Budget 2026 : Ottawa privilégie l’IA et la recherche appliquée 

Le gouvernement Carney mise sur l’intelligence artificielle, l’attraction de talents internationaux et la commercialisation de la recherche, sans prévoir de nouveau financement général pour les établissements postsecondaires.

06 novembre 2026
Le premier ministre Mark Carney et le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, sur la Colline du Parlement, à Ottawa, avant le dépôt du budget fédéral, le jeudi 5 novembre 2026. Photo par : LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld

Le deuxième budget du gouvernement de Mark Carney, présenté le 5 novembre, prévoit quelques nouveaux investissements directs dans le secteur postsecondaire. Intitulé Maîtres chez nous, le document prévoit plus de 150 milliards de dollars en nouvelles dépenses et mesures fiscales, dans un contexte où le déficit devrait atteindre 62,3 milliards de dollars en 2026-2027.  

Le budget prévoit notamment 22 milliards de dollars en mesures visant à améliorer l’abordabilité, 11,2 milliards sur quatre ans pour lutter contre l’itinérance, 18,5 milliards pour les infrastructures dans les communautés autochtones et cinq milliards de dollars en nouvelles dépenses consacrées à la culture. « Le Canada s’est fixé des objectifs ambitieux pour son avenir économique. Les universités contribuent déjà à leur réalisation grâce aux talents qu’elles forment, aux recherches qu’elles mènent et aux partenariats qu’elles établissent avec les entreprises et les communautés », a déclaré Gabriel Miller, président-directeur général d’Universités Canada, l’éditeur d’Affaires universitaires. « Ce travail se poursuit chaque jour partout au pays. Nous collaborons avec le gouvernement fédéral pour tirer parti de ces forces et en faire encore davantage pour la population canadienne. » 

Intelligence artificielle et innovation 

Ottawa mise notamment sur les partenariats entre le milieu postsecondaire et les entreprises pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA). Un investissement de 162 millions de dollars sur cinq ans, déjà annoncé, permettra à Mitacs, un organisme qui soutient les stages de recherche et les collaborations entre les établissements postsecondaires et les entreprises, de soutenir 10 000 placements professionnels destinés aux personnes étudiantes, et aux chercheuses et chercheurs postdoctoraux, dans le cadre de la stratégie L’IA pour tous visant à créer jusqu’à 90 000 possibilités liées à l’IA d’ici 2031. 

Le budget rappelle également les investissements de 2,7 milliards de dollars annoncés précédemment pour renforcer la souveraineté canadienne en matière d’intelligence artificielle. 

Le gouvernement affirme vouloir offrir à toutes les personnes étudiantes des universités, des collèges et des cégeps un accès à des agents d’IA fiables et promet de fournir davantage de précisions d’ici la fin de l’année. 

Baisse de l’immigration 

Le budget confirme la poursuite des mesures visant à réduire l’immigration temporaire. Selon les données fédérales, les arrivées de nouvelles étudiantes et de nouveaux étudiants internationaux ont diminué de 71 % entre janvier et août 2026, comparativement à la même période en 2024.  

Le gouvernement présente cette diminution comme un résultat positif de sa politique migratoire. Le budget ne prévoit toutefois aucune mesure particulière pour compenser les pertes de revenus que cette baisse entraîne pour les établissements postsecondaires. 

Les cibles d’immigration demeurent inchangées. Ottawa maintient notamment son objectif de 150 000 nouvelles arrivées d’étudiantes et d’étudiants internationaux par année jusqu’en 2029. 


LIRE AUSSI : Budget fédéral 2025 : virage vers l’innovation et frein aux permis d’études 


Parallèlement, le gouvernement propose des mesures pour faciliter l’accès à la résidence permanente d’un maximum de 200 000 résidentes et résidents temporaires déjà présents au Canada d’ici la fin de 2027. Il poursuit également sa stratégie d’attraction de chercheuses et chercheurs et de professionnelles et professionnels hautement qualifiés tout en rappelant la nomination de 64 titulaires de chaires Eddie Goldenberg, dans le cadre de l’initiative Impact+ Canada.  


