La carte des facteurs d’influence de la santé mentale : pour une vision globale et intégrée de la santé mentale étudiante
Un modèle pour penser la santé mentale étudiante de façon intégrée, collective et ancrée dans les milieux d’enseignement.
En 2023, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) proposait un modèle conceptuel concernant la surveillance de la santé mentale, des troubles mentaux courants et de leurs déterminants au Québec. Dans un article publié en mai dernier dans Affaires universitaires, Justine Pineault et ses collègues présentaient ce modèle conceptuel en invitant à aborder la santé mentale étudiante au-delà de facteurs individuels.
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L’équipe promotion de la santé mentale en enseignement supérieur de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a élaboré, en 2024, un modèle conceptuel destiné au milieu collégial et universitaire québécois et inspiré de celui développé par l’INSPQ. Basé sur les données de la littérature et le savoir expérientiel des milieux, le modèle a largement bénéficié de l’apport de plusieurs milieux et partenaires en enseignement supérieur pour ses étapes de révision et validation.

Figure 1. Direction régionale de santé publique de Montréal (2024).
Le modèle s’inscrit en cohérence avec l’approche systémique du tout premier Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (PASME) 2021-2026 du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec. Les milieux d’enseignement y sont perçus comme un tout dont chaque partie influence la santé mentale étudiante. On y évoque aussi la multitude de facteurs à considérer lorsqu’il est question de santé mentale étudiante.
Quels objectifs et applications d’un tel modèle?
Le modèle vise à sensibiliser les milieux d’enseignement supérieur à une approche globale et intégrée de la santé mentale étudiante. Il vise aussi à interpeller toutes les parties prenantes du milieu quant au développement d’une vision commune et d’une responsabilité partagée en matière de santé mentale étudiante.
Depuis sa publication, l’équipe de la DRSP de Montréal l’a utilisé de diverses façons. Par exemple, les facteurs d’influence représentent du même coup des leviers d’action et peuvent soutenir les étapes de planification, de mise en œuvre et d’évaluation d’actions en faveur de la santé mentale étudiante. Le modèle peut aussi soutenir le regard critique que portent les milieux sur leur situation au regard d’une foule d’aspects liés à la santé mentale étudiante : profils de la population étudiante et offre/adaptation d’activités et de services, impacts des politiques, règlements et orientations institutionnels sur la santé mentale étudiante, messages et normes véhiculés, etc. À cet égard, les équipes de l’Initiative sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (ISMÉ) et de la DRSP de Montréal ont développé en 2024 un outil réflexif pouvant aider le personnel et les personnes étudiantes à faire un portrait et une analyse des pratiques et mesures en place.
La polyvalence du modèle s’est aussi illustrée à travers son utilisation comme outil de discussion lors de rencontres de comités institutionnels en santé mentale étudiante. Ou encore, comme outil d’animation intégré à des ateliers, présentations, activités ou communautés de pratique. Peu importe le contexte d’utilisation, le modèle a souvent mis en lumière le grand nombre d’activités et de mesures déjà déployées par les milieux en matière de santé mentale étudiante. Il permet d’attirer l’attention sur celles qui ne sont pas liées explicitement à un objectif de santé mentale ou qui relèvent d’un secteur n’ayant pas une mission de santé, mais qui ont tout de même un impact sur la santé mentale étudiante.
Un regard pointé vers des facteurs environnementaux
Comme ancrage de base, le modèle campe en son centre la santé mentale et la réussite dans une optique d’interinfluence dynamique. La santé mentale étudiante est alors perçue comme une composante fondamentale du cheminement d’études et cadrant tout à fait avec la mission des établissements d’enseignement et leurs objectifs stratégiques d’épanouissement citoyen, de réussite et de diplomation. Forte d’une expérience de presque cinq ans d’accompagnement de milieux d’enseignement supérieur, l’équipe de la DRSP de Montréal a été à même de constater que plusieurs établissements d’enseignement sont naturellement enclins à regarder au-delà des facteurs individuels. Les facteurs Structure et conditions organisationnelles, Environnement physique et Environnement d’apprentissage se démarquent entre autres. Par exemple, l’analyse et la priorisation d’actions en lien avec le soutien aux personnes enseignantes (outils, ateliers ou création d’espaces d’échange), incluant des réflexions sur les orientations et règlements des programmes d’études sont régulièrement mises de l’avant. L’amélioration de l’aménagement intérieur et extérieur ou la création de nouveaux espaces dans une optique de détente, de renforcement de liens sociaux et de sécurité suscitent également un grand intérêt, malgré les défis d’ordre matériel.
Le modèle et l’enquête Temps pour toi : un dialogue fructueux
Tel qu’abordé dans un article paru en septembre dernier, l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES) a réalisé en novembre 2024 l’enquête Temps pour toi, avec pour objectif d’établir un portrait de la santé mentale étudiante et de son évolution dans le temps. Les équipes de l’OSMÉES et de la DRSP de Montréal ont étroitement collaboré dans cette démarche. En effet, l’approche systémique proposée par le modèle a été une source d’inspiration pour l’élaboration du questionnaire d’enquête afin de documenter un grand nombre de facteurs d’influence. Par ailleurs, les résultats de certains indicateurs tels que le bien-être psychologique et la perception de l’état de santé mentale sont présentés selon des caractéristiques sociodémographiques (ex. : personnes étudiantes internationales, personnes étudiantes en situation de handicap). Ces informations peuvent nous éclairer sur des écarts possibles entre différents sous-groupes de la population étudiante en matière de santé mentale.
Pour aller plus loin :
La Station SME est une mine d’informations et d’outils pour soutenir la santé mentale étudiante dans les établissements d’enseignement supérieur. Voici des pages pertinentes à consulter pour agir sur ses facteurs d’influence:
- Consulter l’ensemble des thématiques sur la Station SME pour un aperçu des différents niveaux d’intervention sur lesquels il est possible d’agir.
Cet article s’inscrit dans le cadre de notre série mensuelle consacrée à la santé mentale étudiante.
Postes vedettes
- Anthropologie des infrastructures - Professeure ou professeurUniversité Laval
- Musique - Professeure adjointe ou professeur adjoint (interprétation classique, spécialité instrument d’orchestre de la famille des cuivres)Université McGill
- Management - Professeure ou professeurUniversité du Québec à Rimouski
- Chaires de recherche Impact+ Canada en la guerre de l’information et la gouvernance stratégique du numériqueUniversité du Québec à Trois-Rivières
- Directrice ou directeur de la Division d’urologieUniversité McGill
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