Des diplômées de U SPORTS font le saut dans la LPHF
Plusieurs diplômées canadiennes de programmes universitaires de hockey joueront au sein d’équipes professionnelles féminines cet hiver.
Plusieurs Canadiennes récemment diplômées de programmes universitaires chausseront leurs patins en décembre pour le coup d’envoi de la saison de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), déterminées à montrer qu’elles peuvent tenir tête à n’importe quelle joueuse issue du réseau universitaire américain.
Lorsque ces athlètes ont entamé leur parcours postsecondaire, la LPHF n’avait pas encore vu le jour. Aujourd’hui, la ligue est passée de huit à douze équipes, ce qui élargit les perspectives pour les joueuses qui aspirent à une carrière professionnelle.
Le salaire n’est toutefois pas très élevé : les joueuses de la LPHF touchent au minimum un peu plus de 38 000 $ US par saison. On est loin du salaire d’entrée de 850 000 $ US des joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH). Cela dit, pour une ligue qui existe depuis à peine trois ans, c’est un début.
La concurrence est féroce pour les diplômées d’ici, notamment face aux joueuses formées dans l’association américaine de sport universitaire (NCAA), qui comprennent des Américaines de naissance et des Canadiennes ayant traversé la frontière pour faire leurs études et perfectionner leur jeu aux États-Unis.
La NCAA est une véritable machine économique qui génère 1,38 milliard de dollars de revenus par année, dont une part importante découle des droits de diffusion télévisuelle et numérique du très populaire tournoi de basketball March Madness. Grâce à ces ressources, les équipes, dont celles de hockey féminin, ont accès à des installations de pointe et à un encadrement assuré par des entraineurs, des nutritionnistes et des physiothérapeutes hautement qualifiés.
Au Canada, le sport universitaire, regroupé sous la bannière U SPORTS, dispose de moyens plus limités. Cela n’empêche pas deux diplômées canadiennes repêchées par la LPHF d’être fières de leur parcours et de n’avoir rien à envier aux joueuses ayant porté les couleurs d’universités américaines.
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« Le calibre de U SPORTS ne cesse de s’améliorer », affirme Émilie Lavoie, ancienne joueuse de l’Université Concordia, à Montréal. Cette année, elle a été repêchée par la Victoire de Montréal, l’équipe de sa ville natale et championne de la ligue au printemps dernier.
« Nous envoyons un message clair : le talent développé au sein de U SPORTS est à la hauteur de celui de la NCAA, confie la joueuse à Affaires universitaires. Je suis très heureuse d’avoir choisi de rester au Québec, tant pour le hockey que pour le reste. Je ne regrette absolument rien. Si c’était à refaire, je prendrais les mêmes décisions. »
Elle souligne la qualité exceptionnelle du personnel entraîneur à Concordia. L’une des entraîneuses adjointes de l’équipe n’était nulle autre que Caroline Ouellette, quadruple championne olympique canadienne. Elle poursuit maintenant sa carrière derrière le banc de la Victoire à titre d’entraîneuse adjointe. Sa conjointe et multiple championne du monde de hockey avec l’équipe des États-Unis, Julie Chu, est à la tête des Stingers de Concordia depuis 2016. Grace Elliott, qui a joué pour les Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique, est tout aussi déterminée à démontrer que les athlètes de U SPORTS peuvent se mesurer aux joueuses issues de la NCAA. « Il y a encore des gens qui me voient et qui disent : “Ah, elle a joué au Canada. Ce n’est pas aussi fort.” »
Elle attend avec fébrilité de fouler la glace avec le Torrent de Seattle. « J’ai hâte de montrer ce dont je suis capable et de prouver à ces personnes qu’elles ont tort de croire que le calibre de U SPORTS est moins élevé. »
Originaire de White Rock, en Colombie-Britannique, Mme Elliott a grandi en assistant aux matchs de hockey féminin des Thunderbirds. Pour elle, le choix était évident. « L’Université de la Colombie-Britannique est située près de chez moi, la qualité de l’enseignement y est exceptionnelle, et le programme de hockey y est très réputé. »
Le réseau universitaire américain attire aussi des talents canadiens
Née à Hamilton, en Ontario, Tia Chan a fait ses études à l’Université du Connecticut, où elle s’est illustrée devant le filet des Huskies. Elle a été repêchée par la nouvelle franchise de San Jose, en Californie.
