Un réseau de chaires en diplomatie scientifique novateur et interactif

Le Québec déploie un réseau international de chaires en diplomatie scientifique.

Graphique par : iStock.com/metamorworks

La pandémie de COVID-19 et les récents bouleversements géopolitiques ont mis en lumière la nécessité de renforcer la capacité internationale en matière de conseil et de diplomatie scientifiques, des enjeux que prennent très au sérieux le Bureau du scientifique en chef du Québec et le Fonds de recherche du Québec (FRQ). C’est dans cet esprit que le FRQ a créé des programmes pour aider les personnes nouvellement titulaires d’un doctorat à acquérir de l’expérience en matière d’avis scientifiques, tant à l’échelle locale (villes et ministères) qu’à l’étranger (15 bureaux à l’heure actuelle). L’un des signataires de la présente, Rémi Quirion, est le président du Réseau international en conseil scientifique gouvernemental (INGSA), un organisme financé en partie par notre gouvernement et actif dans plus de 130 pays, surtout dans le Sud global.  

Du côté de la diplomatie scientifique, le Bureau du scientifique en chef du Québec et le FRQ ont récemment lancé un concours pour les universités visant explicitement la création de huit chaires de recherche pour étudier les divers éléments et les défis de la diplomatie scientifique. La recherche en diplomatie scientifique a pris beaucoup d’ampleur ces vingt dernières années : en plus de contribuer à atténuer les perturbations géopolitiques actuelles, ce domaine est essentiel pour aborder les grands enjeux planétaires comme la progression fulgurante de l’intelligence artificielle, les changements climatiques, la santé mondiale, l’insécurité alimentaire, les crises démocratiques et la gouvernance des technologies émergentes. Notre réseau de chaires en diplomatie scientifique vise à renforcer la position du Québec en tant que chef de file de ce domaine en structurant le développement de programmes de recherche novateurs et en favorisant les partenariats locaux et internationaux. Ce réseau, l’un des plus importants au monde dans ce domaine, a officiellement été déployé le 25 mars 2026 à Montréal. 

  
Le tableau suivant résume brièvement les thématiques explorées par chaque chaire financée. Les chaires ont une dimension intrinsèquement internationale, puisque les projets qu’elles proposent doivent réunir des équipes de recherche et des établissements de divers pays et être financés par des organisations d’un peu partout dans le monde. En outre, elles ont notamment comme mandat de mettre en œuvre un programme de recherche en diplomatie scientifique qui ne pourrait être réalisé sans une coopération internationale, de former la relève dans ce domaine, et de contribuer au transfert et à la mobilisation des connaissances vers les diplomates, les décisionnaires et les organismes publics. Les titulaires des chaires devront aussi collaborer entre eux, assurer l’efficacité du réseau et accepter d’élargir celui-ci au fil du temps. Le projet est ambitieux, mais emballant.  

Voici un résumé des activités proposées par deux des chaires en diplomatie scientifique. 

La Chaire internationale de recherche en diplomatie scientifique pour la coopération arctique et spatiale, dirigée par Pooneh Maghoul à Polytechnique Montréal, illustre bien comment l’expertise scientifique peut éclairer la gouvernance dans des domaines en pleine évolution. Elle propose un programme axé sur des cas qui intègre des perspectives scientifiques, juridiques, techniques, autochtones et diplomatiques pour aborder des enjeux géopolitiques et environnementaux parallèles dans les régions circumpolaires nordiques et l’espace extra-atmosphérique. Son objectif global est de former une nouvelle génération de techno-diplomates scientifiques qui sera en mesure de faire face aux bouleversements climatiques, à l’accélération des activités spatiales, à la vulnérabilité des infrastructures et aux lacunes des cadres juridiques actuels. Au cœur de cette initiative : la création d’une plateforme scientifique pour la coopération dans les environnements extrêmes et des cheminements de formation qui privilégient l’engagement fondé sur l’expérience, l’interculturalité et les perspectives autochtones. Le programme vise également à contribuer à l’élaboration de nouvelles normes juridiques pour l’usage des ressources et les infrastructures dans l’Arctique et l’espace extra-atmosphérique. Il s’appuie en outre sur un solide écosystème de formation (dont ses deux programmes phare, l’École d’été internationale – Prochaine génération de techno-diplomates et l’initiative Lab-to-Policy), grâce auquel les stagiaires pourront allier technologie, prévisions et politiques afin de contribuer à la création de protocoles, d’évaluations et de trousses d’outils.  

