Jeremy Hansen, de la physique à la Lune

Derrière le premier Canadien en route vers la Lune, un parcours académique rigoureux et des liens étroits avec la recherche universitaire.

08 avril 2026
Crédit photo : NASA/Keegan Barber

Le colonel Jeremy Hansen entre dans l’histoire en devenant le premier Canadien à s’envoler vers la Lune dans le cadre de la mission Artemis II. Derrière l’image de l’intrépide militaire se cache pourtant un parcours académique d’exception, profondément enraciné dans la physique et les sciences spatiales. 

Né en 1976 à London, en Ontario, Jeremy Hansen se passionne très tôt pour l’exploration spatiale, inspiré par les exploits de Neil Armstrong. Il rejoint les Cadets de l’Air à 12 ans, une expérience qui lui permet d’obtenir sa licence de pilote de planeur à 16 ans, puis de pilote privé à 17 ans.  

Son parcours universitaire débute au Québec, au Collège militaire royal de Saint-Jean, avant de se poursuivre au Collège militaire royal du Canada (CMR) à Kingston en Ontario. Il y obtient un baccalauréat en sciences spatiales en 1999 avec mention d’honneur,  puis une maîtrise en physique l’année suivante.  

« C’est exactement ce qu’il voulait faire » 

Sous la direction d’Erwin Batalla, il se spécialise dans le suivi des satellites à large champ de vision. « Il ressortait nettement du lot, se remémore son enseignant, aujourd’hui à la retraite. C’était un étudiant très déterminé, avec une qualité de travail exceptionnelle, très patient, qui s’entendait d’ailleurs très bien avec tout le monde. Je sais qu’il est très content aujourd’hui, car c’est exactement ce qu’il voulait faire. » 

Le programme de sciences spatiales du CMR est l’un des rares au pays à offrir une formation spécialisée en physique spatiale, couvrant notamment la mécanique orbitale, la conception et l’analyse de missions spatiales, la poursuite de satellites, la télédétection et les communications.   

Le Labrador et l’Arctique en guise de salle de classe 

À l’Université Western, le professeur Gordon Osinski joue un rôle central dans les préparations géologiques des astronautes de la mission d’Artemis II. Il entretient une relation de longue date avec M. Hansen. « J’ai rencontré Jeremy en 2012, peu après qu’il soit devenu astronaute. L’Agence spatiale canadienne cherchait à approfondir la formation en géologie pour sa nouvelle cohorte, dont faisait partie Jeremy. Comme je mène des expéditions de terrain dans l’Arctique canadien, ils m’ont approché pour combiner l’enseignement scientifique et la préparation opérationnelle. » 

Selon l’expert, L’Arctique est un excellent analogue pour Mars et la Lune en raison de son isolement et de sa structure géologique. Il a notamment mené des travaux au cratère d’impact du lac Kamestastin, dans le nord du Labrador, en 2021 et 2023.  « Ce site est unique au monde pour deux raisons : c’est un cratère d’impact météoritique parfaitement préservé, semblable aux millions de cratères qui criblent la Lune et il est formé d’anorthosite. C’est cette roche blanche que l’on voit briller quand on regarde la Lune. Elle est très rare sur Terre, mais omniprésente là-haut. » 

« Tout cet entraînement en valait la peine. Ils utilisent enfin ce qu’ils ont appris sur le terrain avec nous » 

Le chercheur évoque « une mission incroyablement excitante ». «En écoutant les astronautes parler des cratères et de la géologie depuis l’espace, je me suis dit que tout cet entraînement en valait la peine. Ils utilisent enfin ce qu’ils ont appris sur le terrain avec nous. »  

M. Osinski a été sélectionné par la NASA pour faire partie de l’équipe de géologie de la prochaine mission d’Artemis. Il est le seul co-chercheur issu d’une université canadienne à occuper ce rôle . 

Jeremy Hansen s’inscrit dans une lignée prestigieuse de diplômés du CMR aux côtés de Marc Garneau, Chris Hadfield et Joshua Kutryk. Son parcours illustre le rôle déterminant des universités dans la formation des astronautes et dans l’avancement des connaissances, au moment où le Canada s’apprête à renouer avec l’exploration lunaire habitée.  

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