Le nombre de permis d’études aux cycles supérieurs a doublé depuis 2025
Les modifications apportées aux politiques entraînent une forte hausse du nombre de permis délivrés aux candidates et candidats internationaux à la maîtrise et au doctorat.
Le nombre d’étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs qui viennent au Canada connaît une croissance spectaculaire, selon les données obtenues par Affaires universitaires.
En avril, mai et juin 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a délivré plus de deux fois le nombre de nouveaux permis d’études à des étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs comparativement à la même période l’année dernière. Les chiffres sont éloquents : 6 455 permis ont été accordés ce printemps, contre 3 085 en 2025.
Outre les nouveaux permis d’études, les chiffres d’IRCC montrent que d’avril à juin, les prolongations de permis pour les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs ont également connu une forte hausse : elles sont passées de 3 935 en 2025 à 8 035 en 2026.
Cette augmentation s’est produite malgré une légère baisse du nombre total de demandes. Au deuxième trimestre de 2026, 23 480 étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs ont demandé un nouveau permis d’études ou une prolongation de leur permis d’études. À titre de comparaison, ce chiffre s’élevait à 26 820 au cours de la même période l’année dernière.
Demandes de permis d’études aux cycles supérieurs : 2025 et 2026
Données d’IRCC sur les étudiants à la maîtrise et au doctorat, d’avril à juin.
Demandes reçues
D’après Melissa Zeroual, porte-parole d’IRCC, la forte montée du nombre de permis accordés s’explique par le fait que la proportion de permis délivrés à des étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs est en augmentation par rapport à ceux délivrés à des étudiantes et étudiants internationaux au premier cycle. « Les permis d’études délivrés aux étudiantes et étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat représentaient 12 % du nombre total en 2025. Or, ce chiffre s’élève à 21 % pour l’année en cours », explique-t-elle.
Permis d’études aux cycles supérieurs délivrés : 2025 et 2026
Données d’IRCC sur les étudiants à la maîtrise et au doctorat, d’avril à juin.
Permis délivrés
L’Université de Colombie-Britannique enregistre une hausse des demandes en provenance du monde entier
Alors que de nombreuses universités ne publieront leurs statistiques d’inscription aux cycles supérieurs qu’à la fin de l’année, l’Université de Colombie-Britannique fait partie des établissements qui ont déjà annoncé une croissance du nombre de candidatures.
« Les demandes provenant d’étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs ont augmenté de 15 % en 2026; la hausse est de 30 % pour les programmes de doctorat », indique Shane Moore, responsable du marketing et du recrutement à la faculté des études supérieures et postdoctorales.
L’Université fait état d’un vif intérêt de la part des étudiantes et étudiants originaires des États-Unis, d’Inde, du Nigeria et d’Iran. Le nombre de candidatures provenant du Mexique, du Royaume-Uni, de Taïwan et de la Turquie connaît également un essor.
Joseph Wong, vice-recteur chargé des affaires internationales à l’Université de Toronto, a déclaré à Affaires universitaires que le soutien apporté aux étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs était indispensable au succès de l’établissement.
« L’année dernière, nous avons mis en place l’un des programmes d’aide financière les plus généreux du Canada pour les étudiantes et étudiants inscrits au doctorat, notamment en sciences juridiques, en portant le montant offert à 40 000 dollars, droits de scolarité compris, au profit d’environ 2 800 étudiantes et étudiants [du Canada et d’ailleurs] », explique M. Wong.
Chute puis rebond des permis accordés aux cycles supérieurs
Après avoir strictement limité, en janvier 2024, le nombre de permis d’études délivrés aux étudiantes et étudiants internationaux, le gouvernement fédéral a récemment adopté une approche plus nuancée, visant à attirer les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs.
Avant la mise en place du plafond, de nombreux programmes de premier cycle accueillaient un nombre croissant d’étudiantes et d’étudiants internationaux pour équilibrer leurs budgets. Ces étudiantes et étudiants paient des droits de scolarité bien plus élevés que leurs homologues du Canada; par conséquent, ils génèrent plus de revenus. Le durcissement des conditions d’obtention des permis d’études en 2024 a touché les étudiantes et étudiants internationaux à tous les niveaux : premier cycle, maîtrise et doctorat.
