Santé mentale étudiante : un premier portrait panquébécois
Une enquête menée auprès de 32 000 personnes étudiantes révèle à la fois des signes encourageants et des constats préoccupants.
Au Québec, le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) a mis en œuvre un Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (PASME). L’une des mesures phares de ce plan visait à obtenir un portrait clair et représentatif de la population étudiante, afin de mieux comprendre ses besoins et d’orienter les actions à venir.
Dans ce contexte, l’OSMÉES a mené, en novembre 2024, une vaste enquête nationale auprès des étudiantes et étudiants du réseau collégial et universitaire québécois. Cette initiative visait à recueillir des données probantes sur leur état de santé mentale, leurs facteurs de risque et de protection, ainsi que leurs besoins en matière de soutien. Une collaboration étroite entre l’OSMÉES, les associations étudiantes, les établissements participants, l’ISMÉ et les personnes étudiantes a permis de rejoindre plus de 32 000 personnes étudiantes de 77 établissements participants un peu partout à travers le Québec. Bien que les résultats complets ne soient pas encore disponibles, nous souhaitons partager certains faits saillants qui offrent un aperçu utile de l’état de la santé mentale étudiante afin d’encourager les établissements à poursuivre leurs actions et le MES à renouveler le PASME qui prendra fin en 2026.
Les faits saillants préliminaires de la première enquête de l’OSMÉES
L’analyse préliminaire des données recueillies dans le cadre de cette enquête met en lumière un portrait, à la fois encourageant et préoccupant de l’état de la santé mentale étudiante :
- 41,1 % des personnes participantes évaluent leur santé mentale comme « excellente » ou « bonne »;
- 60,8 % présentent une santé mentale modérée, 27,9 % une santé mentale florissante et 11,3 % une santé mentale languissante;
- 42,9 % des personnes étudiantes présentent des symptômes modérés à sévères d’anxiété, et 46,6 % de dépression.
Ces données démontrent qu’il existerait trois groupes distincts de personnes étudiantes, quant à leur santé mentale : 1) santé mentale bonne à excellente (appelant au maintien de la promotion d’une santé mentale positive et au développement du bien-être optimal) ; 2) santé mentale mauvaise à très mauvaise (appelant à l’importance du maintien voire à la bonification de l’offre de services d’aide à la santé mentale au sein et en dehors des établissements d’enseignement) et 3) santé mentale ni bonne, ni mauvaise (d’où la nécessité de soutenir les approches combinées de promotion et de prévention).
D’une part, ces résultats préliminaires révèlent que certains enjeux semblent avoir diminué depuis la pandémie (Union étudiante du Québec, 2021; Fédération étudiante collégiale du Québec, 2021). D’autre part, ils mettent en lumière que la situation reste préoccupante en comparaison à la population adulte générale. En effet, alors que 41,1 % des personnes étudiantes ayant répondu à l’enquête de l’OSMÉES considèrent que leur santé mentale est bonne ou excellente, ce taux atteint 64,5 % chez les adultes québécois (Statistique Canada, 2024). De plus, la prévalence de symptômes modérés à sévères d’anxiété et de dépression est nettement plus élevée chez les personnes étudiantes (42,9 % et 46,6 %, respectivement) que dans la population adulte (15,3 % et 17,4 %, respectivement; Statistique Canada, 2023). Ces comparaisons témoignent d’une santé mentale plus fragilisée chez les personnes étudiantes, tant au cégep qu’à l’université, que dans la population adulte générale. Sachant que la population étudiante est confrontée à une multitude de défis, notamment en lien avec la conciliation études-travail-vie personnelle, la charge de travail, la pression de performance, l’insécurité financière et l’incertitude quant à l’avenir (Richard, 2023; Szepe & Meszaros, 2024), il n’est pas surprenant d’observer une hausse marquée des enjeux de santé mentale chez les personnes étudiantes en enseignement supérieur.
La santé mentale étudiante : une priorité à maintenir en enseignement supérieur
Face à ces résultats, il est essentiel de s’intéresser aux initiatives qui contribuent positivement à la santé mentale étudiante, de mieux comprendre ce qui fonctionne et d’encourager les milieux d’enseignement supérieur à renforcer leurs efforts en promotion, prévention, intervention et évaluation, au bénéfice de la santé mentale et de la réussite des personnes étudiantes collégiales et universitaires, ce à quoi tendent l’OSMÉES et l’ISMÉ.
Dans cette perspective, le PASME qui se termine en 2026 se doit d’être renouvelé. Transformer la culture en enseignement supérieur pour qu’elle favorise la santé mentale étudiante est un chantier de longue haleine. Si les cinq premières années du PASME ont permis de jeter les bases d’une approche systémique, la poursuite des efforts demeure indispensable. Sans la continuité du PASME, plusieurs initiatives risquent de s’interrompre, affectant directement la population étudiante. Il est donc impératif de consolider les acquis pour éviter un retour à la case départ et pour permettre de transformer durablement les pratiques et les milieux pour le mieux-être des personnes étudiantes.
Postes vedettes
- Science infirmière - Chargée ou chargé d'enseignement (durée de 3 ans)Université de Moncton
- Anthropologie des infrastructures - Professeure ou professeurUniversité Laval
- Chaires de recherche Impact+ Canada en musique et intelligence artificielle (professeur au rang d’agrégé ou titulaire)Université de Montréal
- Chaires de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski (UQAR)
- Chaire de recherche Impact+ Canada en physique - Professeure titulaire ou professeur titulaire (physique de la matière condensée)Fondation canadienne pour l'innovation
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