Quatre partenariats de recherche récompensés par le CRSNG

De la biologie cellulaire aux emballages durables, les prix du CRSNG récompensent des partenariats de recherche innovants.

27 octobre 2026
Photos par : Shoot Studio | Sylvie Li

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) a dévoilé les quatre lauréats de ses prix Synergie pour l’innovation. Les équipes récompensées, issues des universités de Toronto, de Guelph et de l’Alberta ainsi qu’une équipe composée du Cégep de Trois-Rivières et de l’Université du Québec à Trois-Rivières, recevront chacune une subvention de recherche de 200 000 $. Leurs partenaires industriels bénéficieront d’un bon de 50 000 $ pour un nouveau projet de recherche conjoint.

À l’Université de Toronto, les professeurs de chimie Mark Nitz et Mitch Winnik sont récompensés pour leur collaboration de plus de 20 ans avec Standard BioTools. Leurs travaux ont contribué au développement de la cytométrie de masse, une technologie permettant d’analyser simultanément des dizaines de caractéristiques de cellules individuelles, notamment utilisée dans la recherche sur le cancer et les vaccins.

À l’Université de Guelph, Michael Steele et l’entreprise Saskatoon Colostrum Company ont développé de nouvelles stratégies d’alimentation des veaux à partir du colostrum, le premier lait produit après la naissance. Leurs recherches visent à renforcer l’immunité des jeunes animaux, à prévenir les maladies et à réduire l’utilisation d’antibiotiques.

À l’Université de l’Alberta, David Wishart est distingué pour sa collaboration avec DrugBank, une plateforme numérique qui rassemble des données sur les médicaments, leurs interactions et leurs effets. Utilisée par des millions de personnes chaque année, elle facilite notamment la découverte de nouveaux traitements et l’évaluation de leur sécurité.

Enfin, les chercheurs Julien Bley et Martin Dubé, du Cégep de Trois-Rivières, ainsi que Tarik Jabrane, Simon Barnabé et Bruno Chabot, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, sont lauréats du prix Synergie. Menés ensemble au centre d’innovation Innofibre, en partenariat avec Kruger, leurs travaux portent sur des emballages à base de cellulose pouvant remplacer certains plastiques à usage unique. Ils développent notamment des papiers compostables et des emballages résistants aux graisses sans PFAS, aussi appelés « polluants éternels ».


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Mark Nitz et Mitch Winnik
Mark Nitz (à gauche) et Mitch Winnik

Mark Nitz et Mitch Winnik

Université de Toronto

Partenaire : Standard BioTools

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Mark Nitz et Mitch Winnik, professeurs de chimie à l’Université de Toronto, ont travaillé pendant plus de vingt ans avec l’entreprise Standard BioTools, anciennement DVS Sciences, pour développer la cytométrie de masse. Cette technologie permet d’analyser les cellules une à une et d’étudier leurs caractéristiques en détail. Leurs travaux ont ainsi permis de mieux comprendre les différences entre les cellules et leur fonctionnement.

En alliant leur expertise en réactifs chimiques, en instrumentation et en sciences analytiques, les partenaires ont créé les outils nécessaires pour mesurer simultanément des dizaines de caractéristiques biologiques au sein de cellules individuelles, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la recherche biomédicale et la médecine de précision.

Lorsque Standard BioTools a entrepris de concevoir un cytomètre de masse, le projet ne se limitait pas à la création d’un instrument révolutionnaire. Il fallait également disposer de réactifs de marquage isotopique spécialisés (des marqueurs chimiques) capables de distinguer un grand nombre de biomarqueurs cellulaires avec une précision exceptionnelle. Les professeurs Nitz et Winnik ont comblé cette lacune cruciale en concevant les outils chimiques qui ont permis à cette technologie d’atteindre son plein potentiel. Ensemble, les partenaires ont transformé ces innovations en applications commerciales, aujourd’hui utilisées par des chercheurs du monde entier. À l’heure actuelle, la cytométrie de masse favorise des découvertes dans des domaines tels que l’immunologie, la recherche sur le cancer, le développement de vaccins et la médecine de précision. Elle offre aux scientifiques une vision inédite de la complexité cellulaire et transforme l’étude des systèmes biologiques.


Michael Steele

Michael Steele

Université de Guelph

Partenaire : Saskatoon Colostrum Company

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Michael Steele, professeur titulaire en sciences animales à l’Université de Guelph, collabore depuis de nombreuses années avec Saskatoon Colostrum Company pour améliorer l’alimentation des jeunes animaux. Ensemble, ils ont mis au point des pratiques fondées sur la recherche pour mieux utiliser le colostrum, le premier lait produit après la naissance. Leur travail permet aux éleveurs de mieux soutenir la santé des animaux dès leurs premiers jours de vie.