En imposant ce plafond en 2024, l’ancien ministre d’IRCC Marc Miller a critiqué certains établissements d’enseignement du secteur privé, les qualifiant d’« usines à chiots ». En conséquence, le Canada a perdu de son attrait en tant que destination d’études, et les candidates et candidats internationaux se sont tournés vers d’autres pays.
« La réputation de nos universités a sans aucun doute été entachée, reconnaît Robert Asselin, chef de la direction du regroupement U15, une organisation représentant 15 des meilleures universités de recherche du Canada. Une réforme était nécessaire, mais le gouvernement est tombé dans l’autre extrême. Nous avons désormais besoin d’une approche plus équilibrée afin de rétablir notre réputation. »
L’« effet Carney » renforce la réputation du Canada
C’est dans ce contexte que, plus tôt cette année, le gouvernement libéral a dispensé les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs de l’obligation de présenter une lettre d’attestation provinciale ou territoriale (LAP ou LAT). Ces lettres indiquent qu’une province ou un territoire a pris en compte l’étudiante ou l’étudiant dans le cadre de ses attributions annuelles de permis d’études.
« Cette exemption élimine un obstacle administratif pour les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs, en reconnaissance de leur contribution unique à la croissance économique et à l’innovation au Canada », indique Mme Zeroual. Le gouvernement a également promis aux candidates et candidats au doctorat que leurs dossiers seraient traités dans un délai de 14 jours.
Selon Mme Zeroual, l’augmentation du nombre d’étudiantes et étudiants internationaux aux cycles supérieurs n’est pas un phénomène temporaire. « IRCC s’attend à ce que cette tendance se poursuive avec la mise en place, en 2026, de nouvelles mesures destinées aux étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et les efforts continus visant à attirer des talents à la maîtrise et au doctorat. »
« Cette croissance est une excellente nouvelle, souligne M. Asselin. En effet, nous avons besoin d’un plus grand nombre d’étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs, notamment au doctorat. »
Il salue les efforts déployés par le premier ministre Mark Carney pour établir des partenariats internationaux, dans la foulée des menaces lancées par le président américain Donald Trump concernant la souveraineté canadienne. « Cette initiative a considérablement renforcé notre image de marque et notre attrait auprès des étudiantes et étudiants internationaux. »
Patricia Porto de Barros Ayaz est une doctorante brésilienne en sciences politiques qui étudie à l’Université Dalhousie depuis cinq ans. Elle a choisi de s’installer au Canada parce qu’elle estime que c’est un pays sûr où les occasions ne manquent pas.
Elle est convaincue d’avoir pris la bonne décision. « Chaque fois que je reviens au Canada, je vois de nouvelles bonnes raisons de vivre ici », a-t-elle confié à Affaires universitaires.
Pour réussir leur intégration, les étudiantes et étudiants internationaux doivent s’impliquer au sein du campus et de leur communauté, conseille Mme Porto de Barros Ayaz.
Francis Kobekyaa, doctorant en sciences infirmières à l’Université de Colombie-Britannique, a été séduit par l’excellence du corps professoral de cette université. M. Kobekyaa, originaire du Ghana, affirme avoir reçu un soutien exceptionnel pour ses études supérieures au cours des cinq dernières années.
Il exprime toutefois une préoccupation, qui est partagée par de nombreuses personnes canadiennes : « Les logements sont très chers, surtout à Vancouver. »
Postes vedettes
- Architecture - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (enjeux sociaux et humains)Université de Montréal
- Génie - Professeure ou professeur (aérospatial - opérations d’engins spatiaux)École de technologie supérieure
- Systèmes d’information - Professeure adjointe ou agrégée ou professeur adjoint ou agrégéUniversité d'Ottawa
- Sociologie du travail - Professeure régulière ou professeur régulierUniversité Laval
- Design - Professeure ou professeur (histoire, théories et pratiques du design de l’environnement)Université du Québec à Montréal
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