LIRE AUSSI : Les universités canadiennes attirent 64 chercheuses et chercheurs de haut niveau 


Le Canada entame des négociations avec l’Union européenne afin d’élargir sa participation à Erasmus+, le programme européen de mobilité et de coopération en éducation. Cette initiative pourrait favoriser les échanges étudiants, la mobilité universitaire et la création de nouveaux partenariats internationaux bien qu’aucun financement n’ait encore été précisé. 

Soutien à l’éducation autochtone 

Un investissement de 437,9 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2027-2028 est proposé, dans le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire des Premières Nations.  

Il s’agit de l’une des principales mesures du budget en matière d’éducation. Le gouvernement prévoit également 5,8 milliards de dollars sur cinq ans pour l’enseignement primaire et secondaire dans les réserves des Premières Nations, une enveloppe qui comprend du financement destiné à l’éducation des adultes. 

Figure aussi dans le texte, un soutien aux activités du Centre Dechinta pour la recherche et l’apprentissage, dans les Territoires du Nord-Ouest. Cet organisme offre aux personnes étudiantes autochtones des programmes postsecondaires de recherche et d’apprentissage sur le territoire. 

Recherche et financement scientifiques 

Le budget annonce aussi une modernisation des politiques des trois conseils subventionnaires fédéraux, soit le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), afin d’améliorer les taux de commercialisation de la recherche financée par les fonds publics.  

Ottawa entend également consulter des spécialistes sur les moyens de renforcer les capacités de transfert technologique des établissements postsecondaires et de favoriser la commercialisation des résultats de la recherche canadienne. Ces orientations témoignent de la priorité accordée aux retombées économiques de la recherche universitaire. Le budget ne prévoit toutefois pas de nouvelle augmentation générale du financement de la recherche fondamentale par les trois conseils subventionnaires. 

Le gouvernement prévoit par ailleurs 518,5 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2027-2028, puis 18,1 millions de dollars par année, pour faire progresser la recherche nucléaire au Canada. 

Infrastructures universitaires et autres investissements 

Le budget propose également de financer des projets d’infrastructures dans deux établissements universitaires, par l’intermédiaire du Fonds pour bâtir un Canada fort, annoncé précédemment. Il s’agit du projet de faculté de médecine de l’Université York, à Vaughan, en Ontario, ainsi que du Collaborative Health Annex et du College of Health Integration and Advancement de l’Université du Cap-Breton, à Sydney, en Nouvelle-Écosse. 

D’autres investissements pourraient également intéresser le milieu de la recherche, notamment : 

  • 2,3 milliards de dollars sur cinq ans pour l’Initiative de drones de défense, annoncée en juillet 2026, afin d’accélérer la mise au point, l’acquisition et le déploiement de capacités de drones sans équipage. 
  • 17,6 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2026-2027, puis 4,2 millions en 2031-2032, pour un programme de bourses de perfectionnement visant à recruter des spécialistes techniques, des professionnelles et professionnels ainsi que des universitaires afin d’appuyer la transformation numérique des services fédéraux. 

Bourses et aide financière aux personnes étudiantes 

Concernant les règles fiscales, le budget propose de permettre aux personnes étudiantes qui reçoivent une aide financière de leur employeur pour leurs frais de scolarité de continuer à bénéficier de l’exonération fiscale de leurs bourses. Cette modification entrerait en vigueur à compter de l’année d’imposition 2027. 

Dix millions de dollars seront accordés en 2028-2029 à Patrimoine canadien pour soutenir le Programme du Prix humanitaire Terry Fox. Ce prestigieux programme octroie jusqu’à 30 000 $ répartis sur 4 ans pour financer l’obtention d’un premier diplôme universitaire ou l’achèvement du Cégep. L’argent est versé directement à l’établissement d’enseignement deux fois par an pour couvrir les frais de scolarité. 

Nous voulons
connaître votre avis
Prenez 5 minutes pour répondre à notre sondage et nous aider à rendre Affaires universitaires encore plus utile et pertinent pour vous.
Répondre au sondage