Les universités anglophones du Québec mettent en œuvre les nouvelles exigences en français
McGill, Concordia et Bishop’s déploient de nouvelles initiatives pour encourager la population étudiante à apprendre le français.
Pour les étudiantes et étudiants qui font leur entrée cette année dans l’une des trois universités anglophones du Québec, l’apprentissage du français occupera désormais une place plus importante dans leur parcours universitaire.
En vertu d’une entente conclue avec le gouvernement du Québec en juin, les compétences en français des étudiantes et étudiants de premier cycle qui commencent leurs études à l’Université McGill, à l’Université Concordia ou à l’Université Bishop’s à l’automne 2026 ou après seront évaluées, à commencer par la cohorte qui obtiendra son diplôme en 2029-2030.
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60 % de ces étudiantes et étudiants devront être en mesure de comprendre de courtes conversations portant sur des activités ou des situations courantes. Cela correspond au niveau 4 sur 12 de l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français, soit l’équivalent du niveau A2 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).
Reese Raphael, étudiante de première année à l’Université McGill originaire de Toronto, estime que ses compétences à l’oral en français sont « terribles », mais voit d’un bon œil les attentes du gouvernement. « Être bilingue au Canada est un atout », affirme Mme Raphael, qui suit un cours de français pour débutants et espère faire carrière en politique.
Le gouvernement provincial versera aux trois universités un total de 20 millions de dollars par année pendant les huit prochaines années afin d’aider les étudiantes et étudiants internationaux et ceux provenant de l’extérieur du Québec à améliorer leur français. Si McGill ou Concordia n’atteint pas la cible fixée, son financement sera réduit de 1 500 $ pour chaque étudiante ou étudiant manquant pour atteindre le seuil. Bishop’s est exemptée de ces pénalités financières.
Les étudiantes et étudiants originaires de France et d’autres pays francophones sont comptabilisés dans la cible de 60 %, tout comme les personnes provenant de l’extérieur du Québec qui ont étudié en français pendant au moins trois ans au secondaire ou au niveau postsecondaire.
De nouveaux programmes voient le jour
Les étudiantes et étudiants à temps plein provenant de l’extérieur du Québec ainsi que les étudiantes et étudiants internationaux pourront bénéficier, pour les cours de français admissibles, d’une exemption leur permettant de payer des droits de scolarité comparables à ceux d’une personne résidant au Québec.
Carys Grey, étudiante de première année à l’Université McGill originaire des États-Unis, explique que la possibilité de devenir bilingue a contribué à sa décision de s’installer à Montréal. « Je voulais apprendre une nouvelle langue, je ne voulais pas rester enfermée dans une bulle américaine », affirme Mme Grey, qui suit un cours de français pour débutants à McGill.
Chaque université multiplie également les occasions facultatives d’apprentissage du français.
Bishop’s a lancé Oui Expérience, une initiative à l’échelle du campus qui propose une série d’expériences d’immersion en français, notamment des espaces pour pratiquer la conversation, des séances hebdomadaires de chansons d’artistes québécois, des ateliers artistiques et des sorties culturelles. L’Université a également mis sur pied un laboratoire multimédia de langues offrant des leçons et des exercices d’apprentissage du français.
À Concordia, la nouvelle initiative Oui Can Help! propose des séances de conversation individuelles, des occasions de pratiquer le français en petits groupes ainsi que des séances sans rendez-vous avec une tutrice ou un tuteur étudiant. L’Université organise également régulièrement des ateliers et des activités consacrés à l’apprentissage du français.
Isabelle Rogers, étudiante et coordonnatrice aux affaires universitaires et à la défense des droits à l’Association étudiante de l’Université Concordia, souligne que l’association étudiante ainsi que les associations facultaires et départementales ont elles aussi intensifié leurs efforts pour rendre l’apprentissage du français plus accessible et agréable. Elle estime toutefois que les étudiantes et étudiants seront les premiers à subir les conséquences d’éventuelles pénalités financières imposées à l’Université.
« Dans le contexte d’austérité auquel Concordia est actuellement confrontée, toute répercussion financière se fera sentir à petite échelle », a déclaré Mme Rogers dans une déclaration écrite. « Le Québec pénalise financièrement Concordia, McGill, Bishop’s et les cégeps anglophones […] Cela a porté un dur coup à notre déficit. »
En plus de proposer des activités parascolaires similaires, McGill offrira un programme d’immersion en français pendant l’été. L’Université met également à l’essai une bourse pour les cours de français durant les trimestres d’automne, d’hiver et d’été de l’année universitaire 2026-2027. Cette bourse couvre les droits de scolarité des étudiantes et étudiants qui ont peu ou pas de connaissances préalables en français et qui suivent des cours crédités de français de niveau débutant.
« À McGill, nous sommes fiers de notre double identité : profondément enracinée au Québec et fortement présente sur la scène internationale, affirme Natallia Liakina, vice-rectrice adjointe, Rayonnement du français, à l’Université McGill. Cette entente, en plus de nous permettre de créer de nouvelles bourses dès cette année, nous permet de bonifier les possibilités existantes d’apprentissage du français et de favoriser une meilleure intégration de nos étudiantes et étudiants à la communauté montréalaise. »
La première cohorte sera évaluée en fonction des nouvelles cibles au moment d’obtenir son diplôme, en 2029-2030.
Postes vedettes
- Design - Professeure ou professeur (histoire, théories et pratiques du design de l’environnement)Université du Québec à Montréal
- Sociologie du travail - Professeure régulière ou professeur régulierUniversité Laval
- Systèmes d’information - Professeure adjointe ou agrégée ou professeur adjoint ou agrégéUniversité d'Ottawa
- Génie - Professeure ou professeur (aérospatial - opérations d’engins spatiaux)École de technologie supérieure
- Architecture - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (enjeux sociaux et humains)Université de Montréal
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