Les coupes « catastrophiques » du gouvernement néo-brunswickois décriées par le corps professoral

« On compte plus de 20 campus pour une population de 860 000 personnes : les a-t-on vraiment tous besoin? » Lire les 16 suggestions du gouvernement. 

09 mars 2026
Crédit photo : iStock.com/Adrien Le Toux

Les chefs d’établissement universitaires sont en pourparlers avec le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail du Nouveau-Brunswick dans la foulée de la publication d’un document révélant l’intention du gouvernement de couper de 35 à 50 millions de dollars du montant de 449 millions de dollars octroyé annuellement aux établissements postsecondaires. Des grèves étudiantes sont également à prévoir.  

Transmis aux rectrices et recteurs au début de février en vue du dépôt du budget provincial le 17 mars, le document d’information rédigé par le sous-ministre dresse une liste de 16 idées pour réduire les dépenses en éducation, puis demande une réponse rapide des rectorats, considérant qu’il reste « très peu de temps » pour présenter des idées au cabinet avant le dépôt du budget. 

Dans une lettre du 28 février adressée à la première ministre Susan Holt et au ministre Jean-Claude D’Amours, l’Association des professeures et professeurs de l’Université du Nouveau-Brunswick écrit : « Nous souhaitons exprimer notre vive inquiétude concernant les coupes de 50 millions de dollars prévues dans le secteur de l’enseignement supérieur. Ces restrictions budgétaires, si elles sont appliquées, risquent de causer des dommages irréversibles aux capacités de recherche, au développement technologique et à la croissance démographique à long terme de la province. » 

La lettre explique également que, dans le contexte où l’enseignement supérieur est déjà mis à mal par les changements au programme de visas du gouvernement fédéral qui entraînent l’exode de la population étudiante internationale, réduire le financement du secteur « serait catastrophique ».  

Dans le document d’information, on suggère notamment de diminuer les subventions destinées aux établissements de 10 % tout en gelant les droits de scolarité, de privatiser l’Université Mount Allison à Sackville, de limiter l’aide financière aux études et de fusionner les programmes et campus de certains collèges. « On compte plus de 20 campus [au Nouveau-Brunswick] pour une population de 860 000 personnes, et les taux d’inscription atteignent un creux historique. A-t-on vraiment besoin de tous ces campus? » questionne le sous-ministre dans le fameux document. 

Nauman Farooqi, recteur et vice-chancelier de l’Université St. Thomas à Fredericton, a indiqué à CTV avoir obtenu la confirmation de la province que son établissement ne fusionnerait pas avec l’Université du Nouveau-Brunswick, malgré ce qu’on propose dans le document. 

Des groupes étudiants et professoraux du Nouveau-Brunswick exhortent le gouvernement à mettre un frein au projet de coupes. Sept associations étudiantes postsecondaires organisent ensemble une manifestation le 17 mars, tandis que le groupe NB Students Against Cuts invite la population étudiante à une autre manifestation le 12 mars.  

La lecture hebdomadaire
du milieu de l’enseignement supérieur au Canada
Rejoignez des milliers de personnes qui reçoivent chaque semaine des conseils de carrière, des nouvelles, des chroniques d’opinion et des reportages d’Affaires universitaires.