Ces stratégies améliorent le bien-être animal, renforcent la résistance aux maladies et réduisent le recours aux antibiotiques. Le colostrum est essentiel au développement précoce du système immunitaire. Pourtant, bon nombre de ses bienfaits biologiques étaient encore mal compris. En étroite collaboration avec SCCL, le laboratoire du professeur Steele a mené des études rigoureuses pour examiner comment le colostrum influe sur le développement intestinal, la fonction immunitaire et la santé à long terme. Ces travaux de recherche ont jeté les bases scientifiques d’une nouvelle génération de produits nutritionnels validés et de pratiques de gestion. Ceux-ci permettent aux éleveurs d’améliorer le bien-être et les performances des animaux, tout en répondant à la demande croissante pour une production animale durable. Ce qui a débuté comme une étude scientifique sur la nutrition au cours des premiers stades de la vie a transformé l’approche des éleveurs en matière de santé des veaux, faisant de la gestion du colostrum un outil de précision pour la prévention des maladies et les soins aux animaux.


David S. Wishart

David S. Wishart

Université de l’Alberta

Partenaire : DrugBank

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David Wishart, professeur émérite au sein des départements d’informatique et de sciences biologiques de l’Université de l’Alberta, a collaboré avec DrugBank , une organisation basée à Edmonton , pour concevoir l’une des ressources les plus influentes au monde en matière de découverte de médicaments et de recherche pharmaceutique. Ensemble, le Dr Wishart et DrugBank ont transformé un projet de recherche universitaire en une plateforme numérique regroupant des informations détaillées sur les médicaments, leurs cibles biologiques, leur métabolisme, leurs interactions et leurs applications thérapeutiques. Constatant que des connaissances pharmaceutiques cruciales étaient dispersées dans des milliers de publications et de bases de données, le Dr Wishart et DrugBank ont conjugué leur expertise en intelligence artificielle, en génie logiciel, en développement de produits et en chémoinformatique (l’utilisation de l’informatique pour analyser des données chimiques) afin de créer une plateforme complète et accessible à la communauté scientifique, au personnel clinique et à l’industrie.

Ils ont fait évoluer DrugBank pour en faire une suite d’outils facilitant la découverte de médicaments, la prédiction des métabolites, l’évaluation de la sécurité des traitements et le repositionnement de médicaments. Aujourd’hui, DrugBank compte des millions d’utilisateurs par an et est employée par des universités, des hôpitaux, des organismes de réglementation et des entreprises pharmaceutiques partout dans le monde. En transformant des données biomédicales complexes en connaissances exploitables, ce partenariat a contribué à accélérer l’innovation pharmaceutique et à améliorer la sécurité et l’efficacité des soins aux patients à l’échelle mondiale.


Julien Bley, Bruno Chabot, Tarik Jabrane, Martin Dubé et Simon Barnabé
De gauche à droite : Julien Bley, Bruno Chabot, Tarik Jabrane, Martin Dubé, Simon Barnabé

Julien Bley, Bruno Chabot, Tarik Jabrane, Martin Dubé et Simon Barnabé

Cégep de Trois-Rivières, centre d’innovation Innofibre

Partenaire : Kruger

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Julien Bley, Martin Dubé, Tarik Jabrane, Simon Barnabé et Bruno Chabot, chercheurs au centre d’innovation Innofibre, rattaché au Cégep de Trois-Rivières et à l’Université du Québec à Trois-Rivières, ont établi un partenariat avec l’entreprise Kruger Inc. afin d’accélérer le développement de matériaux d’emballage durables.

En combinant leurs expertises respectives en matériaux cellulosiques, en microbiologie et en génie chimique, ces partenaires transforment des ressources forestières renouvelables en matériaux d’emballage innovants et performants, capables de remplacer les plastiques à usage unique. Face à la demande croissante pour des emballages recyclables et compostables, les fabricants doivent concevoir des solutions qui allient haute performance et moindre impact environnemental. Pour répondre à ces exigences, l’équipe d’Innofibre a établi un partenariat avec Kruger. L’équipe de recherche a mis en œuvre un modèle complet qui conjugue recherche en laboratoire, formation de personnel hautement qualifié, essais à l’échelle pilote et transfert technologique. Ensemble, les partenaires ont mis au point des produits innovants à base de cellulose, notamment des cartons d’emballage légers, des papiers recyclables et compostables dotés de barrières protectrices, des films de cellulose transparents, des papiers résistants aux graisses exempts de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, aussi appelées « polluants éternels ») ainsi que des emballages cellulosiques bioactifs qui améliorent la sécurité alimentaire et prolongent la durée de conservation des produits. En accélérant la mise en marché d’innovations issues de la recherche, ce partenariat renforce la bioéconomie canadienne et démontre comment la synergie entre les établissements d’enseignement postsecondaire et le secteur privé peut intensifier les efforts de recherche et accélérer le transfert technologique en vue de la fabrication de produits durables.

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