La Chaire sur la diplomatie scientifique et la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA), dirigée par Catherine Régis à l’Université de Montréal, propose d’examiner le rôle novateur que peut jouer la diplomatie scientifique dans la gouvernance de l’IA, mais aussi comment l’IA peut aider les acteurs du milieu à atteindre leurs objectifs. Elle produira de nouvelles connaissances qui viendront appuyer de manière concrète le travail de ces acteurs (scientifiques, gouvernements, diplomates, organisations internationales, etc.) : elle leur proposera des mesures favorisant l’atteinte de leurs objectifs et créera des outils utiles, par exemple une carte dynamique des initiatives de gouvernance de l’IA à l’échelle internationale, des énoncés de politique et des formations sur l’utilisation appropriée de l’IA dans le cadre de leurs activités. Pour mener à bien son programme, la Chaire pourra compter sur un réseau international de chercheuses et de chercheurs de divers horizons, notamment le droit international, les relations internationales, l’IA, l’éthique, les communications, l’économie et la science des données. Ses activités seront associées à d’autres entités, notamment le nouvel Organe consultatif des Nations Unies, l’Observatoire de l’UNESCO et l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA (OBVIA). 

Grâce à la diversité de leurs approches et de leurs thèmes de recherche, ainsi qu’à la coopération internationale, les huit chaires en diplomatie scientifique enrichiront grandement ce domaine de recherche et de pratique en pleine évolution. Le Bureau du scientifique en chef du Québec et le FRQ les aideront à maximiser leur influence, chacune de leur côté et ensemble en tant que réseau novateur. 

Tableau 1 : Le réseau de huit chaires en diplomatie scientifique 

Titre de la chaire  Université  Titulaire  Établissements partenaires  
Chaire internationale de recherche en diplomatie scientifique pour la coopération arctique et spatiale  Polytechnique Montréal Pooneh Maghoul Université des Nations Unies – Institut pour l’eau, l’environnement et la santé, Université Paris-Saclay, Centre de diplomatie scientifique
Chaire sur la diplomatie scientifique et la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle  Université de Montréal Catherine RégisHEC Montréal, Universidad de los Andes, Université d’Oxford, Université d’Umeå, Université de Bologne, Université de Genève, Université de Cambridge – Jesus College, Université de Yaoundé II, Université numérique Cheikh Hamidou Kane, Université d’Abomey-Calavi 
Chaire de diplomatie scientifique en dynamique et gestion des stocks halieutiquesUniversité du Québec à Rimouski Dominique Robert Université de Tokyo
Réseau d’innovation de convergence alimentaire en Afrique (FCI-Africa) : une initiative internationale de diplomatie scientifique pour la sécurité alimentaire et la prospérité durableUniversité McGillEbenezer KwofieInstitut international de recherche sur les politiques alimentaires, Académie africaine des sciences, Université de Pretoria, Institut de recherche sur les politiques scientifiques et technologiques du CSIR 
Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique : savoirs, technologies et gouvernanceUniversité de SherbrookeAnnie ChalouxUniversité Laval, Université Grenoble Alpes, Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (INRIA), Centre de formation Frontline Associates, Copticom 
Chaire de recherche en diplomatie scientifique sur l’inclusion dans l’éducation de la petite enfance  Université du Québec à Trois-RivièresCarmen DionneUniversidad CES, Universidad del Rosario, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
Chaire de recherche en diplomatie scientifique autochtoneUniversité du Québec en Abitibi-TémiscamingueHugo AsselinConseil pour la recherche scientifique et industrielle 
Chaire de recherche en diplomatie scientifiqueUniversité Laval  Anna-Lena RülandLa Sorbonne 
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