de la province.

Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail estime que les dépenses consacrées à l’enseignement postsecondaire atteindront 554 millions de dollars en 2026-2027, soit une hausse de 1,6 % par rapport à 2025-2026.

Les universités du Nouveau-Brunswick devraient recevoir 307,8 millions de dollars au cours de cet exercice, en hausse de 1,7 % par rapport à 2025-2026. Cette augmentation nominale du financement de fonctionnement demeure légèrement inférieure à la cible d’inflation de 2 % fixée par la Banque du Canada pour 2026.

Le ministre Jean-Claude D’Amours, a indiqué dans une déclaration écrite à Affaires universitaires que le gouvernement souhaite s’assurer que le système d’enseignement postsecondaire soit « agile et prêt à répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail », notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et des métiers spécialisés.

« Avec plus de 20 campus postsecondaires dans la province, il existe des possibilités d’explorer des gains d’efficacité à l’échelle du système », a déclaré M. D’Amours. « Je continue de travailler avec chacune de nos universités afin de mieux comprendre leurs besoins. »

La province prévoit des investissements ciblés en éducation en 2026-2027, dont 5,4 millions de dollars pour soutenir la formation médicale dans différents domaines.

Elle a également réservé 4,2 millions de dollars pour faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers dans les secteurs de la santé, des métiers spécialisés, du génie et de l’éducation.

Le gouvernement provincial continuera d’investir dans la recherche, avec un million de dollars attribué à la Fondation de l’innovation du Nouveau-Brunswick et un autre million à RechercheNB.

Plus de peur que de mal?

Plus tôt cette année, la province avait laissé entendre qu’elle pourrait imposer jusqu’à 50 millions de dollars de compressions dans l’enseignement supérieur, selon un document gouvernemental divulgué dans les médias à la fin de février.

Peter Halpin, directeur général de l’Association des universités de l’Atlantique, a déclaré que le gel des subventions aura des répercussions financières négatives sur l’ensemble des établissements.

« Les universités publiques du Nouveau-Brunswick reconnaissent les importants défis budgétaires auxquels fait face la province et continuent de souligner le rôle essentiel des universités pour sa prospérité », a-t-il affirmé.

Les universités de la province ont connu une baisse des inscriptions, en partie en raison de la perte de plus de 550 étudiantes et étudiants internationaux à la suite du plafonnement des visas étudiants imposé par le gouvernement fédéral en 2024. Parallèlement, la province a enregistré une forte croissance démographique, alimentée par une stratégie d’immigration et de rétention lancée en 2019.

M. Halpin a insisté sur le fait que les universités sont des moteurs clés de la croissance économique, de l’attraction des talents et des stratégies démographiques du Nouveau-Brunswick, en plus de « démontrer la valeur et la contribution des établissements postsecondaires publics à un Nouveau-Brunswick prospère ».

« Il est important que le gouvernement reconnaisse que les universités publiques du Nouveau-Brunswick sont un atout », a-t-il ajouté.

Ana Lucía Pavón, présidente-directrice générale de l’association étudiante de l’Université St. Thomas, a indiqué que le maintien du financement au niveau actuel aura des effets négatifs sur les étudiantes et étudiants, qui continuent de faire face à des enjeux d’abordabilité. Toutefois, le recul du gouvernement démontre aussi l’importance de la mobilisation étudiante. Mme Pavón, avec d’autres leaders étudiants, a manifesté devant l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick lors du dépôt du budget.

« Nous sommes vraiment heureux d’avoir fait passer la discussion de 10 % à 0 %. C’est une grande victoire aujourd’hui et une bonne direction vers une victoire encore plus importante demain », a-t-elle déclaré.

Des réductions des dépenses provinciales se feront toutefois sentir dans d’autres ministères, le gouvernement prévoyant abolir 1 400 postes dans la fonction publique sur trois ans.

La province prévoit un déficit de 1,4 milliard de dollars en 2026-2027, avec les investissements les plus importants dirigés vers le secteur de la santé. « Investir dans la population du Nouveau-Brunswick signifie prendre des décisions difficiles », a déclaré le ministre des Finances, René Legacy.

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