Une conférence du Parti Québécois contestée à l’Université Laval
« L’avenir de la nation québécoise », une conférence organisée par l’association du Parti Québécois à l’Université Laval le 26 mars, a suscité une vive controverse au sein de groupes étudiants.
Le panel de la conférence qui couvrait l’état et l’avenir de la nation québécoise était composé du député du Parti québécois à Arthabaska Alex Boissonneault, de l’auteur Étienne-Alexandre Beauregard, et de l’analyste géopolitique et entrepreneur Benjamin Tremblay.
Le Regroupement des étudiantes et étudiants en sociologie de l’Université Laval, l’Association des étudiant·e·s en sciences sociales de l’Université Laval, l’Association des étudiantes et étudiants d’anthropologie de l’Université Laval et Féministes en mouvement de l’Université Laval ont entre autres dénoncé la composition du panel, jugé idéologiquement homogène et porteur de discours qu’elles estiment discriminatoires. Les quatre associations ont appelé à l’annulation de l’événement ou, à défaut, à une plus grande diversité de points de vue.
Dans une lettre ouverte, les signataires souhaitaient convaincre l’établissement d’annuler la conférence ou de forcer l’inclusion d’une certaine forme de parité d’opinions. Selon les associations, les trois panélistes répandent un discours « traditionaliste, discriminatoire, voire haineux. »
Les personnes autrices de la lettre estiment que la tenue de cet événement est contraire aux valeurs d’égalité, d’ouverture et d’intégrité de l’institution.
L’événement est sans rappeler la tournée « Restore the North » du député fédéral conservateur Jamil Jivani dans les universités canadiennes anglophones entre la fin 2025 et le début de 2026 qui s’inscrivait dans une stratégie de mobilisation politique ciblant particulièrement les jeunes hommes.
La controverse autour de la tenue de l’événement à l’Université Laval s’inscrit ainsi dans une tendance où les campus canadiens deviennent des terrains de mobilisation politique, notamment autour de discours sur l’identité, l’immigration et le malaise de certains jeunes hommes.
Par courriel, le président de l’association du Parti Québécois de l’Université Laval, Jaider Cabarcas, a répondu que les organisateurs « trouvent malheureuse et choquante la réaction de plusieurs autres groupes à l’intérieur et à l’extérieur de l’université. La liberté académique et la liberté d’expression sont des valeurs essentielles pour un débat sain dans notre société et qu’ils ne cautionnaient pas un tel discours basé sur la désinformation et la volonté d’annulation par association. »
Le département des communications de l’Université Laval a rappelé qu’il s’agissait d’une activité organisée par une association étudiante et non par l’établissement. « Une association étudiante a le droit de tenir des activités si elles respectent les règles de l’Université qui veille à ce que toute activité se déroule dans un environnement sécuritaire pour l’ensemble des participantes et participants », a indiqué Simon La Terreur
porte-parole de l’établissement. « L’Université Laval se veut un lieu de discussion libre, ouvert, où toutes les voix peuvent être entendues et où différents points de vue peuvent être soumis et débattus dans le respect. »
Par ailleurs, dans son Énoncé Institutionnel sur la protection et la valorisation de la liberté d’expression, l’établissement indique s’engager à protéger la libre circulation des idées, même celles qui sont controversées, dans le respect des lois, des conventions collectives et des règlements en vigueur, et à offrir un environnement propice aux échanges, aux débats et au dialogue. Ainsi, l’Université Laval peut intervenir si l’idée ou la façon de l’exprimer contrevient aux lois canadiennes ou québécoises, et à leur application, concernant notamment la diffamation, les propos haineux ou l’incitation à la violence et aux conventions collectives, aux règlements ou aux politiques en vigueur à l’Université.
Les quatre associations ayant demandé l’annulation de l’événement n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue.
Postes vedettes
- Décanat de la Faculté d’éducationUniversité de l'Ontario francais
- Directrice ou directeur de la Division d’urologieUniversité McGill
- Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique de l’Université McGill et Directrice/directeur de la Division de chirurgie orthopédique du Centre universitaire de santé McGillUniversité McGill
- Chaires de recherche Impact+ Canada en la guerre de l’information et la gouvernance stratégique du numériqueUniversité du Québec à Trois-Rivières
- Chaires de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski
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