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Conseils carrière

Comment les professeurs peuvent aider les étudiants pendant la pandémie

En nourrissant des relations positives, les professeurs peuvent contribuer à la bonne santé mentale de leurs étudiants.

par ANANYA BANERJEE | 05 MAI 20

Depuis que des mesures de confinement ont été imposées au Canada à cause de la pandémie de COVID-19, plusieurs de nos étudiants ont accumulé un retard sur le plan des études. Leur vie a changé radicalement : ils se retrouvent privés de leurs communautés, de leurs résidences, de leurs stages d’été, de leurs emplois et de leurs cérémonies de collation des grades.

Des fonds d’urgence aux cours en ligne sur la santé mentale, les établissements universitaires redoublent d’efforts pour offrir aux étudiants des ressources et des services pour les aider à composer avec les effets de la pandémie. Or, il est temps que les personnes qui jouent déjà un rôle crucial dans la vie des étudiants – à savoir nous, les professeurs – démontrent encore plus de compassion et d’empathie. Nous sommes mieux placés que quiconque pour remarquer les absences répétées, les baisses de rendement et les autres signaux qui indiquent qu’un étudiant est en difficulté. De plus, les professeurs jouent souvent un rôle central pour favoriser l’estime de soi et l’épanouissement chez les étudiants. Maintenant plus que jamais, les étudiants nous demandent des mesures d’adaptation scolaire. Nous devons clairement leur faire savoir que nous sommes là pour eux et pour les aider à faire preuve de résilience. Puisant dans mes années d’expérience auprès de centaines d’étudiants de tous les horizons en situation de difficulté, j’offre les conseils suivants pour aider les professeurs à communiquer avec les étudiants qui doivent s’adapter aux réalités actuelles en situation de pandémie.

Prévoyez des heures de disponibilité en ligne

Même s’il est impossible d’organiser des rencontres en personne pour le moment, de nombreux professeurs offrent de l’aide par téléphone ou par vidéoconférence. En général, les étudiants sont peu enclins à entreprendre des démarches pour connaître les ressources à distance que leur établissement met à leur disposition. En prévoyant des heures de disponibilité en ligne chaque semaine, vous leur permettrez de demander de l’aide ou des conseils par rapport à leurs études.

Validez les expériences et les émotions des étudiants

Les professeurs devraient valider les émotions des étudiants et se montrer ouverts à discuter des difficultés causées par la pandémie. Il est important de les écouter attentivement sans porter de jugement, d’éviter de tirer des conclusions hâtives, de les rassurer, et de leur dire qu’ils ont été entendus et compris. De simples paroles comme « Je sais que cette période est difficile et je comprends votre situation » peuvent faire toute la différence.

Attendez-vous à aborder des sujets délicats

Soyez prêt à discuter de sujets qui n’ont aucun lien avec les études et qui peuvent être de nature délicate; à discuter de problèmes avec vos étudiants sans pour autant agir comme un thérapeute. Dans certains cas, l’écoute suffit, mais il se peut que vous soyez plus à l’aise de leur recommander de consulter un professionnel. Quel que soit le cas, il est bon pour les étudiants de savoir qu’ils peuvent faire appel à vous.

Reconnaissez la difficulté de respecter les échéances

Les étudiants peuvent avoir de la difficulté à respecter les échéances de fin de trimestre pour diverses raisons. Certains ont des enfants à la maison ou ont dû retourner dans leur famille plus tôt que prévu. La fermeture des bibliothèques peut compliquer l’accès aux ressources. Certains étudiants peuvent être malades ou devoir prendre soin d’une personne qui a contracté le coronavirus. Dans certaines circonstances, les demandes de prolongation peuvent être justifiées. Il est important de discuter avec les étudiants et de déterminer la meilleure démarche pour leur permettre de terminer un cours.

Familiarisez-vous avec les ressources offertes aux étudiants

Le moment est idéal pour vous familiariser avec les services aux étudiants et les ressources en santé mentale offerts sur le campus. Vos observations et vos actions peuvent permettre aux étudiants de recourir à des services qui les aideront à traverser la pandémie, tels que les services d’accessibilité, de conseil en stratégie d’apprentissage, de santé et de bien-être, et de mentorat par les pairs. Tous ces services sont temporairement offerts en ligne. Il est important de ne pas simplement orienter les étudiants vers ces services, mais aussi de leur en expliquer l’utilité.

Suivez une formation en premiers soins en santé mentale et en lutte contre l’oppression

Une formation en premiers soins en santé mentale peut vous aider à reconnaître les symptômes des problèmes de santé mentale et à rassurer les étudiants en les dirigeant vers les ressources appropriées. Travaillez avec vos étudiants dans l’optique de lutter contre l’oppression. Presque tous les établissements universitaires offrent une formation sur les pratiques de lutte contre l’oppression. Cette formation est importante pour éviter une marginalisation accrue de diverses communautés culturelles étudiantes selon la race, l’origine ethnique, l’appartenance aux peuples autochtones, l’orientation sexuelle, le genre, le statut socio-économique, l’âge, les capacités et les croyances religieuses.

Tirez parti de vos réseaux professionnels

Trouvez des façons d’aider financièrement les étudiants cet été, en particulier ceux qui sont privés de leur emploi ou de leur stage rémunéré. Si certains de vos collègues ou vous-même recevez une subvention de recherche, considérez l’embauche d’étudiants qualifiés comme adjoints à la recherche. Ainsi, ils pourront participer à des travaux de recherche novateurs et vivront une expérience des plus enrichissantes.

Les professeurs qui entretiennent des relations positives avec leurs étudiants pendant la pandémie peuvent contribuer à leur bonne santé mentale. N’oublions pas de donner l’exemple en veillant à notre propre bien-être, car nous avons les mêmes défis à relever. Exercez votre jugement professionnel. Si vous doutez du caractère approprié d’une intervention ou si vous avez une préoccupation, consultez le directeur de votre département.

Ananya Tina Banerjee est professeure adjointe à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto et directrice intérimaire du programme de maîtrise en santé publique, promotion de la santé.

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