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L’universitaire épanoui

L’efficacité, la réussite et le bonheur sont-ils au rendez-vous dans votre carrière universitaire?

Ce qu’on accomplit au quotidien et les retombées comptent davantage que le rendement et la productivité.

par ALEXANDER CLARK & BAILEY SOUSA | 14 OCT 21

Qu’est-ce qui motive vos travaux de recherche? L’épanouissement personnel, la liberté, la contribution à un domaine, ou encore l’atteinte des objectifs de votre université? Aimez-vous prendre votre temps ou êtes-vous très prolifique dans vos activités de recherche? Pensez-vous d’abord à l’argent ou à la décolonisation? Peut-être aux deux à la fois? Pour les universitaires, les compromis professionnels sont monnaie courante et le temps manque toujours.

Pourtant, malgré la complexité des activités de recherche et les sommes considérables qu’on y investit, tant de choses sont laissées au hasard. Le développement professionnel est terriblement segmenté et axé sur les tâches à accomplir. On s’attarde souvent aux symptômes des mauvais choix professionnels plutôt qu’aux causes fondamentales des difficultés rencontrées. Demandes de subventions par-ci, enseignement en ligne par-là, séances de pleine conscience partout. Les détails l’emportent sur le résultat final.

Le travail universitaire épanouissant ne tombe pas du ciel. Réaliser sa vision – sur le plan de l’enseignement, de la recherche, de l’administration ou de la participation – est difficile et complexe. C’est un exercice continuel plutôt qu’une réussite définitive. C’est pourquoi, dans le cadre de cette nouvelle chronique, nous nous intéresserons à la recherche sur la recherche pour comprendre comment bien faire son travail dans le monde actuel et dans notre vie en général. Nous parlerons de ce qui compte le plus.

Nous chercherons à couvrir toutes les formes, étapes et complexités du travail universitaire – des défis à surmonter pour les étudiants aux cycles supérieurs et les professeurs aux aléas de l’administration – en mettant l’accent sur la croissance personnelle. Et surtout, nous suivrons un principe bien défini, selon lequel chaque universitaire doit chercher à être efficace, accompli et heureux.

Pourquoi l’efficacité en milieu universitaire? Le travail universitaire n’est pas un travail manufacturier. Nous ne fabriquons pas de la saucisse – un ensemble d’ingrédients ou d’intrants ne donnera pas toujours le même résultat. Toutefois, lorsqu’une plus grande charge de travail est faussement associée à un meilleur travail, nous risquons de sombrer dans la folie. Les nombreux universitaires qui accusent les établissements de suivre cette voie tout en fondant leur propre crédibilité sur le nombre de publications illustrent à quel point nous pouvons tomber bas. Rappelez-vous : l’enseignement et la recherche sont un travail de connaissance extrême en tout point – un travail qui utilise des connaissances, grâce à des connaissances, pour créer des connaissances. Par conséquent, nos actions quotidiennes doivent suivre le discours de Drucker selon lequel il convient de « faire les bons choix » lorsque les possibilités sont nombreuses. Méfiez-vous des cultures de travail universitaires naïves fondées sur de longues heures de travail. En vérité, c’est ce que vous accomplissez au quotidien et les retombées qui comptent, pas le rendement et la productivité.

Chacun souhaite réussir, n’est-ce pas? Pourtant, la réussite en milieu universitaire est aussi précaire qu’essentielle. Vos valeurs personnelles, vos priorités institutionnelles, le stade où vous en êtes dans votre carrière, votre discipline, tout se conjugue pour déterminer ce que le succès peut être pour vous dans votre travail. Mais trop souvent, nous croyons que la réussite est singulière et qu’une seule voie nous y mène. Les perceptions limitées de la réussite professionnelle universitaire nuisent à la fois aux personnes et au savoir. Si l’étendue des connaissances est importante, les concepts associés à la réussite doivent être adaptés. Établissez clairement ce qu’est la réussite pour vous, sans quoi il sera impossible de faire des choix et de tracer un plan en conséquence.

De plus, la réussite professionnelle universitaire n’est pas uniquement déterminée par l’universitaire lui-même. Il s’agit d’une notion « publique », définie non seulement par la façon dont nous évaluons notre travail ou notre personnalité, mais également par les actions et les jugements des pairs, des étudiants, des communautés et de la société. S’accrocher à des réussites illusoires fait du bien à l’ego meurtri de l’universitaire, mais il s’agit néanmoins d’une tragique perte de temps – pour soi-même comme pour le monde.

Enfin, le bonheur – le grand tabou des milieux universitaires –, dont l’absence se fait sentir partout et auquel nous n’accordons ni place ni priorité. Être heureux, qu’est-ce que cela veut dire? Nous ne faisons pas référence à une forme de bonheur révélée par un emoji souriant ou par l’absence de problèmes. Nous concevons plutôt le bonheur comme un épanouissement et une harmonie soutenus, malgré les défis. Une satisfaction qui vous permet de traverser toute épreuve. Chaque personne réticente à évoquer l’idée en milieu universitaire doit se rappeler que le souci du bonheur est au cœur de nos vies depuis des siècles, depuis Socrate jusqu’aux stoïciens, en passant par Atwood et Marx. C’était d’ailleurs le sujet du premier livre sur la civilisation occidentale, Histoires d’Hérodote. S’efforcer d’atteindre le bonheur est une préoccupation aussi ancienne que vaste et transcendante. Si vous avez déjà pris des décisions courageuses pour mettre fin à des relations, changer de carrière ou changer d’emploi, vous savez que le bonheur est tout sauf superficiel.

Souhaitons que le travail universitaire soit synonyme d’efficacité, de réussite et de bonheur. Peu importe d’où vous venez et où vous allez, vous n’êtes pas seul et nous espérons que vous trouverez ici quelque chose d’utile.

À PROPOS ALEXANDER CLARK & BAILEY SOUSA
Alexander Clark & Bailey Sousa
Alexander Clark est doyen de la Faculté des disciplines en santé de l’Université Athabasca. Bailey Sousa, habituellement à l’emploi de l’Université de l’Alberta, est actuellement en détachement auprès du ministère de l’Enseignement supérieur de l’Alberta. Ils ont cofondé l’entreprise The Effective, Successful, Happy Academic et cosignent le livre How to Be a Happy Academic (Sage: London, 2018). Ils ont une passion commune pour l’efficacité et l’aspiration dans le travail universitaire.
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