Mobilisation étudiante : des enquêtes pour faire avancer la santé mentale
L'arrivée imminente de la prochaine Enquête sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur rappelle l'importance des luttes étudiantes sur la mobilisation des connaissances en enseignement supérieur et ses retombées concrètes auprès des personnes étudiantes.
Cet article s’inscrit dans le cadre d’une série d’articles mensuels sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur portée par l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES) et l’Initiative sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (ISMÉ).
Les luttes étudiantes ne datent pas d’hier. Il suffit de retourner dans les archives pour prendre connaissance des nombreux progrès qui ont émergé grâce aux revendications des associations étudiantes. Voici quelques exemples qui témoignent de la force des grandes mobilisations étudiantes :
- Le mouvement étudiant de 2012, en riposte à l’augmentation des frais de scolarité dans les universités québécoises, a permis d’éviter une hausse des frais de scolarité. Selon une étude menée en 2017 par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), ce sont 1465 $ qui ont été économisés en 2017 sur la facture scolaire étudiante grâce au Printemps Érable.
- En 2017, les luttes menées par les associations étudiantes autour des violences à caractère sexuelles en enseignement ont fortement contribué à l’adoption de la Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur, qui exige aux établissements collégiaux et universitaires à se doter de mesures concrètes dans la prévention des violences à caractère sexuel.
- Puis, les données issues de l’Enquête Sous ta façade, menée en 2018, ont permis de concrétiser le tout premier Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur du ministère de l’Enseignement supérieur. Ce plan a permis aux cégeps et universités de la province de recevoir davantage de financement pour la santé mentale étudiante. Ce même plan a également mené à la création de l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES).
Pour des changements adaptés aux réalités
Ces moments marquants du mouvement étudiant permettent d’apprécier la force d’une mobilisation collective autour de revendications communes et ses retombées concrètes sur les conditions et le bien-être des personnes étudiantes. Ces mobilisations ont d’autant plus de crédibilité et d’impact lorsqu’elles intègrent une démarche scientifique pour brosser un portrait nuancé et objectif orientant la mise en place d’actions autour des besoins documentés et des réalités étudiantes.
Lorsque des revendications étudiantes mènent à des enquêtes sur le terrain, les personnes étudiantes ont la chance de s’exprimer de manière anonyme, de prendre part au changement et de faire le point sur leur vécu dans le contexte des études. Les parties prenantes institutionnelles, quant à elles, peuvent utiliser ces données pour orienter les décisions à venir.
C’est ce que vise la prochaine Enquête sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur, pilotée par l’OSMÉES. La première enquête, menée en 2024, a permis de soulever des enjeux toujours d’actualité en matière de santé mentale étudiante, notamment en ce qui a trait à la présence de symptômes anxieux (44,9 %) et dépressifs (40,2 %) chez les personnes étudiantes. Elle permet aussi de conclure que les personnes étudiantes issues de la diversité, notamment celles de la diversité sexuelle et de genre et celles en situation de handicap ont des prévalences élevées de symptômes anxieux et dépressifs.
Les portraits acheminés aux établissements et aux associations étudiantes ont permis de bonifier ou de réajuster l’offre de services en santé mentale étudiante et de mieux cerner les besoins et les préoccupations des personnes étudiantes sur le plan de leur santé mentale. L’évaluation et les réflexions autour de la santé mentale des personnes étudiantes doivent toutefois faire l’objet d’une opération en continu, puisque ces enjeux évoluent rapidement. C’est dans cette logique qu’une seconde enquête sera déployée dans les établissements collégiaux et universitaires de la province cet automne.
Pourquoi un deuxième temps de mesure?
Du 2 au 22 novembre 2026, l’Enquête sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur sera de nouveau lancée dans les cégeps, collèges et universités.
Cette deuxième enquête permettra de tirer des conclusions plus claires sur l’évolution, les besoins et les réalités des personnes étudiantes québécoises. En comparant les deux portraits, l’OSMÉES souhaite être en mesure d’élucider certains effets des nombreuses actions mises en place au cours des dernières années et d’identifier quels sont les besoins qui persistent en matière de santé mentale chez les personnes étudiantes. L’intervalle rapproché des deux temps de mesure permettra notamment d’analyser l’évolution de la santé mentale chez les personnes étudiantes ayant répondu à la première enquête en 2024.
L’ensemble des personnes étudiantes collégiales et universitaires du Québec, qu’elles soient à temps partiel ou complet, sont invitées à y répondre. Le lien de participation sera disponible à partir du 2, du 3 ou du 4 novembre 2026 selon les établissements, via le courriel ou le portail institutionnel de la personne étudiante. Un tirage de 18 cartes-cadeaux de 100 $ sera réalisé parmi les personnes participantes. Grâce au soutien des associations étudiantes et des membres du personnel, des kiosques de sensibilisation seront déployés dans les cégeps, collèges et universités afin d’informer sur l’enquête en cours et de présenter diverses ressources disponibles pour la santé mentale étudiante.
Depuis le début, l’OSMÉES compte sur le précieux soutien de l’Union étudiante du Québec, de la Fédération étudiante collégiale du Québec et de l’Initiative sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur dans le cadre de la mobilisation autour de ce projet de recherche. S’il est clair aujourd’hui qu’il est nécessaire de continuer à mettre en place des actions à tous les niveaux pour favoriser la santé mentale étudiante, c’est en grande partie grâce à la mobilisation étudiante et aux études qui ont été réalisées ces dernières années. La participation de chaque personne étudiante à cette prochaine enquête contribuera concrètement à orienter les prochaines actions dans les établissements de manière à répondre aux besoins qui évoluent. C’est donc un rendez-vous avec l’avenir à ne pas manquer.
La Station SME propose plusieurs informations et outils pour développer la littératie en santé mentale étudiante. Une banque d’outils est entre autres disponible pour soutenir leur santé mentale.
Postes vedettes
- Leader émergent Impact+ Canada en recherche et thérapeutiques du cancerUniversité d'Ottawa
- Informatique - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (cybersécurité ou intelligence artificielle)Université Laurentienne
- Inégalités mondiales et le commerce - Professeure ou professeurUniversité Laval
- Architecture - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (enjeux sociaux et humains)Université de Montréal
- Études internationales - Professeure ou professeur (défense et sécurité de l'artique)Université Laval
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