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MATIÈRE À RÉFLEXION

Un stage pendant votre doctorat peut jouer un rôle essentiel dans votre carrière

Les stages peuvent aider les étudiants à réaliser leur potentiel notamment en tant que leaders d’opinion, stratèges ou experts en résolution de problèmes.

par MANISHA TALUKDAR, VINCENT NADEAU, AIDIN BALO, MASHA CEMMA & NANA LEE | 15 AVRIL 19

Au terme de leur formation doctorale rigoureuse, la plupart des étudiants devraient parfaitement maîtriser les compétences de base de leur discipline, et posséder entre autres l’expertise technique, les capacités d’analyse critique et les aptitudes en résolution de problèmes exigées. L’acquisition d’autres compétences, comme l’intelligence émotionnelle ou encore l’aptitude à communiquer efficacement ou à gérer les conflits, peut toutefois exiger un perfectionnement; tout dépend des mentors de l’étudiant et de la stratégie professionnelle. Un stage peut apporter certaines de ces compétences.

Les étudiants n’ont pas tous besoin d’effectuer un stage doctoral. Toutefois, si leur programme ne leur permet pas de parfaire leurs compétences de base (en anglais) comme ils le souhaitent, un stage (autorisé par leur professeur) peut s’avérer essentiel à l’atteinte de leurs objectifs professionnels.

Les étudiants de l’Université de Toronto, en particulier ceux du programme de perfectionnement aux cycles supérieurs (GPD) (en anglais) de la Faculté de médecine, se voient inculquer diverses compétences et apprennent entre autres à tisser des liens, à créer des occasions ou à communiquer efficacement pour être en mesure d’obtenir, voire de concevoir eux-mêmes, les stages ou d’autres activités d’apprentissage par l’expérience qui leur conviennent.

Penchons-nous sur quelques exemples. Alors qu’elle était inscrite au GPD, Masha Cemma souhaitait s’initier au domaine de la politique et de la santé mondiale. Elle a évalué la possibilité de faire un stage au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a aussi assisté à une série de conférences pertinentes et s’est forgé un réseau de collègues et de mentors dans ce domaine. Une fois son diplôme obtenu, elle a intégré la première cohorte des titulaires de Bourses pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes, puis a peaufiné son expérience de la sphère politique au sein du gouvernement fédéral. Mme Cemma est aujourd’hui conseillère en politique auprès de la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer.

Pendant des années, Vincent Nadeau s’est cru destiné à une carrière universitaire au terme de son doctorat en biochimie. Or, son intérêt pour la valorisation de la science l’a conduit à œuvrer comme bénévole au bureau des transferts technologiques de l’hôpital où il menait des travaux de recherche. Cette première occasion d’apprentissage par l’expérience durant ses études l’a aidé à obtenir un stage de quelques mois à temps plein au bureau de valorisation après l’obtention de son diplôme, ce qui lui a ensuite permis d’intégrer l’équipe technique d’une banque d’investissement.

Manisha Talukdar a d’abord effectué un stage de marketing et de développement commercial dans une entreprise de biotechnologie en démarrage. Elle a ainsi pu s’initier à l’aspect commercial de la science, mais aussi imaginer la suite de ses travaux de recherche dans l’optique où elle souhaiterait les commercialiser. Son stage suivant, en tant qu’analyste de la recherche sur l’économie et le marché de la santé au sein d’une entreprise de matériel médical, l’a convaincue de l’importance des compétences en relations humaines pour, par exemple, mener des négociations ou s’adresser aux non-initiés. L’acquisition de ce type de compétences l’a ensuite aidée à rédiger des demandes de bourses et à faire des conférences. Selon Mme Talukdar, tous ces stages ont fait d’elle une chercheuse équilibrée et lui ont permis d’acquérir les compétences grâce auxquelles elle a pu obtenir son emploi actuel.

