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À MON AVIS

Les raisons qui poussent les étudiants étrangers aux cycles supérieurs à choisir le Canada

Le pays a démontré son profond engagement à l’égard de la diversité, de l’inclusion et de la citoyenneté mondiale.

par BRENDA BROUWER | 12 MAI 17

Plus tôt cette année, les facultés d’études supérieures canadiennes n’ont pas perdu de temps à répondre à l’appel et à offrir leur soutien aux chercheurs et aux étudiants touchés par les répercussions du décret émis par le président des États-Unis Donald Trump. Nos écoles ont prolongé la période d’inscription, offert des espaces de travail et accordé le statut de chercheur invité aux étudiants et aux universitaires coincés au Canada. Ces mesures, et d’autres aussi, traduisent un profond engagement à l’égard des principes de diversité, d’inclusion et de citoyenneté mondiale que sous-tendent les études supérieures.

Mais ce n’est pas tout. Cet engagement est le résultat d’une compréhension de la valeur qu’ apportent des points de vue variés, une pensée mondiale et une sensibilisation interculturelle aux expériences d’apprentissage de tous les étudiants et, ultimement, aux résultats de recherche.

Un grand nombre d’étudiants étrangers entreprennent leurs études aux cycles supérieurs au Canada. Ils viennent d’un peu partout dans le monde pour étudier, apprendre, faire de la recherche et s’intégrer à nos collectivités. Les plus récentes données (PDF) de Statistique Canada indiquent que plus de 30 pour cent des étudiants au doctorat au Canada ne sont pas canadiens. Il n’est pas étonnant que les universités investissent autant pour faciliter la transition par des cours de langue seconde (en français ou en anglais) et en offrant à tous les étudiants aux cycles supérieurs divers services de soutien ainsi que des ateliers et de la formation qui favoriseront leur réussite scolaire, professionnelle et personnelle.

Attirer le talent étranger dans nos programmes de doctorat permet de créer des liens internationaux et s’harmonise aux stratégies internationales de plusieurs universités. Dans une économie mondiale du savoir, il est impératif d’investir dans la formation de citoyens hautement qualifiés, quel que soit leur pays d’origine. En fait, selon une enquête (PDF) de 2015 du Bureau canadien de l’éducation internationale, après leur doctorat, plus de la moitié des diplômés étrangers indiquent avoir l’intention de devenir citoyens canadiens et contribuer à notre main-d’œuvre hautement qualifiée. Ceux qui retournent dans leur pays d’origine maintiennent souvent des liens avec le Canada, devenant ainsi des ambassadeurs de l’enseignement supérieur canadien.

Ratisser la planète pour recruter le talent vise en grande partie à faire progresser le savoir, la technologie et l’innovation; un capital de recherche dont nous bénéficions tous. Selon les données du regroupement d’universités U15, les établissements canadiens axés sur la recherche offrent en moyenne 27 000 dollars par année aux étudiants au doctorat, qu’ils soient étrangers ou canadiens, pour appuyer leur formation. En outre, les facultés d’études supérieures et les bureaux des affaires internationales sont déterminés à signer des ententes avec les gouvernements étrangers et les agences qui offrent des bourses d’études aux étudiants étrangers en voie de s’inscrire au doctorat au Canada (les droits de scolarité et de subsistance pendant quatre ans) pour accroître le montant total de financement disponible pour tous les étudiants. Ces pratiques contribuent à faire du Canada une destination de choix pour faire des études supérieures.

Par ailleurs, les universités connaissent bien l’argument selon lequel la période de financement devrait être prolongée (à la cinquième année, le financement baisse de près de 7 000 dollars), puisque le temps moyen pour terminer des études doctorales est de plus de quatre ans. Il est d’ailleurs peu probable, dans le contexte économique actuel, que le Trésor public soit disposé à financer les études supérieures au-delà de six ans (maîtrise et doctorat compris). Une telle décision de la part d’un établissement pourrait avoir pour effet de baisser le financement disponible pendant la durée du programme de doctorat de quatre ans.

Une solution financièrement responsable viserait à réduire le temps nécessaire à l’obtention du grade par une refonte de la structure des programmes, l’utilisation de jalons et la mise en place de pratiques et de services qui appuient la réussite et les progrès universitaires. C’est d’ailleurs ce que font les universités. Les étudiants souhaitent finir leurs études et obtenir leur diplôme rapidement; les étudiants étrangers veulent éviter d’avoir à prolonger leur visa; et tous ont hâte d’entamer leur carrière et de commencer à faire fructifier ce qu’ils ont investi dans les études supérieures.

Les universités canadiennes offrent une formation supérieure de haute qualité et possèdent la solide réputation d’offrir aux étudiants les services et le soutien dont ils ont besoin pour réussir une fois diplômés. La demande internationale pour la formation doctorale canadienne est très forte depuis un certain temps, et il semble qu’elle augmentera encore en réaction au Brexit et aux politiques du président Trump. La réputation de pays sécuritaire, accueillant et multiculturel dont jouit le Canada contribue à l’attirance qu’il exerce parmi les étudiants en voie de s’inscrire au doctorat.

La réforme du programme Entrée express, qui facilite le processus d’immigration pour les étudiants étrangers ayant obtenu leur diplôme au Canada, contribue à cet attrait. Abstraction faite de la réputation, ce sont avant tout nos gestes et nos comportements qui témoignent de notre engagement à l’égard de la diversité et surtout de l’inclusion. La question est prioritaire sur nos campus et dans nos collectivités, car il en va de la formation de dirigeants, de penseurs et de citoyens du monde entier.

Brenda Brouwer est présidente de l’Association canadienne pour les études supérieures (ACES), ainsi que vice-provost et doyenne des études supérieures à l’Université Queen’s.

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