UQAT et perspectives autochtones : un chemin qui continue

L’UQAT poursuit son travail de décolonisation et d’autochtonisation, avec une nouvelle stratégie 2026-2031 qui s’appuie sur des initiatives déjà bien ancrées dans l’institution.

30 septembre 2025
Photo courtoise : UQAT

Depuis le lancement du Plan d’action L’UQAT et les peuples autochtones en 2019, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) multiplie les initiatives pour intégrer les perspectives autochtones dans l’enseignement et la vie universitaire. Ce plan, prévu de 2019 à 2024, laissera place à une nouvelle stratégie 2026 à 2031, arrimée au plan institutionnel 2025-2030 récemment déposé. 

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Pour Janet Mark, conseillère stratégique à la réconciliation et à l’éducation à l’UQAT, « notre objectif est de soutenir la communauté universitaire dans la mise en œuvre de changements systémiques pour la décolonisation, la réconciliation et l’autochtonisation. Le Plan d’action a ouvert la voie à ces transformations, tant dans l’enseignement et la recherche que dans les pratiques internes des services. ». 

Mamawi Mikimodan : faire ensemble 

Le service Mamawi Mikimodan, créé en 2021, est au cœur de cette démarche. Composé de quatre membres, il accompagne les départements dans l’élaboration de projets intégrant les perspectives autochtones et veille à ce que la reconnaissance territoriale soit suivie d’effets concrets. « Un des messages reçus est clair, il ne sert à rien de produire un énoncé sur la reconnaissance territoriale s’il n’y a pas d’action derrière. C’est quelque chose qui m’a vraiment marquée. Il fallait que ce principe devienne un levier concret pour aller plus loin en tant qu’institution. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’un énoncé, il y a toute une philosophie derrière, et des actions ciblées ont été mises en place.  On constate d’ailleurs que de plus en plus de professeurs et de départements intègrent cet énoncé dans leurs plans de cours. Ce n’est plus la responsabilité d’une seule personne ou d’un service, c’est devenu une démarche collective, partagée par l’ensemble de la communauté universitaire. » 

Dans le même esprit, l’UQAT révise systématiquement ses programmes pour y inclure des perspectives autochtones et des approches décoloniales. « Nous avons récemment évalué le baccalauréat en sciences de la santé », explique Mme Mark. « Chaque cours est analysé pour déterminer ce qui doit être actualisé ou ajusté. C’est un processus qui s’échelonne sur deux ans. » 

Des changements appelés à durer 

Selon Mme Mark, ces résultats reposent sur des années de travail et de sensibilisation. La présence d’une orientation spécifique sur les perspectives autochtones dans le plan institutionnel, pour la troisième fois, l’embauche de personnes autochtones, la création de l’école en études autochtones et la mise en place de la table multiservice Maamuu, qui réunit les différents services et départements de l’UQAT, sont autant d’initiatives qui ont été réalisées au fil des années.  La clé, souligne-t-elle, c’est la continuité : « même si des individus, comme moi, partent à la retraite dans quelques années, les équipes en place continueront le travail. C’est crucial, car trop souvent dans les universités, certaines initiatives sont portées par une seule personne ou un seul service et quand cette personne s’en va, son savoir et son expérience disparaissent aussi. Ici, les changements sont systémiques, ils perdurent et deviennent partie intégrante de l’institution. » 

Malgré les avancées, plusieurs défis subsistent. Comme dans d’autres établissements au Québec, les compressions financières récentes ont entraîné des répercussions, limitant les marges de manœuvre pour la création de postes ou le développement de nouvelles initiatives. « La sensibilisation et l’éducation continue du personnel, l’embauche de personnes autochtones et les contraintes budgétaires, restent nos priorités », conclut Janet Mark. 

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