Après avoir suivi avec succès le GPD, Aidin Balo a mis à profit ses compétences renforcées en communication pour discuter, lors d’un congrès, avec des représentants d’une entreprise qui à l’époque ne s’occupait pas encore de biotechnologie. Après quelques mois passés à établir la relation, ses compétences en biochimie structurelle lui ont permis d’effectuer un stage d’environ cinq heures par semaine dans l’entreprise, pour participer à la mise au point d’un outil interactif de visualisation tridimensionnelle destiné aux chercheurs et aux écoliers. Près de deux ans plus tard, cette histoire est parue dans Nature Methods. Le parcours de M. Balo peut être qualifié de gagnant-gagnant. Son directeur de thèse et lui sont parvenus à trouver un nouveau partenaire au sein de l’industrie, et à cosigner un article. Leur partenaire s’est lancé dans un nouveau secteur : celui des sciences de la vie. L’étudiant a acquis de précieuses compétences en matière de gestion de projet et de collaboration, ainsi qu’une expérience de l’industrie. On ignore si M. Balo optera pour une carrière universitaire mais, quel que soit son choix, toutes ces compétences l’aideront à intégrer le marché du travail, dans un créneau bien à lui.

D’autres étudiants inscrits au GPD ont su gérer de manière proactive leur perfectionnement et la création de leur propre parcours professionnel. Certains étudiants s’imaginent qu’un diplôme de doctorat fait de son titulaire un technicien hautement qualifié ou un spécialiste de telle ou telle discipline scientifique. C’est vrai, mais trop peu de titulaires de doctorat se considèrent comme des leaders d’opinion en science, des analystes de données, des stratèges ou des experts en résolution de problèmes aussi complexes que ceux du monde actuel. Pour être perçus de la sorte au sein de l’industrie, ils doivent savoir communiquer, se créer des réseaux et être proactifs.

Chers étudiants, si aucun programme de perfectionnement professionnel ne vous est proposé, concevez-en un vous-mêmes en faisant appel à des conférenciers. Si votre programme ne prévoit pas de stages, établissez de bons rapports avec les employeurs de votre campus ou de l’extérieur et envisagez d’effectuer chez eux un stage à temps partiel, avec la permission de votre directeur. Les occasions ne manquent pas sur les campus : travail-études, emplois occasionnels dans les bureaux des programmes ou de la vie étudiante, etc. Si votre programme ne prévoit pas de visites d’entreprises, organisez vos propres visites. Si votre département ou votre faculté ne propose pas de programme de mentorat, joignez-vous à Ten Thousand Coffees ou consolidez votre réseau pour trouver des mentors qui vous aideront à forger votre propre itinéraire professionnel.

Grâce à tous ces conseils et avec l’aide d’un plan de développement individuel axé sur une carrière scientifique (en anglais), les étudiants peuvent créer leur propre parcours pour bénéficier d’une formation scientifique gratifiante et d’un perfectionnement professionnel qui leur seront utiles la vie durant. Ils peuvent devenir des chefs de file, des penseurs et des chercheurs aptes à répondre aux besoins du monde d’aujourd’hui tout en traçant leur propre itinéraire professionnel.

À PROPOS MANISHA TALUKDAR, VINCENT NADEAU, AIDIN BALO, MASHA CEMMA & NANA LEE
Vincent Nadeau compte parmi les associés de Bloom Burton Securities, la première banque d’investissement au service du secteur canadien de la santé. Manisha Talukdar est agente de liaison en sciences médicales à AstraZeneca. Elle a soutenu sa thèse de doctorat en septembre 2018. Aidin Balo est chercheur postdoctoral à l’Université de Californie, à Davis. Il a soutenu sa thèse de doctorat en novembre 2018. Masha Cemma est conseillère en politique auprès de la conseillère scientifique en chef du gouvernement du Canada. Nana Lee est directrice du perfectionnement professionnel aux cycles supérieurs ainsi que professeure adjointe aux départements de biochimie et d’immunologie, des sciences de la vie (cycles supérieurs) et d’éducation de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto, en plus d’avoir été directrice des biotechnologies chez Application Science.
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