« La qualité de l’enseignement était mon principal critère dans le choix d’une université, raconte-t-elle. L’Université du Connecticut offrait un solide encadrement scolaire, du soutien en santé mentale et une culture d’équipe exceptionnelle. Dès ma première visite du campus, je me suis sentie à ma place, et le fait que le personnel entraîneur comptait s’investir à long terme a achevé de me convaincre. »
L’Université lui a offert une bourse d’études complète couvrant ses droits de scolarité ainsi que ses frais de subsistance. « Cela aide énormément quand tout est payé », reconnaît-elle.
Au Canada, l’aide financière accordée aux athlètes de U SPORTS peut couvrir les études, mais rarement le logement et les repas.
Les bourses d’études font souvent pencher la balance en faveur des États-Unis, mais ce ne sont pas toutes les universités américaines qui en offrent. Originaire de Toronto, Issy Wunder a choisi de fréquenter l’Université Princeton, au New Jersey, même si les établissements de l’Ivy League n’octroient pas de bourses sportives complètes.
« Je cherchais une université qui me permettrait d’exceller autant en classe que sur la glace, explique Mme Wunder, qui a été repêchée par Las Vegas. J’adore mon pays et j’aurais été ravie d’étudier dans une université canadienne, mais j’ai plutôt opté pour l’Université Princeton, qui est reconnue pour l’excellence de ses programmes de premier cycle. »
Elle note qu’elle a eu un coup de cœur pour le campus américain, mais que l’aréna est vieux et grince de partout. « Pendant mes études à Princeton, l’aréna a célébré son centième anniversaire. Il était loin d’être ultramoderne et il y faisait toujours froid. On oubliait toutefois vite ces petits désagréments grâce à son charme historique et à l’atmosphère qui y régnait. »
Les quatre hockeyeuses canadiennes s’entendent sur un point : une fois leurs patins accrochés, elles devront gagner leur vie autrement, contrairement aux joueurs de la LNH qui peuvent accumuler plusieurs millions de dollars au fil des ans.
Sachant qu’une carrière sportive peut être de courte durée, Mme Chan a misé sur la qualité des études lorsqu’il lui a fallu choisir une université. « L’Université du Connecticut offrait une multitude de programmes et, au départ, je ne savais pas exactement vers quel domaine me diriger. Mon choix s’est finalement arrêté sur les sciences de la santé, et mon parcours m’a ensuite menée à une maîtrise en science de l’exercice. »
La LPHF inspire une nouvelle génération de jeunes talents et adeptes de hockey féminin partout au Canada. Cet engouement contribue également à accroître l’attrait des programmes universitaires de hockey féminin. Pour la première fois de son histoire, l’Université Laval comptera une équipe féminine.
« L’arrivée de cette formation du Rouge et Or représente une occasion remarquable de favoriser l’essor du hockey féminin et d’accroître sa visibilité dans la région et la province, estime l’entraîneur-chef de l’équipe, Pascal Dufresne. Et si notre programme peut servir de tremplin vers la LPHF pour un plus grand nombre de joueuses d’ici, nous aurons rempli notre mission. »
Postes vedettes
- Informatique - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (cybersécurité ou intelligence artificielle)Université Laurentienne
- Design - Professeure ou professeur (histoire, théories et pratiques du design de l’environnement)Université du Québec à Montréal
- Bibliothécaire de liaison (bibliothécaire adjointe / agrégée ou adjoint / agrégé)Université McGill
- Études internationales - Professeure ou professeur (défense et sécurité de l'artique)Université Laval
- Leader émergent Impact+ Canada en recherche et thérapeutiques du cancerUniversité d'Ottawa
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