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ACTUALITÉS

Des pôles régionaux en enseignement supérieur voient le jour au Québec

Ces regroupements d’acteurs scolaires, économiques et publics visent à trouver des solutions à différents enjeux régionaux.

par PIERRE BLAIS | 01 NOV 18

Des acteurs scolaires, économiques et publics de la région de Québec se sont donné la main afin de mettre sur pied un regroupement fort attendu : le pôle régional en enseignement supérieur de la Capitale-Nationale. Fort attendu parce que la pénurie de main-d’œuvre décriée quotidiennement par les employeurs frappe de plus en plus fort, et qu’à terme, le pôle doit permettre d’en réduire les conséquences. Si la guerre est loin d’être gagnée pour les employeurs et autres intervenants dont les besoins sont nombreux et variés, reste tout de même que le bataillon progresse.

Établissons d’abord cette évidence dont tous ont pris acte au cours des dernières années et sur laquelle s’est appuyé le gouvernement du Québec pour lancer sa Stratégie nationale sur la main-d’œuvre : le Québec manque de travailleurs pour subvenir aux besoins du modèle économique et social actuel. Toutes les sphères de la société sont maintenant touchées par ce gigantesque problème qui autrefois ne frappait pas si largement.

« L’un des défis de la pénurie actuelle est d’arrimer les besoins de la société avec les programmes de formation offerts dans les établissements d’enseignement », explique Yan Cimon, vice-recteur adjoint aux affaires externes, internationales et à la santé de l’Université Laval. « Parce que nous peinons parfois à attirer les travailleurs, chercheurs et étudiants dans certains domaines spécialisés, il faut tenter de rejoindre la chaîne dès que possible, au début de la formation professionnelle. Pour cela, il faut absolument que les efforts de tous soient coordonnés », poursuit-il.

Ce dernier précise que le pôle de la Capitale-Nationale compte 19 partenaires. Des acteurs sociaux qui proviennent du domaine universitaire, du collégial, du milieu de la santé et de la sphère économique, sans oublier la Ville de Québec, « un acteur majeur qui est dans la vie de tous les jours des citoyens » qui est d’une « aide incontournable ».

Briser les silos

Pour M. Cimon, l’idée est de « se mettre ensemble pour tirer parti des spécificités respectives de chacun des partenaires. En d’autres mots, il faut briser les silos et travailler de concert », estime-t-il. Par la suite, l’objectif est clair : l’arrivée de nouveaux travailleurs spécialisés, d’étudiants ou de chercheurs étrangers pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre.

Comme le rappelle régulièrement le maire de Québec, Régis Labeaume, dans les médias, ces gens venus d’ailleurs seront généralement issus de l’immigration francophone. Qu’ils soient prêts pour le marché du travail ou non, « il faut trouver la meilleure façon de leur vendre que Québec est le meilleur endroit où s’établir », analyse le vice-recteur adjoint.

Pas qu’à Québec

Le pôle de la région de Québec n’est pas une initiative nouvelle dans la province, quoique les regroupements du genre ne soient pas légion. De plus, les problématiques à contourner ne sont pas nécessairement les mêmes.

Dans l’Est du Québec, par exemple, un pôle a été lancé pour faire face au vieillissement majeur de la population (âge médian de 50 ans, contre 41 ans au Québec). « On a plus d’individus de 65 ans et plus que de jeunes de moins de 20 ans. Il s’agit d’un contexte très particulier sur le plan démographique », explique Jean-Pierre Ouellet, recteur de l’Université du Québec à Rimouski.
« Nous avons perdu plus de 30 pour cent des jeunes de 15 à 19 ans au cours des dernières années, poursuit-il. On veut trouver comment les retenir. »

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où sont concentrées plusieurs activités d’enseignement et de recherche liées à la biologie, « il faut instaurer des activités fixes et permanentes pour soutenir la formation, la recherche et les activités connexes », relate Claude Gilbert, directeur de la planification et du développement stratégique de l’Université du Québec à Chicoutimi. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean dépend effectivement énormément de l’activité économique et sociale liée à la biologie, sous toutes ses formes.

Dans tous les cas, les pôles formés au cours de la dernière année ont obtenu 500 000 dollars chacun de la part du gouvernement provincial. Ils en sont tous à leurs balbutiements, mais des rencontres ont déjà eu lieu pour débuter le boulot. À Québec par exemple, le comité directeur est formé. « Ensuite, on pourra mettre en œuvre les initiatives concrètes. On devrait observer des actions et des retombées bien tangibles », explique M. Cimon.

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