Conciliation famille-étude : les universités du Québec s’adaptent
Les universités québécoises mettent de plus en plus de mesures en place pour aider les parents inscrits dans leurs programmes à concilier études et vie familiale.
Planifier la reprise d’un examen raté à cause d’un enfant malade, trouver une gardienne pour assister à un cours, étudier lorsque son tout-petit est en congé… Voilà quelques-uns des défis auxquels font face les parents aux études.
Les données pour quantifier cette population sont fragmentaires, mais tout indique qu’au Québec, un nombre considérable de personnes étudient tout en ayant des enfants.
Par exemple, l’enquête ICOPE de 2022 révèle que 22% de la communauté étudiante du réseau des universités du Québec (UQ) a des responsabilités parentales. On y apprend que 20% des personnes inscrites au premier cycle et 27% de celles qui sont aux cycles supérieurs à UQ sont parents. Cette proportion grimpe à 40% au certificat.
Une autre compilation réalisée en 2023 par le ministère de la Famille révèle qu’environ 187 700 parents sont aux études au Québec, dont 42% qui étudient à l’université. Près de la moitié des parents aux étudesont un enfant de moins de 5 ans et la majorité sont des mères.
Selon Geneviève Champoux, directrice de la Direction des services à la communauté étudiante à l’Université Laval (ULaval), l’augmentation de l’âge moyen de la population étudiante et la tendance à la formation tout au long de la vie favorisent la présence des parents à l’université.
Des politiques adaptées aux parents aux études
La situation a amené plusieurs établissements à rédiger des politiques pour répondre aux besoins particuliers de cette communauté étudiante. ULaval a été la première à se doter en 2019 d’une Politique relative aux étudiantes et aux étudiants parents.
Depuis, 6 autres universités québécoises ont adopté une politique ou une directive visant à soutenir les parents aux études, soit : l’Université de Sherbrooke (USherbrooke), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), HEC Montréal, l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). L’Université McGill n’a pas de politique, mais s’appuie depuis 2012 sur des lignes directrices pour soutenir les personnes enceintes ou proches aidantes.
Ces politiques permettent aux étudiants et étudiantes de faire reconnaître leur statut de parents afin d’obtenir des accommodements liés à leurs obligations familiales. Elles définissent ce qu’est un parent aux études, uniformisent le traitement des demandes et sensibilisent le personnel aux défis de la parentalité. «On veut que les Facultés ou les programmes participent à la recherche de solutions avec les parentslorsqu’il y a un problème de conciliation», dit Isabelle Dionne, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante à USherbrooke.
Les universités cherchent aussi à réduire les embûches pour permettre aux parents de se rendre au bout de leur parcours universitaire. « À l’UQAM, on peut par exemple ajouter un parent-étudiant dans un cours déjà au maximum de sa capacité, si c’est le seul horaire qui lui convient », mentionne Johanne Grenier, vice-rectrice à la Vie académique de l’établissement.
À ULaval, certaines facultés offrent la priorité de choix des lieux de stage aux parents pour faciliter leur organisation familiale (ex. : un milieu plus près de la maison). De son côté, USherbrooke reconnaît qu’un parent étudie à temps plein s’il est inscrit à 9 crédits par session au 1er cycle, alors qu’il faut normalement être inscrit à 12 crédits pour être aux études à temps complet. « C’est prenant être parents aux études, souligne Isabelle Dionne. On veut les soutenir en leur donnant du temps. »
À l’université avec bébé
Où vont les tout-petits quand les parents étudient? Plusieurs fréquentent les centres de la petite enfance (CPE) installés sur les campus ou à proximité. Grâce à des ententes, certains CPE réservent leurs placesaux enfants de la communauté universitaire (personnel et population étudiante). C’est le cas notamment à ULaval, à USherbrooke et à l’UQAR. À l’UQAM, le CPE Tortue têtue, fondé par des étudiants et étudiantes, réserve en priorité ses 60 places aux parents aux études. L’Université Concordia a aussi un service de garde dédié aux enfants de sa population étudiante.
Plusieurs campus accueillent aussi des haltes-garderies pour aider les parents qui veulent faire garder leur enfant seulement quelques heures, le temps par exemple d’assister à un cours ou de faire un travail d’équipe. Ces services sont souvent issus d’un partenariat entre des associations étudiantes et le ministère de la Famille. Six haltes-garderies en milieu universitaire (ULaval, UQTR, UdeM, Concordia, UQAM, UQAT) ont ainsi été financées par Québec en 2025-26.
« Les associations étudiantes sont souvent impliquées dans les services aux parents, confirme Mme Champoux. Par exemple, à ULaval, le comité de soutien à l’allaitement a aménagé 3 salles d’allaitement sur le campus. » Chaque faculté de USherbrooke a aussi un local où les mères peuvent allaiter et l’UQAM compte deux locaux d’allaitement équipés de fauteuils et de tables à langer.
Les bibliothèques universitaires font aussi de la place aux parents. «On a récemment inauguré l’Espace parent étudiant à la bibliothèque, souligne Mme Grenier de l’UQAM. Les parents peuvent venir y étudier avec leurs enfants qui ont accès à des jouets neufs!» La bibliothèque de ULaval met également à la disposition des parents un bureau-parc qui permet d’étudier pendant que l’enfant s’amuse ou dort dans un espace sécurisé.
Solidarité parentale
Dans la majorité des universités, les Services à la vie étudiante informent et accompagnent les parents. Plusieurs groupes d’étudiants et d’étudiantes se sont aussi formés pour les soutenir. Par exemple, àUSherbrooke, un groupe Facebook partage les ressources entre parents aux études. Un regroupement étudiant a aussi lancé la carte FameUSe qui leur offre plusieurs rabais.
L’Association des parents-étudiants de l’Université Laval accompagne également depuis 2006 les parents et le Comité de soutien de parents aux études (CSPE) de l’UQAM est très actif depuis 2008. Chaquevendredi, il distribue gratuitement aux parents inscrits à l’UQAM, les invendus alimentaires de sa cafétéria. Le CSPE a aussi une friperie de vêtements pour enfant et verse des bourses pour aider les parents en situation précaire.
Les universités interrogées assurent qu’elles vont continuer d’adapter leurs services aux besoins des parents aux études. « On est toujours en mode amélioration, signale Mme Champoux. On révise cette année notre politique sur les parents aux études. On va regarder ce qui se fait ailleurs au Québec pour voir si d’autres bonnes pratiques pourraient nous être utiles. » Mme Grenier poursuit dans le même sens: « C’est notre rôle de favoriser l’accessibilité aux études universitaires, dit-elle. Je ne peux pas croire qu’en 2026, ce serait plus compliqué parce qu’on a des enfants ! »
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