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Le gouvernement fédéral annonce un programme d’aide financière de 9 milliards de dollars pour les étudiants

Les mesures prévues comprennent une Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants, une Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant, l’élargissement du programme de bourses d’études canadiennes et la création de 76 000 emplois.

par NATALIE SAMSON | 23 AVRIL 20

Le gouvernement fédéral lance un vaste programme d’aide financière pour les étudiants. Il estime que les nouvelles mesures axées sur les étudiants annoncées mercredi totaliseront 9 milliards de dollars.

Les étudiants touchés par la pénurie d’emplois d’été et qui ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) auront droit à la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE). De mai à août, le nouveau programme compensera la perte des revenus liés aux emplois d’été pour les étudiants à hauteur de 1 250 dollars par mois. Les étudiants admissibles qui sont handicapés ou qui ont une personne à charge auront droit à 2 000 dollars par mois (contrairement aux 1 750 annoncés initialement). Le programme s’adresse aux étudiants actuels, à ceux qui commenceront leurs études en septembre 2020 et à ceux qui ont obtenu leur diplôme après décembre 2019.

Comme la PCU, la nouvelle prestation sera versée par l’Agence du revenu du Canada. Les étudiants pourront gagner jusqu’à 1 000 dollars par mois tout en recevant l’aide fédérale.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé le programme mercredi, lors de sa conférence de presse quotidienne. « Partout au pays, les jeunes mettent la main à la pâte, et nous allons leur rendre la pareille, a-t-il affirmé. Les conséquences de la crise sur les jeunes sont importantes. Nous voulons prendre soin d’eux. »

Le premier ministre a également annoncé la création d’une Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant. Selon le temps consacré au bénévolat pendant la pandémie, le montant versé ira de 1 000 dollars à 5 000 dollars. Il a aussi indiqué que le gouvernement doublerait le montant des bourses d’études canadiennes et de celles des territoires et du Québec pour l’année scolaire 2020-2021. Par ailleurs, une enveloppe de 291 millions de dollars servira à prolonger les bourses d’études et de recherche et les subventions aux cycles supérieurs pour les trois à quatre prochains mois. Un montant supplémentaire de 75 millions de dollars est prévu pour les étudiants inuits, métis et des Premières Nations.

Le gouvernement s’engage également à créer 76 000 emplois dans des secteurs actuellement en manque de main-d’œuvre, comme l’agriculture, ou qui sont essentiels à la gestion de la pandémie de COVID-19 au pays. Ces emplois s’ajouteront à ceux du programme Emplois d’été Canada, dont le financement a été augmenté plus tôt ce mois-ci.

Plusieurs groupes étudiants avaient déploré les critères d’admissibilité à la PCU. Celle-ci prévoit jusqu’à 500 dollars par semaine pendant une période allant jusqu’à seize semaines pour les Canadiens qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie, et dont les revenus des douze derniers mois atteignent au moins 5 000 dollars, ce qui exclut beaucoup d’étudiants et de nouveaux diplômés.

Une pétition intitulée #N’OubliezPaslesÉtudiants a d’ailleurs recueilli 44 400 signatures sur le site change.org. Les signataires demandaient au gouvernement canadien de venir en aide à tous les étudiants et aux nouveaux diplômés, « sans égard à leur revenu ou à leur situation d’emploi ».

Des organisations étudiantes, dont l’Alliance canadienne des associations étudiantes (ACAE) et le groupe Undergraduates of Canadian Research-Intensive Universities (une coalition d’associations étudiantes des établissements membres du groupe U15), avaient formulé des recommandations à l’intention du gouvernement. Elles lui demandaient entre autres de créer un volet de financement pour les étudiants dans le cadre de la PCU et d’élargir le programme de bourses d’études canadiennes.

Ces groupes ont réagi positivement au nouveau programme d’aide financière. « L’annonce enlève un poids immense des épaules de la communauté étudiante, a affirmé Philippe LeBel, président de l’Union étudiante du Québec, dans un communiqué cosigné par l’ACAE. Elle peut finalement se consacrer à ses examens ou à ses travaux de recherche sans s’inquiéter du loyer du 1er mai. »

Le gouvernement avait instauré auparavant un moratoire de six mois sans intérêt pour le remboursement des prêts étudiants. De son côté, Statistique Canada a mis au point un sondage, accessible jusqu’au 1er mai, sur « les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la scolarité, le travail et les finances » des étudiants.

Selon le premier ministre, le gouvernement libéral travaillera en collaboration avec les partis d’opposition pour adopter une loi sur le financement destiné aux étudiants et des précisions sur les nouveaux programmes suivront dans les prochains jours.

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